Lucie Décosse
Lucie Décosse lors de son dernier Tournoi de Paris | AFP - JACQUES DEMARTHON

Décosse met en doute son avenir sur les tatamis

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Combattante absolue, Lucie Décosse a perdu sa gnac et a fondu en larmes après avoir disputé son dernier Tournoi de Paris, en s'inclinant en quarts de finale: "Si on m'interroge juste après mon match perdu, je dis que j'arrête le judo. Je ne sais pas, je me pose des questions. C'est vrai que je n'étais pas entraînée mais ça m'est déjà arrivé. Je me pose des questions. Est-ce que dans six mois, entraînée, j'y arriverai quand même ?"

- Qu'avez-vous envie de dire, là maintenant ?
Lucie Décosse:
"C'était mon dernier tournoi ici, j'en suis sûre et certaine, il faut  l'accepter. C'est pour ça que c'est dur. C'était vraiment mon dernier. D'avoir  fait 3e ne me donne vraiment pas envie de revenir l'année prochaine. J'ai eu  une journée difficile, j'ai dû me battre contre moi-même. J'ai le sentiment que  je me suis laissée aller pour me convaincre que je voulais arrêter. J'ai tout  fait pour en être sûre. J'ai tout fait pour que je me dise: 't'as vraiment  envie d'arrêter'".
   
- Cette journée peut-elle changer la suite de votre dernière saison ?
L.D.:
"Je n'espère pas parce que si on m'interroge juste après mon match  perdu, je dis que j'arrête le judo. Je ne sais pas, je me pose des questions.  C'est vrai que je n'étais pas entraînée mais ça m'est déjà arrivé. Je me pose  des questions. Est-ce que dans six mois, entraînée, j'y arriverai quand même ?"

"Le problème, c'est là haut. C'est pas physique"

- Pourriez-vous ne pas aller aux Mondiaux-2013 ?
L.D.: "Oui. C'est sûr que c'est à chaud, je peux encore réfléchir mais au vu  des sensations que j'ai eues aujourd'hui, j'ai pas envie de me pointer aux Championnats du monde comme ça. Le problème c'est là-haut. C'est pas physique".

   
- La nuit dernière a-t-elle été difficile ?
L.D.:
"Non, j'ai bien dormi. Je ne me suis pas réveillée ce matin d'ailleurs !  C'est Larbi (Benboudaoud, son entraîneur) qui m'a appelée à 7h00, je n'avais  pas mis de réveil. Je me suis réveillée en retard et puis tout s'est mal  enchaîné. J'aurais voulu être forte jusqu'au bout pour dire que je suis une  vraie championne. Mais voilà, je n'aurai pas réussi".
   
- Mais ce n'est pourtant pas la première fois que vivez ce genre de  situation ?
L.D.:
"Oui, mais derrière j'ai toujours réussi. Je suis en train de réaliser  que dans ma tête il y a vraiment un après-Jeux. Avant, à chaque combat, je  voulais me prouver quelque chose, prouver quelque chose aux autres filles. Là,  je me suis dit: 't'arrives sur la compét, faut que tu te dises que t'es  championne olympique et que personne va te toucher!'. Mais je n'y suis pas  arrivée. J'avais juste envie de me dire: 'ça va, j'ai tout gagné'".

Une coupure d'un mois pour faire le point​

- Alors, le moment d'arrêter n'est-il pas venu ?
L.D.:
"J'y pense. Maintenant c'est difficile. Personne ne pense que je peux  arrêter. Le public n'a même pas compris que c'était mon dernier tournoi de  Paris alors que ça fait trois semaines que je n'arrête pas de leur dire ! Je  disais au revoir aux gens de la main, mais eux même pas ! C'est tellement  normal de me voir faire du judo".
   
- Qu'allez vous faire demain ?
L.D.:
"Je vais couper pendant un mois. Ca me laisse le temps de faire le point  sur beaucoup de choses. Après je vais revenir. Et si j'ai envie de me venger,  d'aller aux Championnats du monde pour montrer autre chose et aller chercher un  titre, j'irai. Et quand je reprendrai l'entraînement, si je sens que c'est dur,  je réfléchirai".

AFP