Andy et Johnny Schleck TDF 2011
Andy Schleck sous le regard de son père, Johnny Schleck | AFP - Lionel Bonaventure

Johnny Schleck : "Les spectateurs veulent voir du sang"

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Alors que le duel entre les frères Schleck et Alberto Contador n’a sans doute pas encore pris toute son ampleur, le public du Tour attend plus que jamais une lutte acharnée, ce jeudi, lors de l’étape reine Pinerolo-Galibier. Une attente que le père du tandem luxembourgeois, Johnny Schleck, « comprend » mais regrette aussi un peu.

L’an passé, on se souvient tous de la bataille entre Andy Schleck et Alberto Contador dans le port de Balès. Les deux hommes s’étaient affrontés avant qu’un saut de chaîne empêche Andy de livrer bataille jusqu’au bout. Mais il y avait eu de la tension et du suspense. Cette année, l’impression de duel est, pour beaucoup, nettement moins présente. Ces trois prétendants au titre s’observent beaucoup, se jaugent. « Je trouve qu’ils regardent et se calent beaucoup sur Alberto Contador, analysait d’ailleurs il y a quelques jours Yvon Sanquer, ancien manageur d’Astana. Ils tournent toujours autour de lui dans la course ». « Je comprends les spectateurs qui veulent, comme je dis souvent, voir du sang mais les temps ont changé, estime Johnny Schleck. On n’est plus à l’époque où on avait les boyaux sur les épaules ».

Un peu agacé donc de se voir systématiquement demander quand ses fils vont passer à l’attaque et quand la course va-t-elle vraiment commencé, Johnny Schleck se montre plutôt direct : « Je comprends parfaitement que les gens attendent des attaques mais il y en a déjà eu beaucoup. Il n’y a plus maintenant que 5 vainqueurs possibles pour le Tour. Hier, le peloton a fait du 50 km/h de moyenne sur les deux premières heures. Si avec ça, on dit qu’il n’y a pas de course, je ne comprends plus rien. » Et quand on lui demande ce que ces deux rejetons nous réservent pour l’étape Pinerolo-Galibier, il fait court. « Il faut voir comment va être le vent dans l’Izoard. Si le vent vient de face, ce n’est pas la peine d’attaquer, affirme Johnny Schleck de sa forte voix, avec son accent luxembourgeois. Ca se jouera alors dans l’ascension finale ». Avant d’ajouter : « Hier, Alberto Contador et Samuel Sanchez ont bien roulé, ils ont fait la descente à fond mais à l’arrivée les autres étaient là. C’était une prise de risque pour rien. »

En revanche, Johnny Schleck a trouvé ses fils « super bien » lors des deux dernières étapes. « Je pense qu’il y a seulement une différence de punch entre eux. Andy est mieux pour attaquer tandis que Frank est mieux dans une longue montée. Mais à part ça, ils sont dans le même niveau de forme. » A ceux qui les trouveraient malgré tout un ton en dessous de leur meilleur niveau, Johhnny Schleck tient à rappeler la période un peu difficile par laquelle ses fils passent : « Ils ont eu un accident grave dans leur équipe. Un de leur copain (NDLR : le Belge Wouter Weylandt) est mort et ils n’en n’ont pas fini avec ça. Ca durera encore quelques mois avant que ça ne commence à se dissiper. » Un évènement qui les as particulièrement touché. Un évènement qui pourrait aussi les motiver encore plus pour offrir une victoire à leur équipe. Comme un hommage à leur ancien coéquipier.

Isabelle Trancoën