Christophe Moreau (Caisse d'Epargne) TDF 2010
Le Français Christophe Moreau a encore de beaux restes pour un futur retraité. | AFP - Lionel Bonaventure

Les Français aux avant-postes

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Première grosse étape de montagne de ce Tour de France 2010, le parcours de 204,5km entre Morzine et Saint-Jean-de-Maurienne a souri au cyclisme tricolore. Au-delà de la belle victoire de Sandy Casar (FDJ), ils sont plusieurs à avoir mouillé et montré le maillot. A l’image de Christophe Moreau, Cyril Gautier, Rémy Pauriol ou encore Jérôme Pineau.

Si sur la ligne d’arrivée, la joie était immense après la victoire de Sandy Casar devant l’Espagnol Luis Leon Sanchez (Caisse d’Epargne) et l’Italien Damiano Cunego (Lampre), les coureurs français étaient nombreux à pouvoir se féliciter de l’audace, du courage et de l’énergie dont ils ont fait preuve. A commencer par le futur retraité Christophe Moreau qui, à 39 ans, a terminé 4e de cette 9e étape. "J’avais dit que j’essaierai d’aller chercher une victoire d’étape. Mais la descente avec un Schleck et un Contador endiablés était trop dure." Même si le Francomtois n’a pas réussi à s’imposer, cette journée restera "un bon souvenir". "C’était du plaisir, de la souffrance, de la douleur. J’ai eu des crampes mais je suis fier d’avoir travaillé pour Luis Leon Sanchez. Aujourd’hui, c’était compliqué pour moi de jouer ma carte personnelle, mais ca reste une belle journée. Ce n’est que le début de la montagne donc je retenterai ma chance."

De son côté, Cyril Gautier, 24e à l'arrivée à Saint-Jean-de-Maurienne, n’a pas non plus à rougir de sa performance du jour. "L’étape a été très dure, le col de la madeleine a été long, a confié le jeune Breton de la BBOX. Côté niveau, on voit que c’est le Tour de France, ce sont des cadors qui sont là." Et d’ajouter avec le sourire : "J’ai appris au contact de ces grands coureurs mais j’ai surtout beaucoup reçu … Aujourd’hui, je suis devant et j’espère que je vais continuer à progresser."  Pour Rémi Pauriol (Cofidis), arrivé en 48e position, la journée aura également été éprouvante. "Le rythme a été très rapide, il n’y a jamais eu de temps morts, a-t-il soufflé sur la ligne d’arrivée. On disait que les Alpes allaient être plutôt faciles mais avec 4500 mètres de dénivelé, ça n’a pas été simple. La preuve, il y a des grands leaders comme Cadel Evans qui ont eu des défaillances. Et vu les étapes à venir, je sens que ça ne va pas être simple de récupérer."  Il reste toutefois confiant pour la suite des évènements : "Avec l’équipe, on va passer à l’attaque dès demain, histoire qu’il y ait des coureurs de la Cofidis dans toutes les échappées."

Au rang des déçus, on retrouve Jérôme Pineau (Quick Step) qui s’est vu "chiper" son maillot à pois par son compatriote Anthony Charteau (BBOX). Et ce dans des conditions qui énerve quelque peu le coureur nantais. "Le règlement est mal fait, a-t-il regretté. Anthony Charteau en a profité et pris des points qui ont été doublés en haut de la Madeleine. C’est comme ça mais le Tour n’est pas fini".  "Davide Bramati va devoir réapprendre à compter car, en fonction de ce qu’il m’a dit, j’ai levé le pied alors qu’il aurait fallu que je poursuive mon effort, a-t-il expliqué. Perdre des minutes, ça me fait une belle jambe. Perdre le maillot à pois, je m’y attendais un peu, mais après une journée comme aujourd’hui, c’est un peu dur". Et d'avertir : "Maintenant, je vais devoir récupérer mais je ne renonce pas au maillot à pois".

Isabelle Trancoën