Le Français Antoine Roussel tout à sa rage
Le joueur des Dallas Stars Antoine Roussel, l'un des fers de lance de l'équipe de France | AFP - FRANCK FIFE

La France prête à un nouvel exploit contre le Canada

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Le quatrième match de l'équipe de France, dans le Mondial-2017 à Bercy, est une énorme affiche, face au Canada. Une rencontre à guichets fermés (14 500 spectateurs). Double championne olympique et double championne du monde, l'équipe à la Feuille d'Erable fait figure de grande favorite à sa propre succession. Mais après avoir battu la Finlande dimanche, et la Suisse mardi, les Bleus ont bien envie de rééditer leur performance du Mondial-2014, où ils avaient battu d'entrée ces Canadiens. Aujourd'hui, c'est encore plus jouable. Voici pourquoi.

Une bonne préparation

L'équipe de France a réalisé une bonne préparation avant ce Mondial. En huit matches, elle a conquis 4 victoires, dont une contre la Russie et une contre la Suisse. "On n'a pas fait ça très souvent", glisse avec un sourire Dave Henderson, le coach de l'équipe. "L'appétit vient en mangeant", ajoute-t-il. "On a fait une bonne préparation. Les joueurs sont prêts physiquement et mentalement", estime Pierre Pousse, son adjoint. La large victoire (5-1) contre la grande Finlande l'a prouvé, comme le succès arraché aux penalties contre la Suisse.

"Sur le papier, c'est sûrement l'une des meilleures équipes de France", analyse Cristobal Huet, qui dispute son 14e et dernier Mondial en Bleu à près de 42 ans. "Dès le départ de la préparation, on a fait de bons matches", souligne Stéphane Da Costa. "Je pense qu'on est plus forts qu'en 2014. A l'époque, on avait plus de jeunes. On est meilleurs maintenant." Voici trois ans, cette équipe de France avait accroché à son tableau de chasse, le Canada, dans le premier match du Mondial...

Des joueurs mieux préparé​s physiquement

En ayant fait passer la saison de 26 à 41 matches en Ligue Magnus, la Fédération française de hockey-sur-glace a donné un nouvel atout à l'équipe de France. "Les joueurs qui évoluent en France encaissent plus de charges de travail", a constaté Dave Henderson. "On voit une vraie évolution de nos joueurs. Avec 7 matches en 10 jours, il faut enchaîner." Ce nouveau format national laisse penser que "cela va faire venir de meilleurs joueurs dans le championnat de France", selon Cristobal Huet, l'emblématique gardien de l'équipe de France. Après lui, d'autres ont fait l'expérience de la NHL, même s'il demeure le seul à avoir remporté la Coupe Stanley (2007 avec Chicago) après avoir été la star des Canadiens de Montreal.

Aujourd'hui, un Pierre-Edouard Bellemare a disputé 82 matches avec Philadelphie, Antoine Roussel en a joué 60 avec Dallas, alors que Yoann Auvitu a découvert la NHL avec New Jersey pour 25 rencontres avant d'être reversé en équipe réserve. Et il ne faut pas oublier les autres "étrangers": Hardy (Autriche), Quemener et Ritz (Danemark), Hecquefeuille, Huet, Meunier, Douay (Suisse), Manavian (Hongrie), Claireaux (Finlande), Stéphane Da Costa (Russie) et son frère Teddy (République tchèque), Fleury (Chine). "Les joueurs s'expatrient et prennent de l'expérience", se réjouit Dave Henderson. "Quant ils reviennent, ils la communiquement aux autres, dans un effet de boule de neige. Du coup, l'équipe de France a un peu plus de bagage technique. On a de plus en plus de technique individuelle, plus de finesse. Et on gagne en rapidité". Sans oublier la force principale de ce collectif: "Cette équipe n'est jamais battue."

Une confiance accrue

"L'écart est grand entre la France et la Russie, le Canada... Mais on les a déjà battus. Il faut être prêt le jour du match. Tous les matches se jouent sur la glace, pas sur le papier. Est-ce qu'on gagnera ? Je ne peux pas le dire. Mais on en est capable. Les joueurs y croient, nous aussi." Voilà ce que Dave Henderson disait avant le début de la compétition. Après la nette victoire sur la Finlande (5-1), et celle sur la Suisse (4-3 aux t.a.b.), cette confiance face aux gros n'a fait que croître. Face au Canada, les Bleus seront sans pression de résultat. "Désormais, on joue tous les matches pour les gagner. Notre jeu est plus enthousiaste: on joue au palet", se réjouit Cristobal Huet

Après son expérience en NHl à Ottawa, Stéphane Da Costa joue désormais à Moscou. Il n'e perd pas moins sa combativité en Bleu: "On joue avec hargne, avec la fierté du maillot. C'est vraiment spécial de jouer en équipe de France. Le Canada, c'est vraiment fort. La Russie et la Finlande aussi. Mais je ne veux pas citer de favoris." Cela les mettrait sur un piédestal. Or, la France veut se faire une place au soleil. 

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze