L'équipe de France de natation
L'équipe de France de natation | STEPHANE KEMPINAIRE / DPPI

Championnats Européens : les tops et les flops

Publié le , modifié le

Les Championnats Européens se sont refermés dimanche soir à Berlin et Glasgow. Après ces dix jours de compétition marqués par les 42 médailles françaises, l'heure est au bilan pour nos athlètes français. Si certains n'ont pas véritablement déçu, ils ont pu obtenir des résultats en deçà des attentes que leur talent et leurs résultats pouvaient présager. Qui a brillé ? Qui a déçu ?

Ils ont brillé : 

• Charlotte Bonnet

C'est la nouvelle reine de la natation française. Avec 4 médailles dont 3 titres (200m nage libre, 4x100m nage libre féminin et relais mixte), Charlotte Bonnet a régné sur les bassins de ces Championnats Européens. A seulement 23 ans, elle marche dans les pas d'une illustre aînée : Laure Manaudou.

La natation française se cherchait une nouvelle patronne depuis la retraite de Manaudou et la disparition de Camille Muffat : elle l'a trouvée avec Charlotte Bonnet, sacrée en individuel mais aussi en relais. Plus que prometteur.

• Pierre le Corre et le triathlon français

Ils ont éclaboussé de leur talent le plan d'eau de Loch Lomond mais surtout les Championnats Européens dans leur ensemble. Avec deux médailles d'or sur les trois breloques remportées dans cette discipline, les Tricolores n'ont pas raté la cible. 


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Un homme en a remporté deux : Pierre Le Corre. Sacré en individuel et dans le relais mixte, le Morbihannais licencié à Montpellier a porté l'équipe de France sur ses épaules, avant de s'appuyer sur ses équipiers Dorian Coninx, Cassandre Beaugrand (en bronze en individuel) et Leonie Periault.

• Mohrad Amdouni

On attendait Mahiedine Mekhissi sur les courses de fond. Le médaillé de bronze à Rio sur 3000m steeple a remporté l'or sur la distance à Glasgow, devenant l'athlète français le plus titré aux Championnats d'Europe. Ce seul record aurait suffit à le placer dans notre partie "tops". 

Mais nous avons choisi de mettre en lumière Mohrad Amdouni, moins connu du grand public mais incroyable d'abnégation. Sacré sur le 10 000m, il a remis ça sur le 5000m - où Mekhissi a du déclarer forfait - en allant arracher le bronze. Une juste récompense pour l'athlète de 30 ans, qui n'avait jamais remporté de médaille continentale sur piste. 

Ils ont contre-performé : 

• La natation masculine

Mehdy Metella a bien remporté trois médailles (or en relais mixte, argent sur 100m papillon et bronze sur 100m nage libre), ce qui lui assure un excellent bilan, surtout au vu de son année compliquée. Mais le nageur français est apparu bien seul dans le bassin de Glasgow pour porter les chances françaises (hors nage en eau libre).

Avec une seule autre médaille (le relais mixte pour Stravius), la natation masculine est apparue en transition face aux meilleures nations européenes. Orpheline de Yannick Agnel et Florent Manaudou, elle peine à retrouver un second souffle, et a souffert de la comparaison avec les filles sur ces Championnats.

• Kevin Mayer et le décathlon français

Tout le monde est resté ébahi, interloqué lorsque Kevin Mayer a raté son troisième essai au saut en longueur du décathlon. Éliminé dès la deuxième épreuve. La France n'a pas compris comment son champion adulé a pu faire une telle erreur, avant qu'il n'explique lucidement qu'il ne visait rien de moins que le record du monde.

Que Mayer, maître dans sa discipline, morde trois essais pour tenter le record du monde peut s'entendre. Que Ruben Gado et Romain Martin mordent également leurs trois essais est plus difficile à avaler. Cela donne un zéro pointé dans une discipline où les Français pouvaient s'illustrer. Frustrant. 

• La piste masculine

Avec trois médailles remportées, est-on trop dur de placer la piste masculine dans les flops de ces Championnats Européens ? C'est possible. Mais avec en tout et pour tout trois médailles d'argent (Vigier en keirin, Garel en scratch et la vitesse par équipes), la piste française n'a donc ramené aucun titre de Glasgow.

Eux qui avaient ramené un titre chaque année depuis 2013 (5 en 2017, 3 en 2016, 1 en 2015, 2 en 2014) sont donc rentrés bredouilles d'Ecosse. Si le bilan n'est pas déshonorant, il reste mitigé quand on dispose d'athlètes de la trempe de François Pervis (huit fois champion du monde) ou Michaël d'Almeida (8 médailles aux Championnats du monde).

Théo Gicquel @@theoogicquel