Riner Balkany Londres 2012
Teddy Riner accompagné par Patrick Balkany après sa médaille d'or aux JO de Londres | EMMANUEL DUNAND / AFP

Teddy Riner fait sauter la banque à Levallois

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Il n'y a rien d'illégal mais la pilule est difficile à avaler pour les habitants de Levallois. Licencié au LSC, le judoka Teddy Riner bénéficie d'un salaire exorbitant financé essentiellement par les contribuables. Dans un rapport de la Chambre régionale des comptes qui sera publié lundi et révélé par France Bleu, la rémunération du plus grand judoka de l'histoire avoisine les 30.000 euros par mois. En 2013, son salaire annuel s'est élevé à 429.293 euros brut.

24.000 euros net mensuel, un appartement, une voiture, la taxe d'habitation payée, le Levallois Sporting Club est une vraie mine d'or pour Teddy Riner. Et on ne compte pas les primes indexées sur ses performances. Jusque-là rien n'anormal ni d'illégal sauf qu'il s'agit d'utilisation de fonds publics. Présent à quelques rares moments dans l'année au LSC, le judoka est surtout payé pour son rôle d'ambassadeur au pays de Patrick Balkany. Ses entraînements se font à l'INSEP. Ses performances sont elles principalement réalisées sous le kimono de l'équipe de France. Quel est alors l'intérêt du club omnisport (16.000 adhérents, ndlr), subventionné à hauteur de 6,1 millions d'euros par la ville de Levallois, de payer aussi généreusement Riner alors que les fins de mois sont parfois difficiles à boucler ?

"Présent sur les feuilles de paye"

Le LSC et la ville peinent à se justifier. La présence de Riner parmi les licenciés était censée attirer des partenaires privés pour financer la section professionnelle.Selon ce rapport révélé par France Bleu, le sponsoring ne couvre que 10 % du budget des sections de haut niveau. En interne, quelques voix commencent à s'élever. Interrogé par France Bleu, l'ancien président du LSC et ex-administrateur Jean Michel Hautefort,dénonce un niveau de salaire "indécent et insupportable". Selon lui, Teddy Riner est surtout "présent sur les feuilles de paie". En revanche, on ne le voit que très rarement au club. Le président actuel Bertrand Percie n'a lui aucun problème avec cette rémunération. "Si Teddy Riner n'était pas à Levallois, il serait en Russie aujourd'hui. Heureusement qu'il y a des clubs comme nous pour fabriquer des champions du monde", se justifie-t-il auprès de France Bleu.