Nasser Al-Attiyah
Nasser Al-Attiyah | MARWAN NAAMANI / AFP

Al-Attiyah, du sable au bronze

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Le Qatari Nasser Al-Attiyah a réalisé son rêve olympique à Londres en décrochant une médaille (bronze) en skeet pour ses cinquièmes JO, un aboutissement pour ce sportif accompli aussi à l'aise sur les pas de tir que sur les pistes du rallye Dakar qu'il a remporté en 2011.

"Il y a 20 ans, je rêvais que je gagnais un rallye et je l'ai fait, a-t-il  exulté mardi. Il y a 20 ans je rêvais que je remporterais une médaille  olympique et je l'ai fait. Je suis très heureux." Ce prince de sang, fils du chef de cabinet de l'émir du Qatar, aurait pu  mener une vie de prélassement. A 41 ans, après quatre participations  infructueuses aux JO et une saison de rallye WRC en cours, il aurait aussi pu  choisir de faire l'impasse sur l'épreuve de skeet à Londres. Mais son instinct de compétiteur a finalement rattrapé celui qui fut  porte-drapeau de sa délégation à Pékin en 2008. "J'ai terminé 4e à Athènes (en 2004), j'étais aussi en finale à Sydney,  rappelait-il avant le début des épreuves à Londres. J'ai un agenda très rempli  en pratiquant deux sports mais je suis prêt, surtout après avoir égalé le  record du monde (avec un score parfait de 150 cibles touchées) lors des  championnats d'Asie au Qatar. Mon objectif est de finir dans les trois premiers  à Londres."

Prêt, il a effectivement démontré qu'il l'était, en touchant 144 "plateaux"  en finale, malgré des conditions qu'il a qualifiées de "difficiles", derrière  l'Américain Vincent Hancock (1er) et le Danois Anders Golding (2e). Pourtant,  la préparation n'a pas forcément été de tout repos, puisqu'il lui faut jongler  avec son autre passion, le rallye. "Je suis un pilote professionnel, souligne-t-il. Je passe parfois six mois  sans tirer. De temps en temps, je me mets face au miroir à la maison et je tire  à blanc mais je n'ai pas le temps d'aller sur le pas de tir pour m'entraîner

​"Je voulais devenir sportif"

Le Qatari a donc provisoirement cédé le volant de sa Citroën DS3 fin mai  pour se concentrer sur le tir.  "Je me suis entraîné deux mois en Italie, France, République tchèque et  Autriche, détaille-t-il. J'ai beaucoup d'expérience. J'ai fait passer mon cerveau du mode rallye au mode tir. Je travaille beaucoup le physique, la musculation et la course,  souligne-t-il. Je dois rester en forme pour le rallye et quand vous avez de  bonnes capacités physiques, vous êtes prêt pour le tir". Appliqué, Al-Attiyah, qui a conduit sa première "Suzuki trois cylindres" à  l'âge de 12 ans, prend son métier très au sérieux. "Je n'ai jamais pensé être  avocat ou docteur. Je voulais devenir sportif et faire quelque chose pour mon  pays", a-t-il toujours expliqué.

Dixième de son premier Dakar en 2004, il n'a, comme en tir, cessé de  progresser pour prendre la 2e place en 2010, après avoir poussé dans ses  derniers retranchements son "idole" Carlos Sainz. En 2011, il atteint même le Graal sur les routes d'Argentine et du Chili,  inscrivant enfin son nom au palmarès du célèbre rallye-raid. Sans savoir que 18  mois plus tard, aussi à force de persévérance, il exaucerait son deuxième  souhait le plus cher.

 

AFP