Yvon Ledanois 072012
Yvon Ledanois, directeur sportif chez Movistar | Maxppp

Les DS s’exportent bien

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Depuis quelques années déjà, de plus en plus de coureurs français rejoignent des équipes étrangères, entraînant dans leur sillage des directeurs sportifs (DS).

Sur ce Tour de France, ils sont cinq à travailler au sein d’équipes étrangères. Alain Gallopin (Radioshack – Nissan), Lionel Marie (Orica Greenedge), Philippe Mauduit (Team Saxo Bank), Christian Guiberteau (Team Argos Shimano) et Yvon Ledanois (Movistar Team) font profiter de leur savoir-faire.

« Il n’y a plus de frontière au sein des équipes »

Doit-on pour autant parler d’un savoir-faire ‘à la française ? Il semblerait que non. Yvon Ledanois en est le parfait exemple. L’ancien vainqueur de la Vuelta (1997) n’a officié que dans des formations étrangères. « Je ne connais pas le fonctionnement des équipes françaises, mais toutes les équipes ont un savoir-faire, il y a une culture qui est différente d’un pays à un autre », explique-t-il. « Par rapport au calendrier que l’on a, les courses et les objectifs que l’on a, je pense que le fonctionnement des équipes est similaire », précise l’ancien directeur sportif de l’équipe espagnole Caisse d’Epargne (de 2008 à 2010). « Aujourd’hui il n’y a plus de frontière au sein des équipes. Il y a 25 ans, 100 % des équipes n’avaient qu’une nationalité, aujourd’hui ce n’est plus le cas », constate Ledanois.

Christian Guiberteau a lui connu un parcours différent. Cet ancien coureur de l’équipe Vendée U, a d’abord fait ses gammes de DS dans l’équipe Bonjour en 2000, puis chez Brioche-La Boulangère, et enfin B-Box-Bouygues Télécom. Après avoir pris une année sabbatique en 2010, le Choletais a repris du service après avoir été contacté en fin d’année par le manager de l’équipe néerlandaise Team Argos – Shimano. Iwan Spekenbrink qui avait recruté quelques coureurs tricolores, voulait en effet un Français au sein de son encadrement, et il l’a contacté sur la Vuelta.

« C’est ma deuxième saison avec eux et tout se passe bien », dit-il. « J’avais maintenu un peu des contacts dans le vélo, mais sans plus. J’étais sur le point de chercher un boulot complètement différent, plus classique. Et le hasard a bien fait les choses. » Si Ledanois n’a pas eu de souci linguistique, Christian Guiberteau a dû se replonger un peu dans ses cours d’anglais. « Travaillant dans des équipes françaises et mes études étant loin, je n’avais plus trop pratiqué l’anglais depuis assez longtemps », reconnaît l’actuel directeur sportif  du Team Argos Shimano. « Je me suis dit que c’était un beau challenge, avec la possibilité de découvrir une autre culture, me remettre un peu à l’anglais, et c’est la vie ! J’en suis encore très satisfait », affirme-t-il.

Avec l’Espagne, l’Italie et le Benelux, la France reste une nation du cyclisme, et avec la mondialisation, une équipe étrangère est aujourd’hui intéressée pour diversifier ses coureurs mais aussi ouvrir son staff à d’autres nationalités. « Chacun apporte ses idées, il y a un mixte, et c’est ce qui permet de trouver une voie médium », résume Guiberteau.

« Il y a beaucoup de points communs »

Malgré leur parcours différent, Guiberteau et Ledanois sont d’accord sur le fait qu’il n’y a pas véritablement de spécificité française dans le vélo. « Quand je regarde la façon de travailler de mes collègues, je m’aperçois qu’il y a beaucoup de points communs. Dans le coaching, les différences se font au niveau des personnalités, entre quelqu’un par exemple de plus passionné, ou de plus calme, et ça on le retrouve que l’on soit italien, français ou espagnol. »
Dans la gestion des coureurs, il lui sera toutefois évidemment plus facile de communiquer avec les coureurs français. « Les équipes sont de plus en plus grandes. On se dispache les coureurs que l’on connaît, et c’est dans l’intérêt de l’équipe de procéder de la sorte ».

Sur le plan financier, les directeurs sportifs n’ont pas plus à gagner en travaillant dans une équipe française ou étrangère, car les moyens sont relativement comparables. « Il n’y a pas plus de moyens dans les équipes étrangères. Les équipes françaises ont des bons budgets, alors que pour les équipes italiennes ou espagnoles, cela peut être plus léger. Si on fait partie du World Tour, il y a un minimum de budget pour pouvoir rivaliser», note le DS du Team Argos Shimano.

Romain Bonte