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Cadel Evans soupire | AFP

La Madeleine reste un mauvais souvenir pour Evans

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Depuis le contre-la-montre, Cadel Evans était à la recherche du temps perdu sur Bradley Wiggins. Avec près de deux minutes de retard sur le Britannique avant cette 11e étape, l’Australien avait tout intérêt à attaquer ce jeudi, ce qu’il fit, mais il y a des endroits qui ne portent pas vraiment bonheur à certains coureurs.

Son dernier souvenir du Col de la Madeleine remonte à 2010, le 14 juillet lors de la 9e étape. Ce jour-là, Cadel Evans avait cédé son maillot jaune à Andy Schleck. L’Australien avait été distancé dans les trois derniers kilomètres par le groupe emmené par le Luxembourgeois, futur vainqueur de cette édition.

Deux ans plus tard, l’Australien retrouvait donc le col hors catégorie avec peut-être en tête ce triste souvenir. Cette fois, Evans semblait vouloir vaincre le signe indien et n’hésitait pas à se mettre en danseuse dans le groupe du maillot jaune bien attaché sur le dos de Wiggins. Mais une fois passé ce col, le vainqueur de la dernière édition a commencé à donner des signes de fatigue, ce qui n’a pas échappé à la locomotive Sky. C’est sans doute pour cette raison que la garde rapprochée de Wiggins n’a pas bougé lorsqu’il a porté seul l’estocade au kilomètre 81. 

Soutenu par Moinard et surtout le jeune Van Garderen, l’Australien n’a pas tardé à faiblir. Et lorsque Vinokourov le pousse gentiment à 60 kilomètres de l’arrivée, on sent bien que le coureur de 35 ans n’a plus de jus. Repris par le groupe du maillot jaune, Evans sera même lâché à 5,4 km. Malgré les encouragements de Tejay van Garderen, Evans fait signe qu’il ne peut pas suivre. A ce moment précis, il sait sans doute qu’il a perdu très gros. Lorsqu’il franchit la ligne d’arrivée à La Toussuire, Evans a cédé 2’26’’à Wiggins, qui compte désormais 3’19’’ d’avance sur le tenant du titre… Pire encore, Evans passe de la deuxième à la quatrième place, derrière Froome et Nibali.

Coéquipier d’Evans, Amaël Moinard avait indiqué à la veille de cette 11e étape que son équipe voulait rester patiente. « Il ne faut pas oublier que la dernière semaine est souvent celle des surprises, des hommes frais et des gros écarts. Tout va bien, on ne bouge pas de notre tactique », avait-il déclaré. La défaillance de son leader, incapable de suivre van Garderen, risque de changer les plans du manager de la BMC, John Lelangue, et l’on se dit que s’il n’a pas voulu suivre Nibali dans l’attaque de la veille, c’est peut-être tout simplement parce qu’il n’en avait pas les moyens.

Romain Bonte