montage Bruno Genevois (AFLD) et Pat McQuaid (UCI)
Le président de l'AFLD Bruno Genevois avec le président de l'UCI Pat McQuaid | AFP

La lutte antidopage s'organise

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Ca a pris du temps mais l'Agence Française pour la Luttre contre le Dopage (AFLD) et l'Union Cycliste Internationale (UCI) sont finalement parvenus à un accord. Contrairement à 2010, l'AFLD sera l'unique prestataires des contrôles et des analyses antidopage sur le Tour de France 2011. "Il me semble capital qu'il y ait unité de vue sur une compétition comme celle-là, a estimé Bruno Genevois, président de l'AFLD. L'efficacité est à ce prix".

Comme tous les ans à l'approche du Tour de France, la question des contrôles antidopage refait surface. Alors qu'en 2010, l'UCI et l'AFLD n'avaient pas réussi à travailler conjointement en raison de désaccords, le Tour 2011 sera celui de la réconciliation entre les deux entités. Un rapprochement que beaucoup veulent attribuer à Bruno Genevois, nommé en octobre dernier à la tête de l'AFLD en remplacement de Pierre Bordry. Ces dernières années, Bordry avait revendiqué le droit de réaliser des contrôles antidopages indépendamment de l’UCI, et avait régulièrement accuser l'organisme dirigé par PatMcQuaid de favoriser certaines équipes. De quoi entretenir des relations tumultueuses !

Aujourd'hui, le récent apaisement a permis de trouver un accord. "Dès la reprise de nos échanges avec l'UCI, j'ai senti un désir réel de collaborer, explique Bruno Genevois dans les colonnes de L'Equipe. De plus, le professionnalisme des responsables de cette fédération internationale m'a paru évident." Et d'ajouter : "Lorsqu'il s'agit de gérer des contrôles sur des épreuves telles que le Giro, la Vuelta et le Tour, rien ne s'improvise. Nous avons donc signé des conventions de collaboration sur le dernier Paris-Nice et le Dauphiné, et ces décisions se sont révélées très constructives. Depuis nous avançons encore. "

Suite à un accord signé le 20 juin dernier, l'AFLD et l'UCI ont donc décidé de suivre une procédure conjointe. Concrètement, les deux instances fourniront chacune des médecins préleveurs et échangeront leurs informations en direct. Environ 600 prélèvement, majoritairement inopinés, sont ainsi au programme. Ils seront ensuite analysés au laboratoire de Chatenay-Malabry. Preuve se sa bonne volonté, l'UCI a même fourni à l'AFLD les informations relatives à la localisation des coureurs avant le Tour. Du coup, l'agence de lutte contre le dopage a pu pratiquer une soixantaine de contrôles sur le lieux d'entraînements des coureurs.

Si entre l'AFLD et l'UCI, l'entente est désormais cordiale, les relations avec l'organisateur de la course, Amaury Sport Organisation (ASO), pourraient, elles, connaître quelques crispations. La raison ? ASO ne souhaite pas régler les factures des prélèvements pratiqués les semaines précédentes le départ du Tour. "La contribution de l'organisateur à la campagne de tests avant l'épreuve doit être poursuivie parce qu'elle participe aux bonnes pratiques dans le cadre de la lutte antidopage", ont averti les représentants de l'Agence Mondiale Antidopage.

Isabelle Trancoën