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Première victoire d'Andy Schleck sur le Tour de France, pour un succès de prestige à Morzine-Avoriaz | AFP - Lionel Bonaventure

L'étape pour Schleck, Evans en jaune

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La 8e étape du Tour devait permettre d'estimer plus précisément les forces en présence. Elle a tenu son rôle. Sous le soleil de plomb de Morzine, Andy Schleck s'est imposé devant Samuel Sanchez (Euskaltel). Au classement général, Cadel Evans s'empare du maillot jaune. Lance Armstrong, grand perdant du jour a concédé plus de 11 minutes à ses principaux adversaires. Ses rêves d'une huitième victoire finale s'envolent.

Armstrong : " Le Tour est fini"

Lance Armstrong ne disputera pas la victoire finale du Tour. C'est désormais une certitude après une journée calamiteuse. Deux chutes et 11'45 de concédées : le Texan laisse le champ libre à Alberto Contador, Andy Schleck vainqueur ce dimanche à Morzine-Avoriaz et Cadel Evans, nouveau maillot jaune aux dépens de Sylvain Chavanel. L'Australien, récent champion du monde, décroche ainsi sa deuxième tunique dorée sur le Tour de France après son expérience de 2008.

Andy Schleck, déjà maillot blanc du Tour obtient quant à lui la première victoire de sa carrière sur le Tour en devançant au sprint Samuel Sanchez (Euskaltel-Euskadi) au terme des 189 kilomètres. Cerise sur le gâteau, il s'est payé le luxe de dominer de 10 secondes Alberto Contador, grand favori de l'épreuve. Le tenant du titre est apparu un peu "juste" dans l'arrivée sur Avoriaz. Une étape animée, riche en rebondissements, qui chamboule l'ensemble du classement général. Cadel Evans devance désormais le cadet des frères Schleck de 10 secondes et Alberto Contador de 1'01. D'autres coureurs se sont également placés pour la lutte au podium : Robert Gesink, tout comme Denis Menchov, ou Ivan Basso. Anthony Charteau, premier français, termine à 2'03.

L'échappée du jour a été initiée par Amaël Moinard (Cofidis). Un groupe de sept coureurs comptant à son bord, Benoit Vaugrenard (FDJ), Christophe Riblon (AG2R), Mario Aerts (Lotto-Omega), Imanol Erviti (Caisse d'Epargne), Sebastien Minard (Cofidis) et Koos Moerenhout (Rabobank). Les sept hommes de tête ont compté jusqu'à 7' d'avance à 110 km de l'arrivée. Malheureusement leur fuite a été gênée par la présence de Christophe Riblon, simplement à 8'5 au classement général et potentielle menace pour Sylvain Chavanel. Suivant la tradition, le peloton a gardé à distance respectable les hommes de tête avant de fondre sur eux lors du col de La Ramaz. Le groupe échappé se disloquant au fur et à mesure, il ne restait bientôt plus qu'Amaël Moinard, révélation du Tour de France 2008 (15e), et Mario Aerts en tête à 9 km de l'arrivée. Mais derrière eux le train de la Astana s'est mis en marche pour les croquer.

Dans les deux derniers kilomètres, le Tchèque Roman Kreuziger a dynamité le groupe de tête, bien contré par Alberto Contador. Un à un les coureurs ont cédé sous cette nouvelle impulsion. Visiblement plus fort que la concurrence, Andy Schleck y est allé de sa petite "mine" dans le final, Samuel Sanchez (Euskaltel Euskadi) dans sa roue. Les deux hommes se sont disputés la victoire d'étape, finalement arrachée par le Luxembourgeois.

Astana au-dessus du lot

La 8e étape du Tour a été riche d'enseignements. Astana, l'équipe kazakh d'Alberto Contador, tenant du titre est apparue comme la formation la plus solide. Le champion espagnol peut notamment compter sur son compatriote, Daniel Navarro, formidable meneur dans l'ultime ascension. A lui seul, il a assuré un tempo terrible pour effeuiller le groupe de tête. La Saxo Bank d'Andy Schleck a semblé nettement en retrait, certainement fatiguée de la défense du maillot jaune pour Fabian Cancellara, et que dire de la Radioshak qui a coulé en même temps que son chef de file texan. Cependant, individuellement, les favoris ont répondu présent. Alberto Contador, Ivan Basso, Andy Schleck et Cadel Evans n'ont rien lâché. Seul l'Australien paraissait plus limité dans les derniers hectomètres vers l'arrivée.

Grand perdant du jour, jouant de malchance, Lance Armstrong ne pouvait cacher sa désillusion à l'arrivée : "Un très mauvais jour. Au début ça allait et puis, il y a eu un rond-point avant la montée (vers la Ramaz) et j'ai heurté le sol assez fort. C'est difficile de se remettre. C'est allé en s'empirant. Je n'ai pas eu de chance… mais je pourrai en avoir plus." Cependant, le champion américain ne compte pas se retirer de l'épreuve : "Oui, mon Tour est fini mais je reste quand même." Troisième de l'édition 2009, Lance Armstrong doit tirer un trait sur la victoire finale, lui qui ambitionnait un dernier succès sur la Grande Boucle pour son ultime participation. Alain Gallopin, directeur sportif de la Radioshak l'avait annoncé avant le début de l'étape qu'il attendrait l'arrivée de l'étape pour décider de la stratégie à adopter pour la suite de la compétition. Au vu de l'étape du jour, Levi Leipheimer semble être le nouveau leader naturel de l'équipe.

Côté français, Sylvain Chavanel a semblé payer ses efforts consentis lors de la première semaine et a complètement lâché dès l'ascension de La Ramaz. Difficile de le lui reprocher après les deux formidables victoires en solitaire qu'il a offert au contingent tricolore.

Demain, les coureurs pourront profiter d'une étape de repos pour laisser souffler les organismes les plus meurtris. Cadel Evans pourra savourer son maillot une journée de plus.

Les déclarations :

Sylvain Chavanel (FRA/Quick Step), ancien leader: "Je m'attendais un peu à ce résultat. A chaque fois, au lendemain des grands efforts que je fais, je suis toujours vidé. Je n'avais pas de bonnes jambes. Je n'ai pas insisté, j'ai roulé en respectant le maillot quand même. C'est dommage parce que Morzine n'est pas un col très pentu. Maintenant, je pense à ce qui va arriver encore. Je veux essayer de me glisser dans les échappées. Pourquoi pas viser une troisième victoire d'étape ? c'est mon objectif en tout cas."

Bradley Wiggins (GBR/Sky), 19e de l'étape: "Je n'ai aucun mal à admettre que je n'étais pas assez fort. J'ai fait de mon mieux, c'est tout ce que je pouvais faire dans cette situation. Arrivé à un point, je ne pouvais me permettre de rester dans ce groupe."