Athlétisme: Le Kenya rejette les accusations de dopage

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Les dirigeants de l'athlétisme kenyan ont reconnu vendredi que le coureur de fond Mathew Kisorio avait subi un contrôle antidopage positif en juin, tout en démentant que, comme il l'affirme, le sport soit gangrené par le dopage dans le pays. Au lendemain du sacre de David Rudisha sur 800 mètres aux Jeux olympiques de Londres, avec un nouveau record du monde à la clé, les aveux du fondeur ont jeté une ombre sur l'athlétisme kenyan.

Mathew Kisorio, ancien champion d'Afrique junior sur 5.000 m et 10.000 m et qui espérait faire le voyage dans la capitale anglaise, a été contrôlé positif à un stéroïde anabolisant après les championnats du Kenya en juin. Dans une longue interview à la chaîne allemande ARD, il a fait un récit détaillé et a prétendu que nombre de ses compatriotes se livraient à des pratiques similaires pour améliorer leurs performances.  

Mathew Kisorio a notamment raconté comment il s'était dopé en avril dernier avant le marathon de Boston qu'il a fini à la dixième place. "Pour améliorer mon endurance, (un médecin) m'a dit qu'ils allaient s'en occuper. J'ai demandé s'il s'agissait de dopage. Il m'a répondu: 'pas de problème. La substance ne reste dans le sang que trois ou quatre jours et c'est donc impossible à prouver'." "Je n'étais pas le seul, et aucun des autres n'a été attrapé", a-t-il ajouté dans son interview à la télévision allemande. "Quand vous recevez un prix, les médecins veulent leur part", affirme-t-il. "Certains médecins s'installent dans des zones prisées par les athlètes où il y a de nombreux camps d'entraînement. Ces hommes ouvrent une pharmacie. Ils prétendent qu'ils se contentent de vendre des médicaments autorisés et approchent les athlètes. C'est pareil dans tout le pays."

"Nous l'avons provisoirement suspendu dans l'attente d'informations complémentaires", a déclaré à Reuters David Okeyo, secrétaire général de la Fédération kenyane d'athlétisme. "Nous ne plaisantons pas avec les questions de dopage. Rien que cette année, nous avons exclu quatre athlètes", a-t-il dit pour balayer tout soupçon de laxisme. "Tous les athlètes contrôlés positifs, au Kenya comme à l'étranger, ont été sanctionnés après enquête." "Nous nous sommes longuement entretenus avec Kisorio et il nous a fourni de très précieuses informations, que nous avons transmises aux agences gouvernementales. L'enquête n'était pas finie (dans le cas Kisorio) quand les Jeux ont débuté mais nous étudierons cette affaire de fond en comble dès notre retour."

 

Reuters