Ivan Basso
Ivan Basso pendant le Tour 2011 | AFP - Joël Saget

Le Tour de Basso ?

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A l’abri des chutes et de la malchance pendant la première partie du Tour, Ivan Basso a commencé à faire parler de lui dans l’ascension de Luz-Ardiden. Candidat non déclaré à la victoire finale, l’Italien continue d’avancer masqué. Pour combien de temps ?

Il a failli être perdu pour le cyclisme. Pris dans les tourments de l’affaire Puerto et suspendu deux ans par le comité olympique italien sans avoir été contrôlé positif, Ivan Basso a connu une énorme traversée du désert (ndlr : il a indiqué vouloir se doper mais sans être passé à l’acte). L’Italien avait tout pour réussir. Des qualités de grimpeurs innées, une classe folle sur un vélo et deux podiums prometteurs sur le Tour (2004 et 2005). En 2006, Basso avait toute l’Italie à sa botte grâce à son premier Giro avant de se voir interdit de Tour de France à cause des prémices de l’affaire Puerto. Beaucoup ne s’en serait pas relevé. Pas lui.

De retour dans le peloton en octobre 2008, Basso rejoint l’équipe Liquigas. Sa première saison de l’après-Puerto est toutefois très difficile. Plus personne ne semble croire à un vrai retour au premier plan d’Ivan le Terrible. Mais le Lombard n’est pas mort. Il signe en 2010 son plus bel exploit en remportant son 2e Tour d’Italie après une incroyable remontée sur Arroyo et Nibali. Anonyme 32e du Tour de France, il bute encore sur cette course qu’il apprécie. Cette année, le niveau s’est resserré et l’Italien peut enfin jouer sa chance à fond.

"Je préfère agir"

Dans la montée de Luz-Ardiden, c’est lui qui a pris ses responsabilités en faisant rouler son équipier Sylvester Szmyd. Basso se sentait fort. Au moins aussi fort que les Schleck, Evans et Contador. « Mon directeur m’a dit qu’il m’a dit qu’il n’y avait personne de plus fort que moi hier. On en a eu la preuve hier à Luz-Ardiden. » La performance de Basso n’a laissé personne indifférent. Lui préfère garder les pieds sur terre. « Courir une étape comme hier te donne confiance, explique-t-il. Sur une course comme celle-là, il faut vraiment être attentif du premier au dernier kilomètre et chercher la bonne occasion. Mais je ne réfléchis pas trop, je préfère agir et courir juste. »

Ce matin à Pau, le bus de Liquigas a connu sa première forte affluence. Ce n’est pas l’émeute comme c’est le cas autour des Saxo Bank et des Leopard mais c’est un signe qui ne trompe pas. 4e à Luz et désormais 5e au général, Basso chasse toute euphorie de son esprit. « Tout le monde parle tout le temps. Je n’écoute pas les gens et je fais mon travail. Tous les favoris peuvent encore gagner le Tour. Je me sens bien mais le Tour est long. Je dois juste continuer comme hier. Je ne sais pas ce qui se passera dans une semaine mais je donne le meilleur de moi, de mes jambes, de mon cœur. Le plus important est ce qu’on peut donner à l’intérieur de nous. » Parole d’Ivan le Terrible.