A Kazan, les judokas français rêvent de Rio

A Kazan, les judokas français rêvent de Rio

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Si ces championnats d’Europe (21-24 avril) se disputent à Kazan, en Russie, c’est vers le Brésil que se tournent tous les regards. Pour les judokas, l’objectif est d’empocher un billet pour Rio. Loin de cette pression, Teddy Riner, lui, se rend en Russie avec la volonté de se jauger. Le Français revient tout juste de blessure, et s’il s’est rassuré en remportant le Grand Prix de Samsun, il ne prendra aucun risque à Kazan. Car pour le Français, une seule chose compte : être sur la première marche du podium à Rio.

Teddy Riner l’affirme : les Jeux Olympiques, il y pense tout le temps. "Il n'y a pas une journée où je ne pense pas aux Jeux, c'est tous les jours. Plusieurs fois par jour." Pour l’octuple champion du monde, les championnats d’Europe de Kazan, en Russie (21-24 avril), sont un dernier test avant l’échéance olympique, dans quatre mois. "C'est une belle étape vers les Jeux et vers cette grosse préparation qui m'attend. C'est important, je sais que les adversaires vont se livrer et ce ne sont pas les mêmes que sur l'olympiade", a relevé à l'AFP le Guadeloupéen, médaillé d’or aux JO de Londres et qui rêve de décrocher un deuxième titre olympique en août.

 

 

"Prendre des informations"

S’il espère ajouter un cinquième sacre européen à son palmarès déjà impressionnant, Teddy Riner n’en fait pas non plus un objectif. "Je vais prendre des informations sans pour autant être à mon maximum", a-t-il déclaré. Ecarté des tatamis à la suite d’une inflammation à l’épaule gauche, survenue à la fin du mois de janvier, Teddy Riner a rassuré sur sa santé en remportant le Grand Prix de Samsun en Turquie, où sa blessure ne l’a pas fait souffrir. "Pour l'instant, elle ne pointe pas le bout de son nez, tant mieux."

A Kazan, Teddy Riner pourra aider l’équipe de France à consolider son rang de nation la plus médaillée de l’histoire de la compétition (179 médailles). Mais l’objectif de ces championnats, plus que de décrocher des titres, est d’obtenir des points dans la course à la qualification olympique. Dans cette optique, les bonnes performances réalisées lors du Grand Prix de Samsun, notamment par les Françaises, sont de bon augure. En Turquie, les judokates ont glané huit médailles, dont quatre en or. Chez les hommes, seul l’insatiable Riner est monté sur le podium.

Une équipe de France "en construction"

Les Tricolores devront toutefois composer avec l’absence de Clarisse Agbegnenou, blessée au doigt, et de Loïc Korval, suspendu pour trois manquements à ses obligations de localisation. "L’équipe de France est en construction, mais il y a de bonnes individualités, que j'aime beaucoup. Peut-être qu'il n'y aura pas une grosse moisson sur ces championnats d'Europe, mais c'est une équipe de France prometteuse, j'en suis persuadé", souligne Riner.

Pour se qualifier pour les Jeux Olympiques, les judokas doivent figurer dans les 22 meilleurs athlètes mondiaux pour les hommes et dans le Top 14 pour les femmes. Un seul représentant tricolore sera sélectionné par catégorie. Dans le cas où deux Français seraient éligibles, c’est la Fédération française qui décidera qui verra Rio. "Je sais que beaucoup de choses vont se jouer sur ces championnats d'Europe. Nos résultats peuvent être déterminants pour la suite", souligne Annabelle Euranie. A Kazan, Rio sera dans toutes les têtes.

La composition de l’équipe de France
Femmes : Laetitia Payet (-48 kg), Annabelle Euranie, Priscilla Gneto (-52 kg), Automne Pavia, Helène Receveaux (-57 kg), Fanny-Estelle Posvite, Gevrise Emane (-70 kg), Audrey Tcheuméo (-78 kg) et Emilie Andéol (+78 kg).

Hommes : Walide Khyar, Vincent Limare (-60 kg), Kilian Le Blouch (-66 kg), Pierre Duprat (-73 kg), Alain Schmitt (-81 kg), Alexandre Iddir, Axel Clerget (-90 kg), Cyrille Maret (-100 kg) et Teddy Riner (+100 kg).

Elodie Troadec