Yelena Isinbaeva
La perchiste russe Yelena Isinbaeva | MICHAEL KAPPELER / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE/AFP

Isinbaeva, homophobe ou mal comprise?

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Récente championne du monde du saut à la perche, la Russe Yelena Isinbaeva a créé la polémique jeudi en déclarant qu'il fallait respecter les lois homophobes promulguées par Vladimir Poutine. La détentrice du record du monde a ajouté que les "hommes vivent avec les femmes, les femmes avec les hommes". Devant le tollé provoqué, la Tsarine est revenue sur ses déclarations ce vendredi, arguant d'une mauvaise compréhension...

Yelena Isinbaeva est bien plus à l'aise sur la piste que derrière un micro. Dans un anglais approximatif, la championne russe déclarait jeudi que "la propagande des relations non traditionnelles serait un grand signe de  non-respect des citoyens de notre pays et de nos lois. Toute personne qui viendra pour les JO de Sotchi doit respecter nos lois." Cette déclaration faisait échos à la loi promulgué par Vladimir Poutine en juin afin de sanctionner tout acte de "propagande" homosexuelle devant les mineurs, sous peine d'une amende de 100.000 roubles (2.300 euros) maximum et de 15 jours de détention maximum voire d'une expulsion du pays pour les étrangers. Si ce texte de loi avait déjà provoqué un tollé, les prises de position de la récente championne du monde du saut à la perche ont ravivé la polémique. "Nous tolérons toutes les opinions et nous respectons tout le monde, mais  en retour, ces personnes doivent respecter nos lois et ne pas promouvoir dans  les rues les orientations (sexuelles, ndlr) non traditionnelles", avait ajouté la détentrice du record du monde de la discipline.

Isinbaeva: "Les hommes vivent avec les femmes"

"Historiquement, dans notre pays, il n'y a jamais eu de problème avec la  promotion des relations entre personnes du même sexe et je suis sûr qu'il en  sera encore ainsi à l'avenir. En tant que citoyens russes, nous acceptons nos lois sans aucune restriction", a poursuivi la double championne olympique. "Les hommes vivent avec les femmes, les femmes avec les hommes", a déclaré Isinbaeva, qui va arrêter provisoirement le sport de haut niveau pour fonder une famille. Elle a toutefois précisé que "nous (les Russes) nous n'étions pas contre  les choix faits par une personne ou quel type de relation elle entretient." L'idée d'un boycott des JO-2014 qui a été lancée par des organisations de défense des droits de l'homme et certains athlètes, est critiquée avec virulence par la Tsarine. "Si les politiciens et autres personnes qui n'ont rien à voir avec le  sport veulent nous utiliser pour boycotter les Jeux, je suis contre (...)  Les  relations, quelles soient traditionnelles ou non-traditionnelles, et les jeux  Olympiques, ne doivent pas être mélangés", a-t-elle conclu.

Isinbaeva: "J'ai été mal comprise"

Face aux vives réactions qu'ont provoqué ses déclarations de la veille Yelena Isinbaeva est revenu dessus ce vendredi par voie de communiqué. "Je suis opposée à toute discrimination contre les homosexuels, qui se base sur la sexualité (ce qui est contraire à la charte Olympique)", a-t-elle affirmé, justifiant la virulence de certains de ses propos par une mauvaise compréhension. "L'anglais n'est pas ma première langue et je crois que j'ai peut-être été mal comprise quand je me suis exprimée hier", a expliqué celle qui a tout gagné à la perche. "Ce que je voulais dire, c'est que les gens doivent respecter les lois  d'autres pays, en particulier quand ils sont invités", a-t-elle conclu. Un mea culpa aux airs quelques peu forcés pour une athlète aux idées plus conservatrices qu'homophobes. Lien vers la conférence de presse d'Isinbaeva

AFP