Mondial: Opération séduction pour le hockey français

Mondial: Opération séduction pour le hockey français

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Sport spectaculaire mais encore confidentiel en France, le hockey sur glace veut se faire connaître sur la grande scène de Paris-Bercy, à partir de vendredi, à l'occasion du Mondial-2017, coorganisé avec l'Allemagne. Pour la première fois depuis 1951, la France accueillera ce rendez-vous annuel auquel participent les meilleurs joueurs du monde, à l'exception de ceux qui sont toujours en course dans les play-offs de la NHL, la grande ligue nord-américaine. Une opération séduction que les 25 joueurs tricolores, dont la liste a été rendue publique mardi, se sentent tout à fait investis.

Trente matches auront lieu à Paris: tous ceux du groupe B du premier tour, ainsi que deux quarts de finale. Le reste des rencontres se déroulera à Cologne, dont la finale le 21 mai. Les organisateurs espèrent attirer entre 250.000 et 300.000 spectateurs, qui verront notamment le Canada, double tenant du titre et pays du hockey par excellence, la République tchèque et la Finlande, les trois nations majeures de la poule dont la France essaiera de s'extraire.

Des Bleus désireux de se montrer

Confiants dans le pouvoir de séduction de ce sport rapide, technique et physique, ils comptent accélérer la hausse du nombre de licenciés, pour l'instant de 22.000 dans 120 clubs et autant de patinoires. Un chiffre sans comparaison avec les 641.000 basketteurs, les 500.000 handballeurs, ou même les 124.000 volleyeurs français, mais en progression d'un quart depuis que la Fédération de hockey sur glace (FFHG) a pris son indépendance, en 2006, 

Compte tenu de la petite taille de son réservoir, l'équipe de France a obtenu des résultats plus qu'honorables sous la houlette des entraîneurs Dave Henderson, d'origine canadienne, et Pierre Pousse, tous deux en poste depuis 2004. En première division mondiale sans interruption depuis neuf ans, elle a atteint les quarts de finale une fois en 2014. Deux victoires retentissantes au Mondial ont marqué les esprits: contre le Canada en 2014 et la Russie en 2013. C'est le fruit des progrès du championnat de France, la Ligue Magnus (gagnée cette saison par les Rapaces de Gap), dont les clubs ont fait un effort de formation tout en assainissant leurs finances. Pour constituer la sélection nationale, la FFHG a pu rompre avec la politique de naturalisation de joueurs, souvent d'origine québecoise, qui étaient nombreux par exemple dans l'équipe de 1992 quart-de-finaliste des JO d'Albertville.

Objectif quarts de finale

Revers de la médaille, comme dans les autres sports collectifs, les meilleurs éléments quittent la France pour des championnats plus rémunérateurs, les ligues russe, suédoise ou suisse, plus rémunératrices, et même pour la fameuse NHL. Deux Français, Antoine Roussel (Dallas) et Pierre-Édouard Bellemare (Philadelphie), y ont pris la suite du gardien Cristobal Huet, le meilleur Tricolore de l'histoire, revenu terminer sa carrière à Lausanne après avoir été le premier à gagner la fameuse Coupe Stanley (en 2010 avec Chicago).

Quatorzième au classement mondial, la France ne saurait viser le podium, mais elle n'hésite plus à afficher ses ambitions. Si pendant de nombreuses années, elle est restée très discrète dans le concert des nations mondiales, depuis qu'elle a montré de belles possibilités avec des résultats, certes sporadiques mais tout de même encourageants, elle peut légitimement se fixer pour objectif d'atteindre les quarts de finale, même si son bilan des matches de préparation (4 victoires et 4 défaites) n'est pas en sa faveur. L'impact que peut avoir le fait de jouer à domicile, et surtout l'envie de réussir devant son public peut galvaniser les Bleus. Dans cette compétition, ils affronteront successivement la Norvège, la Finlande, la Suisse, le Canada, la Biélorussie, la République tchèque et la Slovénie

Christian Grégoire