Les associations caritatives impactées par l'annulation de leurs évènements sportifs

Publié le , modifié le

Auteur·e : Antoine Limoge
La Rando Muco en 2019
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La pandémie de coronavirus a durement touché l'Hexagone. Le monde du sport est à l'arrêt et tous les évènements sportifs sont annulés les uns après les autres. Ces annulations ou reports impactent directement les associations caritatives qui se retrouvent dans l'incapacité d'organiser des récoltes de fonds.

Le virus du covid-19 a complètement bouleversé l'activité en France et le sport n'y échappe pas. Nombre de compétitions comme les Jeux Olympiques ou encore l'Euro de football ont été reportées. Mais d'autres événements sportifs, bien moins médiatisés et pourtant importants, ne pourront pas voir le jour cette année. Les associations caritatives qui organisent ce type de rendez-vous risquent de perdre gros. 

Les dons impactés 

Chaque année, des courses sportives sont organisées pour pouvoir récolter des fonds. C'est notamment le cas de l'association "La Pierre Le BIGAUT- Mucoviscidose" avec ses deux évènements par an, la Rando Muco ( un trail familial de 6500 participants fin avril) et la PLB Muco (épreuve cyclosportive fin juin de 8000 volontaires). Ces derniers lui ont permis de collecter plus de 600 000 euros l'année dernière pour aider la recherche sur cette maladie génétique. Mais cette année, l'association fondée par Daniel Bercot fait face à la pandémie. M. Bercot a réussi à reporter la Rando Muco au mois d'octobre sans engendrer de frais supplémentaire mais ce qui inquiète le fondateur de l'association c'est la PLB Muco. "Si d'ici le 15 mai on ne peut pas effectuer de regroupement de personnes, la course sera annulée et le report ne sera pas possible au vu de l'organisation d'un tel évènement", explique-t-il. 

Les conséquences pourraient être terribles pour l'association créée en 1992. " La PLB Muco nous permet de lever entre 350 000 et 400 000 euros soit 2/3 de ce qu'on récolte chaque année. Cette année peut être catastrophique pour la recherche en général. Nous, on aura aucun problème de trésorerie puisque l'on s'assure que les dons récoltés ne soient que du positif. L'association ne perdra pas d'argent mais la moins value par rapport à ce qu'on donne pour la mucovisidose sera terrible. L'an passé on représentait quand même 30% de la recherche national", constate amèrement l'un des 3 co-présidents actuels. 

La solidarité comme unique solution 

D'autres associations se trouvent dans des cas similaires. "Les foulées de l'assurance" est une course au profit de la prévention des maladies cardiaques. Elle regroupe en moyenne 4000 participants à Paris, dans le bois de Boulogne, et peut récolter jusqu'à 30 000 euros. Elle devait avoir lieu le 22 mars dernier mais a été annulée en raison du confinement. C'est la seule manifestation sportive organisée pour l'association Adicare, qui soutient l'institut de cardiologie du groupe hospitalier de la Pitié-Salpétrière. " On essaye de reporter cette course au mois de septembre. On est en discussions avec la mairie de Paris mais pour le moment c'est compliqué", nous confie Naguib Boudjellal, fondateur "des Foulées de l'assurance". " Si le report n'est pas possible, notre seul moyen de récolter des dons sera la solidarité de nos fournisseurs. Par exemple l'entreprise qui nous livre des tentes pour la course va peut-être nous en faire grâce. Ce serait déjà un bon début au vu de la situation" ajoute-t-il. 

Les associations subissent de plein fouet cette crise du coronavirus. "La course du coeur" a due elle aussi être reportée. Son directeur, Olivier Coustère a réussi à trouver une nouvelle date. "Heureusement j'ai pu décaler notre course mais c'est dommage puisque cette année je voulais en organiser deux ce qui aurait fait deux fois plus de dons. J'ai dû prendre le second créneau du mois d'octobre pour au moins organiser un évènement", explique-t-il avant d'avouer que cette année va être très compliquée. Heureusement pour Trans-forme (association pour laquelle la course du coeur est organisée), les entreprises qui devaient participer à la 34e édition en mars se sont toutes engagées à se réinscrire pour la session d'automne. "C'est un beau geste de leur part. Cela va nous permettre de ne pas couler financièrement", se rassure David Coustère. Le report de la course devrait quand même coûter entre 15 et 20 000 euros pour les organisateurs. "Je vais devoir lancer une cagnotte sur les réseaux sociaux. Le don d'organes est primordial en ce moment. Toutes les opérations ont été reportées elles aussi et plusieurs patients sont en attente de greffe", constate David Coustére. 

Les associations doivent donc être imaginatives pour continuer à lever des fonds. Naguib Boudjellal veut par exemple mettre en place un challenge de confinement en ligne. L'idée est de faire participer les entreprises et les particuliers qui devaient être présents aux "foulées de l'assurance". Le principe serait de faire marcher ces personnes à leur domicile et que chaque pas équivaille à un don...

Dons en baisse, associations en difficulté, la pandémie de coronavirus fait mal au monde caritatif. La solidarité aperçue ces dernières semaines permet malgré tout de garder espoir pour celles et ceux qui se battent au quotidien pour ces nobles causes.  

Antoine Limoge