Riner
Teddy Riner. | YASUYOSHI CHIBA / AFP

Riner les a guidés

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La France a plutôt bien démarré la nouvelle olympiade à Rio en tenant son rang de deuxième nation mondiale derrière le Japon, avec 7 médailles dont 2 en or, celles de l'inépuisable Teddy Riner et du fougueux Loïc Pietri.

Une belle moisson pour les Bleus, glanée tout en symbole dans la ville qui  accueillera les jeux Olympiques dans un peu plus de mille jours, en 2016. Et  qui a de plus été réalisée en année post-olympique, marquée par les blessures  et les difficultés à se remobiliser, par des athlètes expérimentés mais aussi  par les plus jeunes, bourrés de talent.

En 2009, après les Jeux de Pékin, la France n'avait pas brillé, avec  seulement 3 médailles, dont deux en or. C'est d'ailleurs une constante ces  dernières années chez les Français de revenir du grand rendez-vous avec 2  titres. A l'exception de 2011, où, à Paris, les Tricolores avaient remporté 5  médailles, dont 4 en or. La France avait cependant terminé 2e nation, comme en 2010. Assurément sa  place derrière l'immense Japon, même s'il a perdu de sa grandeur sur la  dernière olympiade. 

Et de six pour Riner

Teddy Riner, lui, grandit chaque fois de plus en plus. A Rio, il a été  sacré pour la 6e fois de sa carrière en engrangeant un 5e titre mondial  d'affilée en +100 kg. Un nouveau record établi pour le judoka de 24 ans, qui  s'est imposé en envoyant au tapis 4 de ses 5 adversaires. Du très grand Riner,  qui a démontré une fois de plus que personne n'arrivait à sa hauteur. Et cela devrait continuer encore quelques années, au moins jusqu'aux JO-2016 à Rio, où  il vise une deuxième médaille d'or. 

"Teddy a un tel charisme. Ce qu'il renvoie quand il monte sur un tapis fait  que les autres en face ne montent pas pour gagner mais pour ne pas perdre. Et  là, ils ont déjà perdu", explique l'entraîneur national des messieurs Stéphane  Frémont, ravi des performances de son groupe derrière Riner. "Teddy est notre leader et il le sera encore par la stature et la  récurrence des titres mais si les autres mettent la main à la pâte, c'est  jouable pour tous". 

La jeunesse s'affirme


C'est dans cet état d'esprit que Pietri, 23 ans à peine, est venu s'offrir  sa première médaille mondiale, l'or en -81kg. Le Niçois a sans doute vécu l'une des journées les plus rudes de la  compétition avec un tableau dense et pas moins de 73 judokas. "Une superbe  victoire de Loïc qui est extraordinaire de volonté, de générosité", se réjouit  Frémont. Sur le podium, Pietri voisinait avec Alain Schmitt, enfin récompensé à 29  ans avec le bronze. 

"On a réussi à maintenir nos meilleurs à très haut niveau et en même temps  on est capable de préparer les jeunes. Clarisse (Agbegnenou) a envie de prendre  la place d'une Gévrise (Emane), c'est une dynamique saine", commente pour sa  part Martine Dupond, directrice du haut niveau.

L'argent pour Agbegnenou

Agbegnenou (-63kg), insouciante et instinctive, a pris l'argent après s'être fait surprendre en finale par l'une des ses meilleures amies,  l'Israélienne Yarden Gerbi. La jeune femme de 20 ans est en concurrence dans la  catégorie avec Emane, double championne du monde, qui a encore son mot à dire à  31 ans à l'image du bronze décroché à Rio. Audrey Tcheuméo (+78kg), médaillée de bronze aux JO-2012 et championne du  monde 2011, a sauvé sa saison avec le bronze alors que Ugo Legrand (-73 kg)  s'est contenté de l'argent en attendant l'or qui lui semble promis. 

En revanche, Automne Pavia (-57kg), médaillée de bronze aux JO-2012, a fini  à une 5e place décevante. Lucie Décosse a elle achevé son immense carrière (13  médailles internationales) sur une déception. Ces Mondiaux n'ont pas consacré le Brésil, seulement 4e nation, mais plutôt  de toutes petites nations comme la Mongolie ou le Kosovo, invitées à la table des grands (5e et 8e).

 

AFP