Christopher Froome Sky
Christopher Froome (Sky) | JOEL SAGET / AFP

L'étrange attaque de Froome

Publié le , modifié le

Christopher Froome, le grand favori de ce Tour de France, a surpris tout son monde en portant une attaque dans la dernière difficulté du jour. Vouée à l'échec, sa tentative laisse perplexe. Le Britannique a-t-il été présomptueux ? Ou bien voulait-il simplement avertir ses adversaires directs ?

Souvent comparé à Bradley Wiggins, son coéquipier chez Sky et tenant du titre sur le Tour, Chris Froome a tenu à se distinguer de son compatriote britannique dès la seconde étape d'un Tour qu'on lui dit promis. Alors que son aîné se révélait souvent prudent, économe de ses efforts, voire calculateur, Froome s'est montré beaucoup plus imprévisible en attaquant à la première petite bosse venue ! Si beaucoup pensaient que le col de Salario, classé en 3e catégorie, pouvait créer quelques différences, rares devaient être ceux qui avaient prévu une offensive du leader de la Sky. C'est pourtant ce qui s'est passé quand le coureur d'origine kenyane s'est dressé sur ses pédales et a brusquement accéléré pour partir en contre derrière Flecha et Gautier, partis dès les premiers lacets de la montée du col. Une manoeuvre pour le moins osée quand on sait que cette ascension n'était pas assez sélective pour véritablement creuser des différences et qu'il restait ensuite dix kilomètres sur du plat jusqu'à l'arrivée...

Une tactique floue

Pas inconscient, Froome a d'ailleurs coupé son effort au bas de la descente mais son démarrage a prouvé qu'il avait incontestablement les bonnes jambes puisque ni Contador ni Evans, entre autres, n'ont pu prendre sa roue immédiatement. L'hypothèse la plus probable pour justifier ce coup de semonce semble résider dans la confiance en soi affichée par l'Anglais. Ce dernier voulait certainement marquer les esprits. C'est chose faite mais cela ressemble aussi à un coup d'épée dans l'eau. Surtout, ce geste, que certains rivaux ne manqueront pas de considérer comme présomptueux, pourrait se retourner contre son auteur dans le futur, quand les pentes s'élèveront vraiment et que les coalitions se formeront... Chris Froome, lui, n'invoquait même pas son attaque à l'arrivée, trop heureux d'avoir passé une journée sans encombre après être tombé dès la départ samedi. "Si c'est ma seule chute dans le Tour, je signe ! Il y a  eu des chutes violentes dans le final. J'ai vu des gars tomber tout autour mais j'ai réussi à ma frayer un passage et partir en chasse pour rentrer dans le  final." Une drôle d'explication pour une drôle de stratégie. 

Vidéo: l'attaque de Froome

Voir la video

Julien Lamotte