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Cadel Evans, leader de la BMC | Maxppp

Le calvaire d'Evans

Publié le , modifié le

Cadel Evans n’a jamais été virevoltant, mais a toujours fait le boulot. Même lorsqu’il a remporté le Tour de France l’an passé, l’Australien n’avait pas survolé cette édition. Cette année, après avoir tenté de faire honneur jusqu’au bout à son statut de tenant du titre, Evans a lâché prise lors de la 16e étape.

Un an plus tôt, Evans qui est reconnu comme un coureur très prudent, avait pris ses responsabilités dans l’interminable ascension du Galibier. Mais les années se suivent et ne se ressemblent pas. Présenté parmi les favoris à sa propre succession, le coureur australien n’a cessé de perdre de précieuses secondes sur Bradley Wiggins, du prologue (à dix secondes), en passant par la Toussuire, à aujourd’hui, où le leader de la formation BMC a totalement explosé en concédant cette fois près de cinq minutes.

Le col d’Aspin fatal

Alors qu’il se trouvait dans le groupe du maillot jaune, le coureur de 35 ans a senti que les jambes ne suivaient plus. Amaël Moinard a bien tenté de soutenir son leader du mieux qu’il pouvait, mais l’Australien n’y était plus. La journée de repos et la chaleur était peut-être en cause comme l’a expliqué Moinard. Toujours optimiste depuis le début, John Lelangue a cette fois admis que les carottes étaient cuites. "On savait que ce serait difficile depuis le début de l'étape. On a voulu continuer avec notre plan, en glissant des coureurs dans l'échappée, mais quand il a lâché dans l'Aspin, on a compris que ce n'était pas normal", a expliqué le manager de la BMC.

Non seulement, Evans a perdu pied en se retrouvant à 8’06 du maillot jaune, mais il a en outre perdu toute chance de monter sur le podium des Champs-Elysées. Le dossard N.1 est désormais septième, en étant même devancé par son équipier Tejay Garderen (à 11 secondes). Plus logique, Haimar Zubeldia, Jurgen Van Den Broeck, Vincenzo Nibali, Christopher Froome, et donc Wiggins, termineront probablement devant lui dimanche.

Un coureur plus "humain"

Mais c’est sans doute son équipier français, qui l’a soutenu dans le col d’Aspin, qui résume le mieux la situation. « On se doit de respecter un champion comme Cadel aussi bien dans la victoire que dans la défaite. On l'accompagne dans la souffrance et la défaite. C'est le sport. Il est humain», a déclaré Moinard. Et c’est sans doute ce qui le rend plus attachant que d’autres anciens champions…

L'Australien, désormais 7e du classement général à 8'06" du Maillot Jaune Bradley Wiggins en est conscient : "Le Tour est fini pour moi" a-t-il déclaré après l'arrivée. "Il faut rester optimiste mais être aussi réaliste. Cette année, qui n'est  pas finie, les choses ne sont pas passées comme je voulais", a ajouté le  coureur. Interrogé sur un éventuel nouveau rôle au service de Tejay van Garderen, 6e du général et porteur du maillot blanc de meilleur jeune, Evans a répondu: "Je  ne sais pas si je suis assez loin au classement pour avoir la liberté de partir  dans une échappée".

Romain Bonte