Russes et Canadiens favoris du Mondial, la France en embuscade

Russes et Canadiens favoris du Mondial, la France en embuscade

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La Russie, pays hôte, et le Canada, champion du monde et olympique en titre, sont les grands favoris du Mondial de hockey, qui débute vendredi et se déroulera jusqu'à la finale du 22 mai. La Suède et la République Tchèque seront de sérieux outsiders, à prendre en considération. Quant à la France, sans pression, elle espère faire un parcours plus qu'honorable, avec au moins comme premier objectif, atteindre les quarts de finale.

Les Russes, champions du monde 2014 seront chez eux, à Moscou, avec les ambitions les plus affirmées, et les moyens de les atteindre, pour prendre leur revanche sur  des Canadiens, qui les avaient humiliés l'année dernière en finale (6-1), et de faire oublier les JO ratés de Sotchi en 2014.

Des Russes revanchards

Malgré les play-offs NHL au même moment, le sélectionneur Oleg Znarok peut compter sur une grosse équipe avec le gardien Sergei Bobrovsky (Columbus/NHL), l'attaquant vedette Pavel Datsyuk (Détroit/NHL), Alexander Radulov (CSKA Moscou) et la star montante Artemi Panarin (Chicago), récemment élu meilleure recrue de la saison de NHL. "C'est une année spéciale pour nous, car nous célébrons le 70e anniversaire du hockey russe", explique le président de la Fédération russe, la légende Vladislav Tretiak. "Nous voulons faire de ce championnat le meilleur de l'histoire. Et bien sûr, nous voulons le gagner."

Dans le groupe de Moscou, les Russes affronteront la Suède, médaillée d'argent à Sotchi mais à forte couleur locale cette fois. Idem pour la République Tchèque, qui ne comptera que quatre joueurs NHL. La Suisse, finaliste en 2013, pourrait donc tirer son épingle du jeu.

Un Canada rajeuni  

En face, ils retrouveront les Canadiens, qui aligneront une équipe rajeunie, mais non moins talentueuse. Bill Peters a à nouveau fait confiance aux champions 2015 Matt Duchene (Colorado), Taylor Hall (Edmonton) et Ryan O'Reilly (Buffalo). Et, l'entraîneur de Carolina a ajouté un peu de puissance de feu en convoquant le futur Sidney Crosby, Connor McDavid (Edmonton), tout juste 19 ans. A Saint-Pétersbourg, les "Canucks" retrouveront la sensation Auston Matthews (Zurich/SUI) et ses coéquipiers américains, toujours dangereux mais sans joueurs majeurs et qui n'ont plus gagné de titre depuis 1960. Ils affronteront aussi des Finlandais, champions en 2011, qui aligneront eux une grosse équipe avec Aleksander Barkov (Florida), Mikael Granlund (Minnesota), Jussi Jokinen (Florida), Mikko Koivu (Minnesota) et Leo Komarov (Toronto).

La France sans pression

Dans ce même groupe, où la qualification reste à sa portée, la France, 12e nation mondiale, sans être la mieux armée, aura malgré tout et logiquement ses chances face au voisin allemand, (13e mondial), au promu hongrois, à la chancelante Slovaquie et à une inconstante Biélorussie. Les ogres Etats-Unis, Finlande et Canada, sont évidemment  bien meilleurs, mais la France a déjà renversé des montagnes ces dernières années avec des victoires contre le Canada et la Russie.  "On peut prendre des points à chaque match", assure Henderson. "Si on y a arrive, on peut supposer que l'on sera en quarts de finale." Un exploit déjà réalisé une fois depuis 2008, en 2014. Jouable, d'autant plus que la France aura l'avantage de disputer cette compétition l'esprit léger, sans craindre la relégation, pour la première fois depuis sa remontée dans l'élite en 2008.

En effet, co-organisatrice avec l'Allemagne, du prochain Mondial en 2017, la France sera de fait qualifiée d'office; et même, donc en cas d'accident industriel et d'une grosse contre-performance en Russie, elle sera automatiquement repêchée. Autant dire que les Bleus trouveront matière à un peu plus de sérénité, sachant qu'ils éviteront tout couperet éventuel. Car si les hommes de Dave Henderson n'ont jamais quitté le gratin international depuis 2008, ils ne sont pas passés loin, notamment l'année dernière, quand ils se sont sauvés en s'imposant aux tirs au but contre la Lettonie, lors du dernier match. Alors, cette année, ils peuvent plutôt se relâcher et se projeter peut-être un peu plus haut.

Des absents chez les Français

Certes, cette année la préparation a été délicate (7 défaites, 2 victoires), marquée par les nombreuses absences (dont Huet) et le grave accident de la route de l'adjoint du sélectionneur, Pierre Pousse (remplacé pour le Mondial par Stéphane Barin). Et les Bleus se présenteront à Saint-Pétersbourg sans deux de leurs meilleurs attaquants, Stéphane Da Costa (CSKA Moscou), blessé, et Antoine Roussel, retenu par les play-offs NHL avec Dallas. Manqueront aussi deux cadres de la défense, Nicolas Besch (Bordeaux) et Kévin Hecquefeuille (Langnau/SUI).  Heureusement, Henderson pourra tout de même compter sur ses grognards rouennais Sacha et Yorick Treille, son capitaine Laurent Meunier et des attaquants de talents. A commencer par Pierre-Edouard Bellemare (7 buts cette saison avec Philadelphie), Charles Bertrand (Vasaa), qui a marqué 19 buts dans le Championnat de Finlande et Damien Fleury, auteur d'une saison exceptionnelle avec les Schwenningen Wild Wings dans le puissant Championnat d'Allemagne (25 buts, 2e meilleur marqueur).

Et le sélectionneur savoure: "Il y a dix ans, on jouait pour ne pas être embarrassé, maintenant on joue pour prendre des points. Notre équipe a gagné du respect par rapports aux meilleures nations.". Il reste maintenant à confirmer.

Christian Grégoire