David Goffin s'est arraché face à Roger Federer. il lui a pris un set avant de décliner
David Goffin | AFP - JACQUES DEMARTHON

Ils ont marqué la Quinzaine

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De David Goffin, la révélation belge du tournoi, au retour de Paul-Henri Mathieu en passant par l'inédit quart de finale de Jo-Wilfried Tsonga, le tableau masculin de cette Quinzaine de la 82 édition de Roland-Garros a connu son lot de surprises qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

La révélation

Pour la première fois depuis 1995 et la même performance réalisée à Wimbledon par un autre Belge Dick Norman, un lucky-looser n’avait pas atteint un huitième de finale. David Goffin, âgé de 21 ans a donné du baume au cœur de ses très nombreux supporteurs. Profitant du forfait de gaël Monfils, le 109e joueur mondial a été repêché par les organisateurs du tournoi. Déjà convaincant cette année en Coupe Davis, après avoir apporté le point décisif à la Belgique face à la Grande-Bretagne, le joueur de Liège a une nouvelle fois fait parlé de lui. Tombeur du Tchèque Radek Stepanek (tête de série N.23), Goffin a finalement rendu les armes face à son idole, Roger Federer, non sans lui avoir pris un set (5-7, 7-5, 6-2, 6-4). « Il est doté d'un potentiel énorme, notamment sa lecture du jeu, son toucher de balle aussi », a même déclaré à son sujet Federer, c’est dire si ce jeune joueur risque de refaire parler de lui...

Ils sont de retour

Absent des terrains de tennis pendant 15 mois, Paul-Henri Mathieu a retrouvé de belles couleurs sur la terre ocre. A 30 ans, l’Alsacien a réussi l’un de ses meilleurs Roland-Garros grâce notamment à un match marathon face au géant américain John Isner. Le Strasbourgeois s’est imposé après 5h41, 18-16 dans le cinquième set sur une huitième balle de match… Son arthrose du genou gauche n’est visiblement plus qu’un mauvais souvenir, et c’est tant mieux pour le Français.
Un autre joueur, blessé à un genou a également repris confiance sur les courts parisiens. Quart de finaliste, Juan Martin Del Potro a dû toutefois céder en raison de ce genou douloureux face à Roger Federer. L’Argentin avait pourtant empoché les deux premières manches, mais s’est finalement incliné face au Suisse (3-6, 6-7, 6-2, 6-0, 6-3).

La satisfaction

Il ne lui manquait plus que ce quart de finale d’un Grand Chelem à son tableau de chasse. Finaliste à Melbourne en 2008, demi-finaliste à Wimbledon et quart de finaliste à l’US Open l’an passé, Jo-Wilfried Tsonga est parvenu à atteindre les quarts des Roland-Garros. Sa cinquième participation aurait même pu lui permettre d’atteindre le dernier carré, lui qui avait au bout de sa raquette quatre balles de match face à Novak Djokovic. Mais le Manceau s’est finalement incliné devant le N.1 mondial (6-1, 5-7, 5-7, 7-6, 6-1). Tsonga aura surtout assuré le spectacle au tour précédent face à Stanislas Wawrinka. Contre le Suisse, le N.1 français a surtout pris sa revanche de son troisième tour perdu l’an passé. En 2011, Tsonga menait en effet deux manches à rien et comptait même un break d’avance dans le troisième set, avant de voir son adversaire renverser la tendance et s’imposer. Il aura fallu de nouveau un match en cinq manches pour que le N.5 mondial prenne l’ascendant, mais il aura peut-être justement perdu un peu trop d’énergie avant d’aborder son duel face à Djokovic.

Ils ont déçu

Perdant une manche face à Adrian Ungur (92e mondial), Nicolas Mahut (89e), puis Goffin (109e), Roger Federer n’était pas à son aise cette année. Presque absent de sa demi-finale face à Novak Djokovic (perdue 6-4, 7-5, 6-3), le Bâlois a presque logiquement quitté le tournoi. Ses prestations sont d’autant plus surprenantes qu’il semblait avoir retrouvé son meilleur niveau depuis sa demi-finale à l'US Open. Et depuis septembre dernier, le Suisse a remporté 53 de ses 58 matches, ajoutant pas moins de sept titres dont quatre cette année (Rotterdam, Dubaï, Indian Wells et Madrid). Doit-on attribuer cette contre-performance à son désir d’aller chercher un septième titre à Wimbledon ?

Evidemment moins attendu que Federer, Richard Gasquet avait pourtant engrangé de la confiance avant la Quinzaine. Vainqueur d’Andy Murray à Rome 15 jours plus tôt, le Biterrois a bien atteint pour la deuxième année consécutive les huitièmes de finale. Mais face à ce même Andy Murray, le Français a cette fois trébuché, malgré une entame de match où tout lui réussissait (1-6, 6-4, 6-1, 6-2). Quand verra-t-on l’ancien grand espoir du tennis français atteindre de nouveau une demi-finale d’un tournoi du Grand Chelem, comme il l’avait fait à Wimbledon en 2007 ?

Romain Bonte