Romain Barras concentration décathlon poids 2009
Romain Barras | AFP - Adrian Dennis

Le décathlon en dix leçons

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Si le marathon et les premières séries du 100m seront les grandes attractions de la journée de samedi, ce sera également la première journée du Décathlon qui se terminera dimanche. Romain Barras, notre champion d’Europe en titre, aura d’ailleurs un coup à jouer pour s’approcher du podium. A cette occasion, voici un petit tour d’horizon des dix épreuves à surmonter pendant ces deux jours. Eclairage.

Le Samedi :

100 m : Pour la première épreuve de ces travaux d’Hercule, il n’est pas toujours facile à ces colosses de déplacer leurs grandes carcasses sur la ligne droite et de se transformer en vrai sprinteur. Faire se marier explosivité, vitesse et puissance n’est pas toujours le cocktail évident à trouver. La fourchette de performances dans cette discipline est par conséquent assez large. Les meilleurs décathloniens pouvant courir aux alentours des 10 secondes 25, les plus « lents » un petit ton au-dessus des 11 secondes.

Longueur : Après avoir été le plus rapide possible, il faut aller à présent le plus loin possible. Avec une course d’élan réglée au millimètre, l’athlète doit arriver le plus proche de la planche d’impulsion (sans la mordre) située avant le sautoir. En pleine vitesse, le sauteur doit alors se projeter haut et loin dans le sable. Si les spécialistes de l’exercice utilisent plutôt la technique du ciseau (battement des jambes dans les airs), les décathloniens sautent pour la plupart avec un ramené simple des jambes. Ceci ne les empêchant pas d’aller pour les plus performants à plus de 7m50.

Poids : Pour la troisième épreuve du premier jour, le Décathlonien doit envoyer un boulet de plus de 7 kilos le plus loin possible. Si la force fait partie de l’équation, la vitesse d’exécution du geste, que ce soit en haut et en bas du corps, et la technique de rotation dans l’aire de lancer est primordiale pour projeter facilement l’engin et le tout sans toucher le butoir. Il faut en général envoyer son engin autour des 15 mètres pour être dans la moyenne générale.

Hauteur : Epreuve importante pour les concurrents, un bon saut représente ainsi énormément de points dans cette discipline. Si franchir la barre des deux mètres peut paraître facile pour eux, la course doit être réglée comme du papier à musique pour prendre son impulsion et décoller idéalement pour effacer la barre dos à elle (technique du fosbury). Un bon « pied » et bonne détente verticale sont ainsi nécessaires pour faire s’envoler ces beaux bébés…

400 m : La dernière épreuve de la première journée. Il est généralement au moins 22 heures quand les athlètes prennent le départ de ce tour de piste. Malgré la fatigue des quatre épreuves précédentes, il faut encore produire un effort de 48 à 51 secondes. La dernière ligne droite est souvent terrible pour les coureurs qui doivent terminer à l’énergie pour franchir la ligne.

Le Dimanche :

110m haies : C’est parti pour une deuxième journée ! Et ceci par une épreuve délicate avec pour objectif de franchir dix haies dans un temps de 13 à 14 secondes. Chaque intervalle entre les haies nécessite alors quatre foulées, ceci avec beaucoup de rythme et de vitesse, et le tout en évitant la chute qui serait fatale pour la suite de la compétition.

Disque : Deuxième épreuve de lancer de ces dix épreuves, le disque est une épreuve très pointue. Le but est de lancer, grâce à une rotation, un engin de deux kilos le plus loin possible. S’il faut profiter de la force centrifuge pour ne pas faire tomber le disque de ses mains, notamment lors de la rotation, l’athlète doit profiter au maximum de cet élan pour projeter le disque tout en faisant tourner ce dernier pour qu’il puisse se catapulter le plus loin possible. Les disques retombent dans l’ensemble à plus de quarante-cinq mètres pour un lanceur de bonne facture…

Perche : Monter plus de 80 kilos à 5 mètres, c’est possible…grâce à une perche. Le tout est de bien prendre sa course d’élan, bien anticiper, et profiter de l’impact de la perche dans le butoir pour pouvoir s’élever. Il faut par la suite des abdominaux, de la souplesse et de l’agilité pour passer et esquiver la barre. Du grand art…

Javelot : C’est l’épreuve du bras mais également de la vitesse d’exécution. Javelot de 800 grammes à la main, l’athlète prend son élan et doit profiter de sa vitesse et de son blocage lors de son geste final pour donner de la force à son engin et le balancer au moins à plus de cinquante mètres.

1500m : Dernière épreuve pour les forçats de l’athlétisme. Une épreuve surhumaine pour beaucoup des Décathloniens. Avec neuf épreuves dans les jambes, les athlètes doivent terminer par trois tours et demie de piste, qui correspond à plus de quatre minutes de course. Epreuve souvent déterminante pour les premières places, les athlètes finissent exténués.

Gilles Gaillard