La Toulousaine Coralie Balmy
La Toulousaine Coralie Balmy | ATTILA KISBENEDEK / AFP

Balmy: "Mes dernières perfs me permettent d'y croire"

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A 25 ans, la nageuse Coralie Balmy débute ce samedi sa deuxième olympiade par les séries du 400m nage libre. Quatrième sur cette distance il y a quatre ans à Pékin, et également engagée au 800m à Londres, elle a un objectif clair, la finale, avant de pouvoir profiter de l'évènement.

Dès l'âge de 3 mois, Coralie Balmy est immergée dans les eaux chaudes des Caraïbes. Premières brasses à 4 ans, premières médailles d'or à 16 ans en Championnats d'Europe. Aujourd’hui, la nageuse d'origine martiniquaise brille toujours dans l'eau. Coralie Balmy est une amazone des bassins. Celle qu'on surnomme " la tombeuse de Manaudou", -pour lui avoir ravi son titre de Championne de France en 2008-, pourrait bien faire tomber d'autres têtes médaillées cette année à Londres.

- A Pékin, il y a quatre ans, vous étiez jeune (21 ans), quels souvenirs gardez vous de  ces Jeux et de votre quatrième place?
Coralie Balmy:
"J'ai plein de souvenirs, il y a tout ce qui se bouscule. Il y a le titre d'Alain bien sûr, le relais avec les filles du 4x200m nage libre (5e place) et ma quatrième place au 400m nage libre. Tout le monde avait excellé cette année là. La deuxième semaine, je n'avais pas pu en profiter tant que ça, j'avais été prise à droite à gauche. Ma quatrième place? Je n'ai pas de regret, je l'ai refaite mille fois dans ma tête cette course et si je devais la refaire encore, je courrai de la même façon. Les autres filles étaient meilleures que moi ce jour là."

- Comment aviez-vous vécu le titre d'Alain Bernard, premier français a remporté l'or au 100m nage libre (les deux nageurs sont ensemble dans la vie, ndlr)?
C.B.:
"C'était fort. Il était favori, il avait gagné toutes ses courses depuis plus d'un an. Logiquement ça devait aller, je ne me mettais pas plus de pression que ça. Je n'ai même pas vu la course en direct, je n'ai donc pas eu le temps de stresser (sourire). Plus tard, je l'ai vue et je me suis dit "c'est bon" et puis je suis passée à autre chose."

Pas différent de Pékin

- Comment abordez-vous ces Jeux et quel est votre objectif?
C.B.:
"Ce n'est pas une approche différente par rapport à Pékin. Toutefois, il y a quatre ans, mon entraîneur avait tenu à ce que je rencontre la psychologue du club à Toulouse. On avait eu un entretien sur la compétition. Elle m'avait dit de rester dans mon rôle d'actrice, de ne pas devenir une spectatrice, de ne pas me laisser dépasser par l'ampleur de l'évènement parce que c'est vrai, c'est un truc méga-gigantesque.
Toutefois, il ne faut pas oublier que c'est avant tout une compétition de natation, il faudra battre les filles et aller en finale. En individuel, je vise une place en finale, que ce soit au 400 mètres ou sur 100 mètres nage libre, et ensuite faire au mieux parmi les 8. Il est important de se laisser toutes les possibilités, car une fois arrivées en finale, on sera 8 filles, et donc 8 à se battre pour seulement 3 médailles. Aujourd'hui je me sens prête! Mes dernières performances dans l’eau me permettent d’y croire. Ensuite avec le relais, ça fait plusieurs années qu'on a des résultats. A Londres, quatre filles viennent uniquement pour cela, elles seront très bien préparées. On peut espérer un podium."

- Quels seront vos plus redoutables adversaires?
C.B.:
"Aux J.O, on affronte souvent des filles qui ont un énorme palmarès, un nom, une réputation. Il va falloir affronter les nageuses anglaises, par exemple, qui seront chez elles et donc plus à l'aise. On peut aussi craindre les Australiennes, généralement très performantes. Bref, des nageuses qu’on ne côtoie pas pendant la saison, et qui peuvent nous réserver des surprises. Alors je vais essayer de mettre toutes ces appréhensions de côté. Je dois faire abstraction de tout ça sinon on se laisse dévorer par la pression. Il faut rester concentré!"

"Curieuse de tout"

- Vous dîtes espérer profiter davantage de l'événement, comment exactement?
C.B.:
"J'aimerais bien voir un peu d'athlétisme et de handball pour soutenir les garçons. Il y a beaucoup de sports que j'aimerais voir "en vrai". L'aviron, le canoë-kayak, je suis curieuse de tout ça, je n'ai pu en voir qu'à la télévision, alors si j'ai une possibilité d'aller sur place pour regarder, j'irai."

- Depuis 2011, c'est désormais Franck Esposito, un ancien quadruple champion d'Europe du 200 mètres papillon qui vous entraîne. Qu'est-ce qui a changé depuis votre participation aux J.O de Pékin?
C.B.:
"En quatre ans, ma  façon d’aborder les choses a changé. Je suis plus calme, on va dire que j'arrive à prendre davantage de recul sur la compétition. J'ai gagné en maturité. Et le travail avec mon entraîneur m'a permis d'en arriver là."

Le souvenir olympique: Freeman à Sydney

- Vous faîtes bénéficier de votre expérience à ceux qui vont découvrir les JO pour la première fois?
C.B.:
"Chaque groupe d'entraînement à déjà un athlète qui a participé aux Jeux. Chez nous, Damien Joly (1500m nage libre) va vivre ses premiers Jeux. On lui donne des petits conseils, on raconte des anecdotes. Il n'est pas encore venu nous voir, mais il sait qu'on est là."

- Quels exploits retenez-vous des Jeux Olympiques? Quelle est la performance sportive qui vous a marqué?
C.B.:
"La victoire de Cathy Freeman au 400m à Sydney! Je crois que c'est le souvenir qui m'a le plus marqué. Je la revois, elle, dans sa combinaison intégrale. Le symbole que sa victoire représentait (australienne d'origine aborigène, elle avait été choisie pour allumer la flamme, sa victoire réunifiait les descendants de l'émigration européenne et les Aborigènes, ndlr) m'avait touché. C'était un tout. Tout ce qu'elle a fait passer à travers sa course et une fois sur le podium."

Alessandro Pitzus