portrait Johan Museeuw TDF 2010
Johan Museeuw ou le Lion des Flandres | Isabelle Trancoen

La Belgique, terre de vélo

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Après les Pays-Bas, place à la Belgique ! Pendant trois jours, le peloton sillonne les routes du plat pays, d’Anvers à Spa en passant par Bruxelles et Wanze. Et comme à l’accoutumée, c’est un public chaleureux, enthousiaste et passionné qui va acclamer l’ensemble des coureurs de cette 97e édition du Tour de France.

Il est des pays dont le pouls semble battre au rythme des courses cyclistes et la Belgique en est l’exemple le plus flagrant. Le passage du Tour va une fois de plus prouver que les Belges sont de véritables aficionados de ce sport. A cette passion, Eddy Merckx, dont on fêtera les 65 ans lors de l’arrivée à Bruxelles, n’est pas étranger. Cet immense champion, vainqueur notamment de cinq Tour de France (1969, 1970, 1971, 1972, 1974), de cinq Giro (1968, 1970, 1972, 1973, 1974) et d’une Vuelta (1973), a propulsé le cyclisme belge sous les projecteurs. "Ca a vraiment commencé avec Merckx, confirme l’ancien champion du monde belge Johan Museeuw. C’est comme ça, les gens aiment les grands champions". Et côté grands champions, la Belgique a été servie. Même si leurs patronymes ne disent peut-être plus grand-chose au grand public, Odile Defraye, Philippe Thys, Firmin Lambot, Léon Scieur, Lucien Buysse et Maurice Dewaele ont marqué les années 1910-1920 en remportant pas moins de 9 des 16 éditions organisées lors de ces deux décennies. Après cette période faste, le cyclisme belge a dû patienter quarante ans avant de refaire, grâce à Eddy Merckx, la une des journaux.

Aujourd’hui, la Belgique a trouvé son champion en la personne de Tom Boonen. Même s’il ne participe pas à cette nouvelle édition de la Grande Boucle en raison d’une blessure au genou contractée sur le Tour de Suisse, Boonen est bien présent. Aux côté de ses coéquipiers et dans toutes les discussions. Tous regrettent son absence, à commencer par Johan Museeuw : "Ca va être difficile pour les coureurs belges puisque Boonen n’est pas là. C’est un immense sprinteur qui va manquer, spécialement lors de l’étape Rotterdam-Bruxelles où l’arrivée va sans doute se faire au sprint". Celui que l'on surnommait le Lion des Flandres veut toutefois croire en une victoire d’étape d’un coureur belge, notamment sur le tracé Bruxelles-Spa. "La deuxième étape passe près de chez Maxime Monfort (HTC-Columbia). Je pense qu'il a les moyens de faire un résultat".

Mais au-delà de la compétition, les Belges sont, au quotidien, des fous de vélo. "Nous sommes nés avec un vélo ou avec un ballon, c’est comme ça chez nous, c’est notre manière de vivre", explique tout simplement Museeuw. Il suffit de voir le nombre de personnes à vélo que l’on croise sur les centaines de kilomètres de pistes cyclables qui cadrillent le pays. Tous les ans, les Belges se pressent également par milliers pour assister aux nombreuses classiques qui parcourent le pays (Tour des Flandres, Gant-Wevelgem, Paris-Roubaix, la Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège et Paris-Bruxelles). En avril dernier, ils étaient plus d’un million sur le bord des routes pour assister à la victoire de Fabian Cancellara sur le Tour des Flandres. Pour le Tour de France, le public belge ne déroge pas à la règle et ce pour le plus grand bonheur des deux équipes (Quick Step, Omega Pharma-Lotto) et quatorze coureurs belges engagés. "C’est important pour eux de courir là-bas", confirme Sylvain Chavanel, leader de la Quick Step. La Quick Step où, comme dans toute la Belgique, l’excitation est palpable.

Isabelle Trancoën