Nibali, Evans, Wiggins
Nibali devant Evans et Wiggins lors de la 8e étape entre Belfort et Porrentruy | Joël Saget/AFP

Les Alpes, nous voilà !

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Le Tour de France ente dans le dur avec la 11 étape qui fait la part belle aux Alpes. au programme, trois ascensions majeures, la Madeleine, le Glandon et la montée d'arrivée vers la station de La Toussuire au terme d'un parcours de 148 kilomètres. Un parcours propice pour les prétendants au maillot jaune solidement accroché sur les épaules de Bradley Wiggins (Sky). Vincenzo Nibali (Liquigas) et Cadel Evans (BMC) ne peuvent plus attendre: il faut attaquer sans relâche.

Le parcours: la Madeleine de course

Haut lieu du Tour de France qui demeure dans toutes les mémoires des passionnés de la course, le Col de la Madeleine devrait encore une fois ouvrir une page d'histoire, pour peu que les coureurs choisissent de se porter à l'offensive. Derrière ce monument, la course grimpe le col du Glandon qui se prolonge par le final de la Croix-de-Fer (Km 93), une longue et éprouvante montée de 22,4 kilomètres au total (à 6,9% de pente moyenne) classée hors catégorie elle aussi. Le petit col du Mollard (Km 113), une difficulté de deuxième catégorie, entrecoupe la descente vers la Maurienne. Puis, c'est la montée vers La Toussuire, longue de 18,4 kilomètres (à 6,1 %) pour rejoindre l'arrivée à l'altitude de 1705 mètres.

Les enjeux: une course de poids et de pois

Premier enjeu: les concurrents directs de Bradley Wiggins vont devoir se découvrir pour ne pas totalement hypothéquer leur chance. Ce parcours ne se prête pas au calcul, sauf si l'on se préoccupe davantage de sauvegarder sa position au classement que de faire preuve de panache. Nibali, Evans et les autres (Rollanb, Pinot côté français, Menchov et Van Den Broeck côté leader étranger) doivent jouer leur carte à fond pour agresser, harceler et tester les jambes de Wiggins. Il n'y aura pas d'excuse.

Second enjeu: le maillot de la montage, endossé hier par Thomas Voeckler, dans un classement très serré et où tout es évidemment bien loin d'être figé. Car les étapes à venir sont celles qui vont distribuer  le plus grand nombre de points. Les prétendants au mailot aux pois n'auront d'autre alternative que se porter très tôt à l'avant pour engranger les points. Avec le risque inhérent à tout attaquant de coincer dans le final.
Les coureurs à suivre: les montagnards en piste

S'il n'est pas inenvisageable qu'un puncheur puisse tenter sa chance de loin, l'étape du jour semble plutôt promise aux grimpeurs purs. A cet égard, il faudra regarder la lutte entre les principaux favoris. Et ne pas oublier, si l'on veut y croire un peu, que lorsque le Dauphiné est arrivé à la Toussuire en 2011, le jeune Thibaut Pinot (déjà vainqueur d'une étape sur ce Tour) avait pris la 2e place. A suivre.

Le chiffre: 2000

C'est l'altitude à laquelle vont grimper  les coureurs à l'issue de l'interminable montée de la Madeleine, classée hors catégorie (25,3 km à 6,2 % de pente moyenne avec des portions à plus de 10%), Il faudra à ce moment là ne pas manquer d'air pour rester dans le coup et garder sa lucidité puisque, à partir de la vallée de la Maurienne, la route enchaîne montées et descentes dans ses 78 derniers kilomètres.

L'anecdote: l'épisode Rasmussen

En 2006, le Danois Michael Rasmussen enlève de main de maître la 16e étape du Tour de France entre le Bourg d'Oisans et la Toussuire, qui accueillait la Grande boucle pour la première fois. L'année suivante, le Danois sera exclus du Tour par son équipe Rabobank, alors qu'il portaitle maillot jaune,  pour s'être soustrait à des contrôles anti-dopage et avoir menti sur son emploi du temps. Du coup, on remettra en cause également la facilité avec laquelle Rasmussen avait gagné l'étape de 2006 en avalant les difficultés telles que le Galibier puis la Croix de Fer. D'autant que c'est dans cette étape que le leader  Floyd Landis devait sombrer, avant de ressusciter le lendemain...puis de perdre par la suite  sa victoire finale. Décidément ce Tour 2006, année de transition après l'ère Armstrong fut marquée davantage par les affaires de dopage que par les performances.

Jerome Carrere