La quinte mondiale de Riner

La quinte mondiale de Riner

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Premier judoka cinq fois champion du monde (quatre titres chez les lourds, un en toutes catégories), Teddy Riner est définitivement entré dans la légende, à seulement 22 ans, en devenant le premier judoka quintuple champion du monde. Lors des championnats du monde à Paris, il a écrasé l'adversité par sa supériorité technique, physique et mentale. Le colosse guadeloupéen est désormais lancé dans la quête de l’or olympique.

2,02 m de haut, 130kg de muscles, 11 minutes et 10 secondes sur les tatamis en six combats. Autant de chiffres qui résument le Guadeloupéen. Rapide, véloce, puissant, endurant, Riner est un poids lourd atypique. Son physique impressionnant ne le prive pas d'explosivité sur les tatamis, allié à une technique qu'il continue d'améliorer au fil des années. Le jeune Français est doté d'une étonnante allonge de bras qui lui permet de mieux saisir son adversaire, avec, déjà, un éventail de techniques et surtout une qualité de jeu de jambes à faire pâlir d'envie les athlètes de la catégorie.

Dans une journée sans accroc, il n’a connu qu’une contrariété lorsque son temps de combat en finale contre Andreas Toelzer a dépassé les trois minutes. Un léger contretemps qui ne l’a pas empêché d’envoyer l'Allemand au tapis pour un sixième ippon consécutif. Si la manière a été là, avec la célérité a frustré son public : 33 secondes de combat face au Hongrois Barna Bor en quart de finale et 44 secondes au détriment du Sud-Coréen Kim Sung-min en demi. Vite fait, bien fait. "Le travail a payé. Je vais donc continuer à travailler avec mes entraîneurs et surtout ne rien changer", avait-t-il conclu après cette belle journée. La vraie frustration est ne pas avoir affronté les Japonais, Daiki Kamikawa, qui l'avait empêché de remporter plus tôt sa cinquième couronne en s'imposant en finale des toutes catégories, l'an dernier à Tokyo, au terme d'une décision contestée des arbitres, et Keiji Suzuki.

A 22 ans, il écrit à l’or une carrière déjà hors-norme. Il est encore junior lors de son premier titre européen chez les seniors, puis planétaire à Rio de Janeiro au nez et à la barbe de combattants bien plus expérimentés, en 2007. Un exploit qui ne l'empêche pas d'aller ensuite chercher un an plus tard le titre mondial chez les juniors, avant de tirer sa révérence dans cette catégorie d'âge. Excepté un faux pas au JO de 2008 (bronze) ou en finale des toutes catégories l'an passé, il collectionne les breloques mondiales en plus de 100 kilos (2007, 2009, 2010 et 2011) et un en toutes catégories (2008). "Il me reste un défi avec les Jeux alors il faut que je travaille d'arrache-pied", a-t-il prévenu. Une lacune qu'il devrait logiquement combler à Londres en 2012.

Mathieu Baratas