Christophe Lemaitre
Christophe Lemaitre | AFP - WILL OLIVER

Lemaitre soigne sa déception

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Sa blessure à la cuisse droite, contractée juste après l’arrivée de la finale du 100 m des championnats du monde, a contraint Christophe Lemaitre à mettre un terme à sa saison. Mais le sprinteur français n’a pas quitté Moscou. A l'invitation de son équipementier, il a rencontré la presse pour livrer ses états d'âme du moment. Rencontre au cours de laquelle il a expliqué être toujours bien décidé à soigner sa cuisse et sa déception, et toujous combatif pour l'avenir.

Q : Christophe, comment vous sentez-vous, trois jours après avoir quitté la piste du stade Loujniki sur une civière ?
R:  Je vais mieux. Je ne boite presque plus. Et je n’ai plus besoin de béquilles pour me déplacer. Mais ma saison est terminée. Je me soigne deux fois par jour, à Moscou, avec l’équipe médicale de la Fédération. Au moins pour cette raison, il était logique que je reste sur place jusqu’à la fin des Mondiaux. L’autre raison est mon envie d’encourager les athlètes de l’équipe de France encore en compétition.

Q : Que faites-vous de vos journées moscovites ?
RJe me soigne, je vais au stade voir les compétitions. Et je marche pour éliminer l’œdème dans ma cuisse.

Q : Avec le recul de ces trois derniers jours, comment jugez-vous votre performance sur 100 m aux championnats du monde ?
R : Les courses ont confirmé ma forme du moment. La demi-finale, surtout. J’en ai parlé après coup avec mon coach, Pierre Carraz. J’y ai couru de façon trop crispée, mais je réalise pourtant 10’’00. Une performance qui prouve que je revenais à mon meilleur niveau. J’aurais préféré réussir un meilleur résultat, à la place et au chrono, mais dans la manière la compétition a été positive. Je suis assez fier d’avoir contredit tout le monde en atteignant la finale du 100 m.

Q : Entre cette fierté d’avoir atteint la finale du 100 m, et la déception de ne pas pouvoir défendre vos chances sur 200 m, quel sentiment domine ?
R : Je balance entre les deux. D’un côté, je suis rassuré par mon parcours au 100 m, et d’une certaine façon un peu libéré de ne pas avoir à rester focalisé sur l’athlétisme comme je l’ai été ces derniers mois. De l’autre, mon forfait sur 200 m me laisse un sentiment de frustration. Je suis convaincu que j’avais une chance de très bien y figurer. Moscou a prouvé que j’avais retrouvé mes sensations, mais malheureusement un peu tard.

Q : Quels enseignements allez-vous tirer de cette compétition ?
R : J’en tire la certitude d’avoir retrouvé les clefs. J’ai maintenant une saison devant moi pour travailler et être encore plus fort.

Q : Sans vous, comment imaginez-vous le 200 m ? Vous avez un pronostic ?
R : Je vois Usain Bolt l’emporter, devant Warren Weir. Pour la médaille de bronze, j’imagine une lutte entre Wallace Spearmon et Nickel Ashmeade.

Q : Et comment jugez-vous, avec le recul, la finale du 100 m ?
R :
 Usain Bolt a gagné logiquement, mais Justin Gatlin l’a menacé. Il a même mené le début de course. Preuve que Bolt n’est plus aussi dominateur que dans les années 2008/2009. Mais il reste intouchable. A mes yeux, le podium Bolt, Gatlin et Carter est logique et sans surprise.

Q : Avez-vous été surpris par l’accueil du public moscovite ? A l’applaudimètre, avant la finale du 100 m, vous n’avez été « battu » que par Usain Bolt ?
R : Un peu, oui. Je ne m’attendais pas à être aussi connu et autant apprécié à Moscou. Je n’étais jamais venu en Russie. Je ne pensais donc pas susciter un tel engouement auprès du public. C’est une bonne surprise.

Vidéo: Lemaître, autopsie d'une blessure

Christian Grégoire