Tristan Lamasine
L'Antillais Tristan Lamasine | Benoît Jourdain

Lamasine n’ira pas plus loin

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Il n’y a plus de Français à Roland-Garros. Tristan Lamasine, dernier engagé dans le tournoi juniors, a cédé en trois sets sous les coups de boutoir de l’Américain Bjorn Fratangelo (4-6, 6-4, 3-6). La fin d’un beau tournoi pour l’Antillais.

La déception était palpable dans le camp français. « Une défaite n’est jamais agréable pour un joueur et pour un entraîneur, mais bon, cela ne reste qu’un match », a relativisé Laurent Raymond son entraîneur. Après l’Allemand Robin Kern au tour précédent, Tristan Lamasine était opposé à Bjorn Fratangelo, un Américain au prénom suédois, choisi par son père, en hommage au sextuple vainqueur de Roland-Garros, Bjorn Borg. S’il n’a pas encore le talent du Suédois, le jeune américain (17 ans), 1404e joueur mondial, a impressionné. « Il est tombé sur un sacré client qui donnait très peu de points », a reconnu Driss Guerrouj, son entraîneur de 6 à 12 ans au tennis club de Thiais Bel-Epine. Avec un gros service et une solidité sur le revers que pouvait envier le Français, il a gêné Tristan qui n’a jamais pu l’inquiéter durant la première manche. Condamné à courir après le score et en difficulté sur sa mise en jeu, en raison d’un service moins performant qu’à l’accoutumée, il a craqué dans le neuvième jeu. Un break qui offrait sur un plateau la première manche qui n’avait plus qu’à conclure sur son service. Comme un symbole, c’est le Français qui craquait le premier sur le plus échange de la manche. 6-4 pour Fratangelo. « J’ai moins bien servi c’est vrai, j’étais un peu en dessous par rapport aux autres jours», avouait-il à la fin de la rencontre. «Sa deuxième balle lui rapporte beaucoup de points d’habitude, s’il ne l’avait pas, il n’en serait pas là aujourd’hui », confirmait l’entraîneur. Malheureusement, aujourd’hui (vendredi, ndlr), il ne l’avait pas.

La volée ratée

Si son service l’a lâché, son mental lui était toujours là. Le break réalisé d’entrée de seconde manche lui a donné les ailes et la motivation nécessaire pour revenir dans le match. « Il a fait un superbe début de deuxième manche quand son adversaire commençait à réduire son niveau de jeu ». Plutôt discret jusqu’ici, Tristan commençait à donner de la voix, à s’encourager. Avec un double break à 4-1, le public sentait qu’il aurait droit à une troisième manche. Le retour de l’Américain à 4-3 fut une petite frayeur sans conséquence, puisque le natif de Thiais conclut la seconde manche sur un jeu. Même si Laurent Raymond préférait ne pas y voir le tournant de la rencontre, le cinquième jeu très mal négocié par Tristan à alors que le score était déjà de 3-1 pour l’Américain pourra laisser quelques regrets. Deux doubles fautes de l’Américain, un avantage de 0-30 envolé et une balle de débreak gâchée sur une volée facile, la chance de réduire l’écart était passée. Le geste d’énervement du Français illustrait bien sa colère. A 4-1, le public, tout acquis à sa cause, redoublait d’encouragements. Mais l’Américain était trop solide, encore plus dans les points importants là où Lamasine faisait habituellement la différence. « Dans les moments chauds, il a très, très bien joué or, c’est Tristan qui fait ça généralement », confessait Driss. Une surprise pour le compagnon d’entraînement de Tristan Romain Arneodo : « on avait l’impression que l’Américain pouvait craquer sur chaque balle, mais finalement il a bien tenu ». Si bien qu’il l’emporta 6-3 dans la troisième manche.

Et maintenant le Bac

« Je suis déçu d’avoir perdu, mais bon j’ai donné le maximum, je n’ai pas de regrets. Il a été très fort, il a fait son match, bravo à lui », félicitait-il. Peu loquace en conférence de presse, il était toutefois fier des « quatre bons matches disputés » dans le tournoi. Défait sous le regard de sa famille et de sa grand-mère notamment, venue de Martinique, il va pouvoir se consacrer à son Bac ES désormais, une mission difficile lui qui est « un peu fainéant à l’école ». Mais avant, le sport occupait encore son esprit puisqu’une fois la conférence de presse et le contrôle anti-dopage expédiés, il partait soutenir Federer pour sa demi-finale contre Djokovic, « sans oublier l’équipe de France de football ce soir contre la Biélorussie ». Deux victoires feraient-elles oublier la défaite ? « Ca va la pilule est en train de passer » a-t-il sourit avant de s’éclipser…