Pat McQuaid président UCI portrait 2009
Pat McQuaid, président de l'Union cycliste internationale | AFP - Fabrice Coffrini

La guerre s'intensifie entre AFLD et UCI

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L'approche du Tour de France ne fait qu'attiser les braises qui brûlent depuis un an entre l'Union cycliste internationale et l'Agence française de lutte contre le dopage. Ecartée des contrôles lors du prochain Tour de France, l'AFLD a demandé à pouvoir en faire à l'Agence mondiale antidopage, au lendemain d'une sortie marquée du président de l'UCI, Pat McQuaid, à l'encontre du président de l'agence française: "Il est temps que M. Bordry la ferme". Ambiance...

Cela fait un an que l'UCI et l'AFLD se font la guerre. Entre communiqués, rapports et déclarations acerbes, Pat McQuaid, président de l'Union cycliste internationale, et Pierre Bordry, président de l'Agence française de lutte contre le dopage, les relations sont plus que tendues. "Il est temps que M. Bordry la ferme", a lancé le premier après que le second ait déclaré à la télévision allemande que les contrôles antidopage réalisés par l'UCI étaient trop prévisibles. "Bordry porte atteinte au cyclisme. Il veut être le centre de l'attention. Il veut être le personnage principal". Des propos assassins alors que le président de l'AFLD avait déclaré, après le Tour de France 2009, que les contrôleurs de l'UCI avaient été laxistes notamment avec l'équipe Astana de Lance Armstrong et Alberto Contador. C'est à partir de là que la guerre a été ouvertement déclarée entre les deux institutions, après une trêve de quelques mois pour une collaboration durant le Tour. Depuis, chacun se rejette les accusations d'incompétence.

Mais l'AFLD n'est pas décidée à lâcher le Tour de France 2010. Après avoir demandé à l'UCI à pouvoir contrôler certains coureurs, ce qui lui a été refusé, elle a cette fois fait la même demande auprès de l'Agence mondiale antidopage. La responsabilité des contrôles sur le Tour de France incombe à la fédération internationale selon le Code mondial antidopage qui prévoit cependant qu'une agence nationale antidopage peut demander à la fédération internationale de pouvoir faire des tests additionnels. En cas de refus de celle-ci, elle peut demander à l'AMA de trancher, jusqu'à 21 jours avant le début de la compétition. "Nous avons fait une demande pour un nombre donné de contrôles et donnant les raisons pour lesquelles nous demandons à faire ces contrôles", a indiqué Pierre Bordry. "Le vrai risque est que les contrôles ne soient pas crédibles. Moi, je m'interroge sur le fait qu'une fédération internationale utilise les voies publiques françaises qui sont privatisées, utilise des moyens divers et variés du territoire et qu'on n'est pas d'informations en contrepartie sur la politique antidopage ou une possibilité d'action".

Si un refus vient encore sanctionner cette demande, l'AFLD se repliera sur les contrôles inopinés avant le départ, ce qu'elle est en droit de faire comme cela a été réalisé avec Lance Armstrong dernièrement. Du côté de l'UCI, on annonce un programme antidopage sans précédent en 2010.