Martina Hingis en larmes
Martina Hingis en larmes | AFP

L comme Larmes

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Du temps, du travail, de la sueur et des larmes. La surface ocre de la Porte d’Auteuil, l’une des plus exigeantes du circuit, a fait fondre les plus grands champions. Gustavo Kuerten, Yannick Noah, Martina Hingis ou encore Andre Agassi ont tous craqué face à l’émotion de leurs victoires ou défaites.

Andre Agassi (1999)

Crâne rasé et barbe épaisse, les larmes d’Andre Agassi après sa victoire sur le géant Andreï Medvedev 1-6 2-6 6-4 6-3 6-4 étaient tout aussi surprenantes qu’émouvantes. Loin de son image de caïd, le "Kid de Las Vegas" communie avec le public. Revenu du diable vauvert après deux premiers sets à oublier face à un Medvedev marchant sur l’eau cette année là, l’Américain a également conjuré le sort, huit ans après avoir perdu en cinq sets en terre parisienne face à Jim Courrier. Des larmes qui venaient confirmer un retour incroyable au premier plan et le début d’une seconde carrière, quatre ans après son dernier titre à l’Open d’Australie 1995.

Yannick Noah (1983)

Les larmes les plus mémorables. Les plus contagieuses également, tant l’émotion a traversé le stade sitôt la balle de match jouée. En 1983, Yannick Noah n’a que 23 ans lorsqu’il parvient en finale du Grand Chelem parisien. Opposé au tenant du titre, le Suédois Mats Wilander, il s’impose en trois sets 6/2, 7/5, 7/6. Un service gagnant suffit à conclure le match. Noah s’écroule sur le court, les genoux au sol. Les dreadlocks « au vent » il a tout juste le temps d’enjamber le filet et de sauter dans les bras de son père. Sans successeur depuis 28 ans, ses pleurs sont restés dans la légende de Roland.

Martina Hingis (1999)

Loin du bonheur affiché par Andre Agassi la même année, Martina Hingis a terminé sa finale de 1999 face à Steffi Graf par une crise de sanglots. La Suissesse, sifflée par tout le public pour avoir contesté une balle litigieuse et avoir terminé le match en servant à la cuillère s’absente du court au terme de la rencontre. A son retour, elle ne parvient pas à contenir ses pleurs, dans les bras de sa mère-entraîneur. Quelques mots en français lors de son discours après la remise des coupes lui permettent de se racheter auprès des spectateurs. Pourtant, cette défaite marque le début du déclin de la "Swiss-Miss". Jamais plus elle ne s’imposera en Gand Chelem durant sa carrière, malgré quatre autres finales.

Gustavo Kuerten (2008)

Vainqueur en 1997, 2000 et 2001 le Brésilien a marqué le tournoi de son empreinte. Le cœur qu’il a dessiné sur le court suite à sa victoire en 2001, paroxysme de sa symbiose avec le public parisien est resté dans les mémoires. Lors de sa première victoire, il est inconnu du public. Sorti des qualifications, avec son look détonant aux couleurs du Brésil, il élimine trois anciens vainqueurs du tournoi pour s’adjuger son premier Grand Chelem, sa première victoire en tournoi ! 11 ans plus tard, le grand "Guga" n’est plus. Des pépins récurrents à la hanche l’ont empêché de maintenir son niveau de jeu en fin de carrière. Éliminé dès le premier tour par Paul-Henri Mathieu, c’est les yeux embués de larmes que le chouchou de la Porte d’Auteuil soulèvera le trophée rendu en son hommage.

Mary Pierce (2005)

Cinq ans après son premier succès au French Open, Mary Pierce se retrouve une nouvelle fois à une victoire du bonheur. Avec moins de réussite cette fois. Passée à côté de son match, Mary (prononcer "Mayry") elle se fait battre 6-1, 6-1 par la Belge Justine Henin. Luttant contre ses pleurs, elle offre un discours d’après match très émouvant au micro du stade. Elle reste à ce jour la dernière française à s’être imposé lors de la levée du Grand Chelem sur terre, en 2000.