Aravane Rezaï
La joueuse française, Aravane Rezaï | AFP - GABRIEL BOUYS

Le mal de terre des Françaises

Publié le , modifié le

Hormis Marion Bartoli qui, avec panache, s'est hissée jusqu'en demi-finale, on ne peut pas dire que le tournoi parisien aura souri aux Françaises cette année. Sur les onze joueuses engagées, seule la native du Puy-en-Velay a en effet passé le cap de la première semaine, et seulement cinq tricolores ont atteint le second tour. Pas de quoi se réjouir donc même si ce bilan reste meilleur que celui de la précédente édition.

Après la bérézina de 2010 où aucune Française ne s'était qualifiée pour la deuxième semaine des Internationaux de France, 2011 n'aura pas été vraiment un meilleur cru. Aravane Rezaï, 16e de finaliste l'an passé, est arrivée sur la terre battue parisienne l'esprit préoccupé après les différends entre son "père-entraîneur" et la fédération française de tennis. Et cela s'est vu ! Elle a en effet trébuché d'entrée de jeu face à la Roumaine Irina-Camelia Begu, 102ème joueuse mondiale. Une vraie déception pour la Française qui l'an passé avait suscité beaucoup d'espoirs en remportant le tournoi de Madrid face à Venus Williams. "Je sais que je vais revenir très forte", a toutefois affirmé la Stéphanoise, qui espère bien "retrouver la paix" en elle et ainsi revenir à son meilleur niveau.

Son meilleur niveau, Virginie Razzano ne pouvait bien évidemment pas y prétendre cette année. Bouleversée par la récente disparition de son compagnon, la Nîmoise avait néanmoins décidé de participer au tournoi en souvenir de Stéphane, décédé d'un cancer une semaine avant le début de la compétition. Un bracelet noir au poignet, comme l'ensemble de ses coéquipières, en signe de deuil. Mais la tristesse était trop grande. Elle s'est donc inclinée dès le premier tour face à l'Australienne Jarmila Gajdosova, tête de série N.24. "J'ai essayé de rendre hommage à Stéphane aujourd'hui. C'était presque mission impossible mais j'ai fait mon maximum". Son élimination prématurée n'enlève rien à l'immense courage dont la doyenne du clan tricolore a fait preuve pour le 13e Roland-Garros de sa carrière. 

Pour Mathilde Johansson et Kristina Mladenovic, l'aventure parisienne a également été très courte. La première a eu malheureusement peu de chance au tirage puisqu'elle a  écopé d'une première rencontre corsée face à l'Allemande Julia Goerges, tête de série N.18. La Francilienne, finaliste à Bogota cette saison, a fait preuve d'une superbe résistance mais cela n'a pas suffi pour inquiéter celle qui par deux fois ces dernières semaines avait maté la numéro 1 mondiale, Caroline Wozniacki. De son côté, Mladenovic, détentrice d'une wild-card, a pu nourrir quelques regrets à l'issue de son match face à la Japonaise Ayumi Morita. Bien partie, elle a finalement échoué en trois sets alors qu'elle servait pour le match, à 5-3 au troisième set. "C'est le tennis", s'était-elle contentée de dire, déçue par sa prestation pour sa 3e participation aux Internationaux de France.

Si elles ont franchi le cap du premier tour, Alizé Cornet, Pauline Parmentier, Caroline Garcia et Iryna Brémond n'ont elles n'ont plus pas fait long feu sur la terre battue parisienne. Cornet s'est faite croquer par la qualifiée espagnole Nuria Llagostera Vives. Les trois autres sont malheureusement tombées sur bien plus fortes qu'elles. Ainsi, Parmentier n'a rien pu faire face à la Biélorusse Victoria Azarenka (N.4). Brémond n'a pas eu d'arguments assez solides face à l'Italienne Roberta Vinci (N.31). Enfin, Garcia, pour sa première participation au tournoi parisien, a logiquement calé sur la Russe Maria Sharapova (N.8). 

A ce stade de la compétition (16e de finale), il ne restait alors plus que Marion Bartoli (N.11). Et la tricolore a joué crânement sa chance pour se hisser jusqu'en demi-finale. Une belle performance ! Mais Francesca Schiavone, titrée ici-même l’an passé, était trop forte pour elle. Le lift, les slices et le tempérament de guerrière de l'Italienne (N.5) ont eu raison de la numéro 1 française. Cette dernière n'a toutefois pas déméritée. C'est désormais sur une surface qu'elle apprécie beaucoup plus (le gazon), que la Française espère réaliser un nouveau coup d'éclat, quatre ans après sa finale perdue à Wimbledon. Et peut-être remettre ainsi le tennis tricolore féminin sur le devant de la scène internationale.

Isabelle Trancoën