Hockey : Antoine Roussel dans la bulle de la NHL

Publié le , modifié le

Auteur·e : Laurent Bellet
NHL Antoine Roussel Vancouver
Le joueur des Canucks de Vancouver Antoine Roussel | AFP - Getty Images - Rich Lam

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C’est parti pour les premiers play-off en période estivale de l’histoire de la NHL. Vingt-quatre équipes sur la ligne de départ et trois Français : Pierre Edouard Bellemare, Alexandre Texier et Antoine Roussel. Ce dernier, porte-couleur des Canucks de Vancouver, nous parle de cette expérience unique.

Bonjour Antoine, comment se passe ce nouveau départ vers les patinoires ?
Antoine Roussel : "On est arrivé lundi à Edmonton. Ici, il y a les 12 équipes de la conférence ouest ( les 12 équipes de la conférence Est - avec Alexandre Texier et  les Blue Jackets de Colombus - sont à Toronto ). Il y a Pierre Edouard Bellemare ( Colorado Avalanche ) mais je n’e l’ai pas encore vu. En fait, nous sommes répartis sur 2 hôtels. On porte des masques, bien entendu, dans les espaces clos. Il y a des corridors spéciaux qui ont été aménagés lorsque nous nous rendons à la patinoire pour les entraînements ou lors de notre match de préparation (défaite des Canucks de Vancouver 4-1 face au Jets de Winnipeg avec un but pour Antoine Roussel). Honnêtement, c’est super bien organisé. Les joueurs sont tous agréablement surpris. La direction de la ligue et l’association des joueurs ont fait un super boulot. Pendant un moment, on a parlé d’organiser tout cela à Las Vegas mais au final, je trouve que le choix d’Edmonton est très judicieux. Ce n’est pas surpeuplé. On a pas la sensation de gêner et il y a une très forte culture hockey ici. C’est super excitant."

Finalement, cela doit ressembler à un championnat du monde ?
AR : "C’est vraiment ça. On a une accréditation, comme dans un championnat du monde, mais on ne peut pas se promener comme on le souhaite. Alors chacun s’occupe comme il peut. Certains passent du temps sur leur PS ou leur Xbox, d’autres sur leur ordinateur. Moi, j’ai amené pas mal de séries et je me mets à jour. Ce qui est le plus difficile, c’est la séparation avec nos familles. Je suis parti depuis le 2 juillet. Ma femme et mes enfants sont restés au Quebec (Antoine a pris des parts dans l’érablière familiale et il y a travaillé pendant la pause de la NHL) et c’est long. On échange beaucoup avec l’ordinateur mais il y a un manque. En fait, lorsque je suis arrivé à Vancouver au début du mois de juillet, il y a eu 1 semaine d’isolement puis le début du camp d’entrainement. Et maintenant, on va rentrer directement dans les séries. On ne va pas attaquer ces play-off avec 82 matchs de préparation comme les autres années. Cette fois, il y a juste un mois d’entrainement pour toutes les équipes. Pour moi, la clé, ce sera d’arriver à s’unir rapidement, à faire bloc, pour avoir l’esprit des séries. Il va falloir être prêt le plus rapidement possible."

Avec 24 équipes au lieu de 16 habituellement, ce sont des séries particulières ?
AR :
"C’est vrai que c’est particulier. Un premier tour en 3 de 5, c’est inhabituel, il faudra vraiment être prêt. En fait, je crois que ce sera la Coupe Stanley la plus difficile à gagner de toute l’histoire (Les 4 premiers de chaque conférence - 8 équipes - jouent 3 matchs de classement sans élimination). Cette coupe est particulièrement difficile à aller chercher, ce sera encore plus dur cette année. Vous savez, je joue dans cette ligue depuis l’âge de 23 ans. J’aurai 31 ans en fin d’année et ce sera seulement ma troisième participation aux séries. Le temps passe super vite et j’ai bien conscience que ces matchs en séries sont des moments rares. Je veux en profiter le plus longtemps possible. On ne se rend pas compte de cela lorsque l’on est plus jeune mais en vieillissant, on prend conscience et cela rend ces moments encore plus intenses. On est séparé de nos familles. C’est un sacrifice et on ne fait pas cela pour rien."

Il y a l’enjeu dont vous parlez et le contexte. Des séries dans des patinoires sans public, c’est très différent de la ferveur habituelle de ces matchs...
AR : "C’est vraiment particulier, on ne ressent pas encore la ferveur. On est isolé, il n’y a pas de rassemblement. On est dans une bulle, à l’écart de tout et la seule façon d’avoir le ressenti extérieur, ce sont les réseaux sociaux. On a tous hâte de commencer mais on sait que tout sera différent sur la patinoire."

Vous avez un premier tour contre le Wild du Minnesota, une série qui paraît assez équilibrée ?
AR : "C’est une très bonne équipe. Ils ont beaucoup d’expérience, une grande tradition de hockey. Ils ont de très, très bons défenseurs, très impliqués en attaque. On est favori mais ce sera vraiment un combat car le Wild est très solide. Toutes les équipes ont leur effectif au complet. Nous avons récupéré notre gardien Jacob Markstrom. C’est peut être le meilleur joueur de notre équipe et on connait tous l’importance d’un bon goalie dans les séries. Nous sommes bons dans les unités spéciales ( Avantage ou infériorité numérique). On est favori, mais à mon sens, ce sera très équilibré et encore une fois, l’équipe qui parviendra à s’unir passera ce tour. On est tous impatient de commencer. Ce sont les meilleurs moments de la saison. On a fait de gros sacrifices et maintenant, c’est le temps de la récolte. Je vais débuter cette série sur un nouveau trio, avec Ferland et Sutter. Depuis un mois, on s’entraîne tous les 3 et j’ai vraiment hâte de commencer."

A votre avis, cette pandémie est elle de nature à faire évoluer la ligue ?
AR : "C’est une nouvelle expérience. Habituellement, il y a 16 équipes en séries. Peut être que la ligue va garder cette formule avec 24 équipes pour l’avenir. Avec l’arrivée des Kraken de Seattle, il y aura 32 équipes dans la ligue et peut être qu’il faudra changer le format des séries, c’est une bonne question. Il va y avoir de nouveaux tests en matière de retransmission et cela peut faire évoluer le sport. On va jouer le plus longtemps possible et on verra. Déjà, on ne sait pas encore quel sera le calendrier pour la saison prochaine. Est-ce que l’on rejouera en été, est-ce que l’on pourra disputer les tournois de qualifications olympiques avec nos équipes nationales. Il y a beaucoup de questions, mais dans l’immédiat, il faut jouer et gagner."

Laurent Bellet

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