Camille Lacourt
Le dossiste Camille Lacourt | DR

Lacourt en reconquête

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Champion du monde en titre du 100m dos, vice-champion du monde en titre du 50m dos, Camille Lacourt a traversé les deux dernières saisons en retrait. Sa 4e place à Londres, sur cette distance, la montée en puissance de Jérémy Stravius, co-champion du monde avec lui, la naissance de sa fille, tout a contribué à mettre l'un des "beaux gosses" de la natation tricolore dans l'ombre.

"La revanche, c'est malsain." D'une phrase, Camille Lacourt rejette tout sentiment négatif à l'abord de ces Mondiaux de Barcelone. Double champion d'Europe (50 et 100m dos) à Budapest en 2010, champion du monde du 100m dos et vice-champion du monde du 50m dos en 2011 à Shanghaï, il représentait alors cette nouvelle vague tricolore, cette jeunesse triomphante, celle qui allait succéder aux Bernard, Bousquet et autres cadres de la France depuis quelques années. Mais rien de cela ne s'est passé. La vague s'est aplatie, une autre, incarnée par Agnel et Muffat, a déferlé, emportant presque tout sur son passage. "Il y a deux ans, je ne savais pas ce qui m'arrivait", concède Camille Lacourt. L'an dernier, à Londres, il avait fini 4e de la finale du 100m dos. Une performance plus qu'honorable, mais passée totalement inaperçue face aux 7 médailles françaises, dont 5 titres olympiques.

Tombé de son piédestal, moins en vue sur et en-dehors des bassins, Camille Lacourt a remis le bleu de chauffe. "J'ai doublé les heures d'entraînement, j'ai doublé les kilomètres. Je me sens plus fort", résume-t-il. Tous ces efforts le placent ainsi en situation d'entretenir une ambition: "La revanche, c'est quelque chose de négatif, alors que je suis dans une démarche positive, celle de me battre. J'ai envie de retrouver le podium, le titre."

Encore en concurrence avec Stravius

Comme en 2011, il devra d'abord livrer bataille dans son propre camp, face à un Jérémy Stravius qui a pris une toute autre dimension cette année, en étant le boulimique des qualifications aux championnats de France à Rennes (50 et 100m dos, 100m papillon, 200m 4 nages plus les relais). Les rôles sont inversés, Camille Lacourt se trouve dans l'ombre mais il ne s'avoue pas vaincu, malgré ses deux défaites contre l'Amiénois à Rennes. "Jérémy a fait une meilleure préparation que moi au niveau des chronos. Mais je suis en forme et cela reste ouvert. Il fait des choses que je suis incapable d'accomplir. Mais moi aussi. Je pense nager plus en rythme, avoir plus de vitesse que lui."

Désormais papa, sa vie d'homme a également changé, mais il n'y puisera pas une motivation supplémentaire. "Je ne nage pas pour impressionner ma fille. La performance est très égoïste". A Barcelone, dans une salle énorme qui lui "rappelle des bons et de moins bons souvenirs", le nageur de 2m a hâte que cela commence. "Le public est proche du bassin, c'est cool. Il me tarde de voir la salle remplie." Preuve que sa confiance est de retour, Camille Lacourt assène avec le sourire: "Je me suis entraîné pour ne pas jouer la gagne à la touche." A Londres, l'an dernier, la touche l'avait éjecté du podium, alors qu'il était encore deuxième à quelques mètres de l'arrivée.

Vidéo: Lacourt dos à dos avec Stravius