A l'épreuve d'un jogging solitaire dans un Paris sous confinement

Publié le , modifié le

Auteur·e : Manu Roux
Manu Roux, joggeur dans les rues de Paris vides
Manu Roux, joggeur dans les rues de Paris vides | DR

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Journaliste à France Télévisions mais aussi marathonien, Manu Roux est, comme tous les Français, contraint au confinement en raison du Covid-19. Il s'est essayé à un jogging en plein Paris, avec les documents adéquates en poche, pour assouvir ses deux passions.

"Qu’est-ce que je fais? J’y vais? J’y vais pas? Et en même temps, si j’y vais pas, par quoi remplacer une activité que je pratique assidûment depuis dix ans à raison de deux-trois sorties hebdomadaires ?

18h15 mercredi, n’en pouvant plus de tourner en rond dans mes 41 mètres carrés, après avoir écrit un article sur la handballeuse Cléopatre Darleux pour francetvsport et visionné le DVD d’un film avec Jean-Pierre Marielle ("Sex shop" de Claude Berri, cultissime), je me suis finalement décidé à "y aller". En solitaire et sans oublier de prendre dans mon sac-banane l’attestation de déplacement dérogatoire dûment remplie, une pièce d’identité et ma carte de presse (pour éviter les 135 euros d’amende, on ne sait jamais...).

Je n’avais pas mis le nez dehors depuis la veille 9h30 avant le début officiel du confinement et m’attendais à me retrouver dans une scène du film "28 jours plus tard" de Danny Boyle, arpentant des rues désertes et tentant d’éviter des barrages routiers. Mais à part une patrouille de gendarmes aperçue au loin, pas de contrôle à l’horizon et mon attestation restera pliée en quatre dans mon sac-banane pendant toute la sortie.

Une sortie inoubliable

Je m’attendais à ne voir personne, il y a quand un peu de monde : une mère et son fils, un gamin en trottinette, une poignée de collègues joggeurs toujours seuls, quelques couples avec leur sac de courses. La file d’attente devant la supérette qui ressemblait la veille à celle d’une salle de spectacle avant un concert, a disparu, c’est plutôt bon signe. Comme tous les parcs, celui de Suzanne-Lenglen est fermé, il faut le contourner et passer devant l’héliport du XVème arrondissement qui ne verra plus Michel Drucker piloter avant quelque temps.

La circulation s’est sérieusement réduite et surtout, le plus marquant, beaucoup de  places de parking sont vides. La région parisienne s’est vraiment considérablement vidée de ses habitants ces dernières heures... D’habitude, je cours environ une heure. Mais là, tenant compte des restrictions géographiques, je me contente de vingt minutes. C’est peu, mais ça fait quand même un bien fou ! Et ce footing, je ne suis vraiment pas près de l’oublier."

Manu Roux ManuRouxJO