Le peloton à travers champs
Le peloton à travers champs | LIONEL BONAVENTURE / AFP

Les coureurs sont-ils superstitieux ?

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Le milieu sportif est en règle générale superstitieux, et on aurait tendance à penser que le monde du vélo l’est tout autant. Pourtant, en ce vendredi 13, jour de la 12e étape, les grigris semblent inexistants, et les superstitions ne sont visiblement pas à la mode au sein du peloton.

Il y a bien Mikael Cherel qui garde toujours une petite photo de sa femme et de sa petite fille sur son guidon, Pierre Rolland embrasse sa médaille au départ de chaque étape, et en a fait de même lorsqu’il a franchi victorieusement la ligne d’arrivée hier. Yaroslav Popovych attend lui toujours patiemment sur la ligne de départ dix minutes avant tout le monde, mais ces cas restent finalement assez isolés. On a beau chercher un peu, pas de trace de patte de lapin dans les chaussettes, d’échelle à 13 barreaux sur les voitures des directeurs sportifs, ou  de rituel un peu farfelu. Seules quelques mascottes comme un kangourou dans le bus BMC tiennent leur place.

« Honnêtement, je n’ai pas envie de m’encombrer avec un grigri », lâche Christophe Riblon, vraiment pas concerné par le sujet. Evidemment, traîner un fer à cheval sur les 3497 kilomètres que compte le parcours du Tour de France n’aurait rien de judicieux.

Le dossard N.13 est-il un fardeau ?

En 2010, Fabian Cancellara sans doute sensible aux croyances en tout genre, avait mis son dossard N.13 à l’envers. De son côté, Tony Gallopin n’a pour le moment pas trop à se plaindre de son dossard N.13, même si il a depuis deux jours des problèmes gastriques… « Quand j’ai reçu de dossard N.13, certains m’en ont fait la remarque, mais comme je ne suis pas superstitieux, cela ne m’embête pas », avait-il alors déclaré. Les temps ont changé car il n’y a encore pas si longtemps, les coureurs avaient la possibilité de refuser le fameux dossard.

Directeur sportif chez Cofidis, Stéphane Augé n’a pas souvenir de porte-bonheur particulier lorsqu’il courait, pas plus que maintenant. « Non, je ne vois pas, même dans l’équipe, il n’y en a pas », a-t-il dit.
Pragmatique, Lionel Marie, directeur sportif chez Orica-Greenedge, admet qu’il n’y a pas de coureurs superstitieux dans son équipe, « mais si jamais la superstition peut nous amener la victoire, on va devenir superstitieux ! ».

Pinot : « Pas trop de superstition dans le vélo »

Même en allant chercher du côté de la FDJ, qui avec un tel sponsor pourrait attirer des coureurs superstitieux, pas de trèfle à quatre feuilles sous les casques. La grande révélation du Tour, Thibaut Pinot n’est pas intéressé non plus. « Non, cela ne me dit rien. Il n’y a pas trop de superstition par rapport au 13 juillet, mais pour l’équipe c’est un jour important », concède très diplomatiquement le plus jeune coureur du peloton. « On voit les coureurs qui se signent un peu au départ, mais il n’y a pas trop de superstition dans le vélo.

Et même Philippe Raimbaud, le manager de Saur-Sojasun, qui a pour habitude de dire qu’il n’est « pas superstitieux, car ça me porte malheur », n’a pas remarqué un tel phénomène. « J’ai beau réfléchir, je ne vois pas de superstition au sein de l’équipe. Il y a des petits bracelets souvenirs, mais rien d’insensé en tout cas. » Si David Moncoutié n’était pas superstitieux avant ce vendredi 13, le malheureux coureur de la Cofidis risque de le devenir après avoir été contraint à l’abandon pour son dernier Tour...

Romain Bonte