Nice
La ville de Nice. | J.M EMPORTES / ONLY FRANCE

Nice, vraie ville de sport

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Souvent dépeinte comme une ville vieillissante et ronronnante, la capitale des Alpes-Martimes accueillera les Jeux de la Francophonie du 7 au 15 septembre. L’occasion de rappeler que Nice est aussi une ville qui bouge, une ville de sport, et qu’elle compte bien le rester.

Allez dire aux Niçois que le sport n’a pas sa place à Nice. Allez dire aux supporters de l’OGC Nice, qui pleuraient le stade du Ray dimanche dernier, ce terrain de jeu mythique, qu’ils ne verraient jamais plus, que le foot n’a pas sa place à Nice. Allez dire aux Niçois que la natation et le tennis n’ont pas leur place à Nice. A vos invectives, ils opposeront des chiffres et des preuves.

Nice a toujours été une ville de sport

Dans les années 1950, l’OGC Nice et son légendaire capitaine Pancho Gonzalez ont remporté quatre titres de champion de France en huit saisons. Plus tôt, dans les années 40, l’espagnol Joaquin Valle Benitez marquait l’histoire du club en inscrivant la bagatelle de 339 buts en 407 matches. Un bilan à faire pâlir Messi et Cristiano Ronaldo. Si le club de Nice a aussi régalé pendant les années 70, la qualification en fin de saison dernière du « Gym » pour les barrages de la Ligue Europa (même si éliminé), et surtout une quatrième place en Ligue 1, montrent bien que le chef-lieu des Alpes-Maritimes a toujours été une ville de foot, et qu’elle s’inscrit aujourd’hui, de plus en plus, dans cette optique.

Quant à la balle jaune, elle occupe, elle aussi, une place prépondérante dans la culture sportive niçoise. Et si l’on vous disait que le seul tennisman français qui n’ait jamais remporté Roland Garros, avait fait ses premières gammes à Nice ? Dès l’âge de 12 ans, Yannick Noah quitte sa famille et le Cameroun pour rejoindre le sud de la France et les entraînements de Patrice Beust, ancien joueur de Coupe Davis. Ses progrès sont fulgurants. A 13 ans, il intègre l’équipe de France minimes, puis celle des cadets, puis celle des Juniors. Avec la suite qu’on l’on connait. Nice, c'est également la ville dont est originaire Alizé Cornet, numéro 1 française. Elle qui n’a jamais caché son amour pour la cité niçoise : « Pendant vingt ans, j’ai vécu à Nice, dans le quartier du Port. C’est ma ville de cœur, mes origines. Je suis super fière de dire que je viens de là-bas. Ça me manque quand je suis un peu loin », avait-elle confié en Février.

Et que dire de la natation avec Yannick Agnel et Camille Muffat.Le premier, qui a rejoint l’Olympic Nice Natation en 2006, a tout simplement récolté deux médailles d’or aux derniers JO de Londres en 2012, trois dans des championnats du monde, trois dans des championnats d’Europe et 14 à l’occasion des championnats de France. La nageuse Camille Muffat, qui a également remporté une médaille aux JO l'année dernière, n’est pas en reste en terme de palmarès. 

Après l’Euro 2016, les Jo d’hiver de 2022 ?

Si les performances niçoises sont très satisfaisantes, la capitale azuréenne se bat  toujours pour accueillir les plus grandes compétitions sportives. En Mars 2009, le verdict tombe. Et il est difficile à accepter pour le maire de Nice, Christian Estrosi : sa ville n’organisera pas les Jeux Olympiques d’Hiver en 2018. Et pourtant, l’ancien ministre du gouvernement Sarkozy n’avait pas lésiné sur les moyens : convaincu que la ville allait être retenue, la municipalité avait dépensé en conséquence. Résultats : 809 975 € gaspillés.

Mais Christian Estrosi ne semble pas vouloir rester sur cet échec. S’il a perdu son premier pari, le maire de Nice tient aux JO d’hiver, et il l’a rappelé en Juillet 2012 : « Je sais que notre dossier pour 2018 avait de grandes qualités et qu'il aurait eu un accueil très favorable au niveau mondial.J’attends l'opportunité de voir la France se repositionner pour une candidature pour les Jeux Olympiques d'été de 2024. Mais je réponds qu'avant 2024, il y a 2022 et la possibilité que la France entre dans la compétition pour les JO d'hiver".

Avant 2022, en tout cas, il y a 2016. Dans un peu moins de trois ans, la cité niçoise accueillera, comme plusieurs villes en France, la Coupe d’Europe de football. Et dans un stade flambant neuf s’il vous plait : l’Allianz Riviera, nouveau terrain de jeu de l’OGC Nice depuis le mois de septembre, sera aussi celui des équipes nationales engagées dans l’Euro 2016.

Alors Nice, ville de sport ? La preuve par l’histoire, et par le futur.
 

Jean Charbon

Jeux de la Francophonie