Agnel Stravius
Yannick Agnel et Jérémy Stravius n'entreront en lice qu'en fin d'après-midi. | PETER PARKS / AFP

Le relais 4x200 français pour le casse du siècle

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Invaincu sur la planète depuis 2003, le relais 4x200m nage libre américain sera encore une fois le grand favori à sa propre succession à Barcelone, ce soir à 19h40, en finale. Mais l'équipe de France, championne du monde sur 4x100 nage libre, compte bien tenter un nouveau coup, pour réaliser un hold-up historique.

Depuis le sacre des Australiens aux Mondiaux 2003 avec notamment Thorpe et Hackett, le relais 4x200m nage libre américain n'a plus été battu. Ni aux Mondiaux, ni aux Jeux Olympiques. C'est  à ce mastodonte que les Français s'attaquent lors de la finale. Avec les Russes et les Japonais, ils s'attaquent à une montagne, meilleur temps des séries malgré une équipe "bis". Vice-championne du monde et vice-championne olympique, l'équipe de France aimerait rééditer l'exploit de dimanche dernier, où elle avait battu les favoris américains, russes et australiens, en finale du 4x100m, pour décrocher son premier titre mondial de l'Histoire dans cette discipline.

Saluée par tous, la tactique tricolore avait fonctionné. "On l'a vraiment fait à la Française, avec tous nos nageurs, tout notre coeur, tout notre savoir-faire", expliquait alors Romain Barnier, l'entraîneur en chef de l'équipe de France. Pour le 4x200m, les possibilités étaient moins nombreuses, mais le staff tricolore a tout de même pris le risque d'envoyer en séries le jeune Lorys Bourelly, 21 ans qui n'avait jamais nagé aux Mondiaux. Deuxième relayeur, il a parfaitement poursuivi le travail de Yannick Agnel, finissant en 1'48"04, juste derrière le champion du monde du 200m (1'47"65). "Nager 1'48"0 le matin dans ce contexte là, c'est vraiment bien. Je suis plutôt content." La satisfaction est d'autant plus grande qu'il a peut-être obligé le staff de l'équipe de France à revoir ses plans pour la finale.

Mallet le moins rapide des séries

Car Bourelly n'a pas été le moins rapide des quatre relayeurs du matin, Grégory Mallet terminant en 1'48"67 (avec un premier 50m en 24"67, juste derrière le plus rapide établi par Stravius en 24"35), à deux secondes du plus rapide, Jérémy Stravius (1'46"60). "On a fait des temps moyens, mais c'était suffisant pour ce matin. Pour ma part, il fallait que je me remette dans la 'compét' après quatre jours d'arrêt et cette déception de lundi. Il fallait retrouver des points de confiance. J'ai fait un 200m progressif, comme je le voulais", expliquait Mallet. En a-t-il gardé beaucoup pour l'après-midi ? Avec "Jérémy et Yannick, deux garçons qui ont fait 1'44 et 1'45 cette année", Romain Barnier possède deux atouts vitaux pour viser le podium, voire mieux.

Pour les deux autres places, il y a donc Bourelly, Mallet et Fabien Gilot, 7e hier en finale du 100m, l'homme le plus rapide du relais champion du monde dimanche dernier, et qui faisait partie de ce relais aux Mondiaux de Shanghaï en 2011. "Fab n'a pas fait ce temps là cette année", disait d'ailleurs le plus jeune des candidats. Et le Marseillais a sans doute beaucoup puisé dans ses réserves lors du relais et du 100m, lui qui n'a eu que six mois de préparation, en raison de ses opérations de l'appendicite et de l'épaule. "Il s'est mis à la disposition du 4x2 ce que je trouve héroïque, et je pense que ce sera compliqué au vue de son niveau de préparation, et du 4x100 4 nages s'il y a besoin", disait hier Romain Barnier, son entraîneur à Marseille.

"Pas de pression"

La logique du chrono pouvait placer Mallet en danger. La logique de l'expérience mettait Bourelly sur la sellette. L'état de fraîcheur pouvait fragiliser le candidature de Gilot, néanmoins grand spécialiste du relais et de la bagarre mais pas du 200m. Finalement, le staff tricolore a décidé de ne rien changer, et d'aligner les mêmes nageurs que lors des séries. Et tous avaient le même discours, résumé par Jérémy Stravius:  "Vice-champion du monde, vice-champion olympique, on espère rester dans cette dynamique là dans les années qui vont suivre. Mais si on a un statut, on n'a pas de pression." Le meilleur moyen de réaliser le hold-up parfait...

La série du relais 4x200m nage libre: