Gneto
La judokate Priscilla Gneto | AFP - FRANCK FIFE

Préparation perturbée pour le judo bleu

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Teddy Riner, Lucie Décosse ou encore Priscilla Gneto: les blessures n'ont pas épargné les leaders de l'équipe de France de judo, au point de susciter des questions autour de la préparation aux Mondiaux de Rio (26 août-1er septembre). Dernière en date, la médaillée de bronze des JO-2012 en moins de 78 kg, Audrey Tcheuméo, a été victime d'une entorse à un genou. Cette blessure ne devrait pas l'empêcher de s'envoler pour Rio avec les 17 autres sélectionnés mercredi, mais elle a sensiblement perturbé sa préparation.

C'est d'ailleurs en béquilles et avec une attelle à la jambe gauche qu'elle  a assisté aux entraînements des sélectionnés lundi à l'Insep. Comme elle, Lucie Décosse (cervicales), Priscilla Gneto (genou droit),  Teddy Riner (pubalgie, puis problème à une épaule), Ugo Legrand (entorse) et  Pierre Duprat (psoas) ont dû délaisser les tatamis plusieurs semaines. Les deux  derniers n'ont pas encore repris l'entraînement, mais sont confiants quant à  leur participation aux Mondiaux qui débutent dans une semaine. 

Priscilla Gneto, médaillée de bronze en -52 kg aux JO de Londres, et Audrey  Tcheuméo, également 3e de la catégorie -78 kg, sont - un peu - plus  incertaines. Les deux judokas devaient rencontrer dans l'après-midi le médecin  fédéral qui leur donnera ou non le feu vert pour Rio, a expliqué à l'AFP  Martine Dupond, directrice du Haut niveau à la FFJudo.

"Pas des chochottes"

"Avec un +strap+ en béton, ça tiendra", assure Priscilla Gneto. "On fait du  judo, on n'est pas des +chochottes+", plaisante-t-elle. "Un premier test ce  matin était positif. Là, je marche, je commence à courir, je peux faire du  vélo... C'est sûr qu'une blessure, c'est psychologiquement épuisant, mais ça  fait partie des aléas de la vie." Malgré sa bonne humeur, la médaillée olympique sait d'ores et déjà que son  genou devra à terme être opéré, ce qui impliquera "au moins six mois" d'attente  avant de revenir sur les tatamis.

 Une telle quantité de blessures pose la question de la préparation  physique. "C'est sûr qu'on flirte toujours avec les limites, qu'on est sur un  fil, reconnaît Martine Dupond. Le judo est un sport extrêmement difficile, on  demande beaucoup aux athlètes pour aller chercher les meilleurs résultats." Pour autant, la directrice du Haut niveau "ne croit pas que la préparation  physique soit plus dure que les précédentes années". Stéphane Frémont,  entraîneur des garçons, met surtout en cause le calendrier. "On est en année post-olympique, ça n'est jamais facile à négocier,  explique-t-il. Et les quatre pépins les plus sérieux, ce sont des gens qui ont  été performants sur les JO."

Même Teddy Riner, leader au mental d'acier de cette équipe de France, a  reconnu qu'il avait eu du mal à se remettre dans le bain après Londres. Le  quintuple champion du monde  -quatre titres chez les +100 kg et un en toutes  catégories- s'est dit "un peu plus fatigué, un peu plus dans la douleur". Pas question pour autant de céder à la sinistrose pour les éclopés. Sur la  lancée de bons championnats d'Europe (12 médailles), l'équipe de France, à  l'image de Priscilla Gneto, affiche sa bonne humeur et sa confiance à une  semaine des Mondiaux. Reste qu'en cas de faux pas à Rio, la question de la préparation de  l'équipe de France pourrait refaire surface.

AFP