Clap de fin pour Stephane Da Costa et Kazan

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Auteur·e : Laurent Bellet
L'international français Stéphane Da Costa sous le maillot de Kazan
L'international français Stéphane Da Costa sous le maillot de Kazan | Maksim Bogodvid / Sputnik / Sputnik via AFP

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Le hockeyeur français a été éliminé avec son équipe en play-offs, et son avenir pourrait s'inscrire ailleurs.

L’attaquant français, 5e marqueur de la saison régulière en KHL, n’a pas réussi ses play offs avec Kazan. Victime de 3 commotions depuis le mois de janvier, il est revenu, diminué physiquement. Son avenir en KHL pourrait s’écrire avec Iekaterinbourg. Entretien avec le Français après l’élimination de Kazan en finale de conférence.

Stéphane, tout d’abord, comment allez vous ?
Stéphane Da Costa :
"Je pense que je vais mieux. J’ai fait trois commotions sur la glace depuis le mois de janvier, la dernière contre le Salavat Yulaev de Ufa et là, j’ai vraiment passé de sales moments. Je ne me sentais pas bien, le bruit, la lumière m’incommodaient. C’était vraiment bizarre comme sensations, j’avais également des maux de tête inhabituels et surtout le sentiment de manquer d’énergie. J’ai discuté avec certains de mes coéquipiers et ils le ressentaient aussi. C’est la première fois de ma carrière que cela m’arrive. J’étais souvent de mauvaise humeur et ce n’était vraiment pas super pour la fin de saison avec Kazan."

"Je ne me sentais pas super bien, mais j'ai rejoué"

Cette série de commotions a-t-elle altéré votre relation avec l’encadrement de l’équipe ?
SDC :
"On a pas perdu de matchs lors des deux premiers tours puis on a été battus à domicile lors de la première partie de la finale de conférence. A ce moment là, les entraîneurs m’ont demandé de revenir. Honnêtement, je ne me sentais pas super bien mais j’ai bien entendu rejoué. On a perdu le 2e match. Franchement, je trouve que j’ai fait un bon match ce soir là, on s’est créé beaucoup d’occasions mais on a manqué de réussite. On a touché le poteau, on s’est procuré de grosses chances de marquer… Avec Dawes et Tikhonov, on avait un trio qui a bien marché en saison régulière. On aurait dû marquer en série, mais on ne l’a pas fait. Nous aurions dû être plus efficaces, plus dominant que nous ne l’avons été."

Vous êtes revenu ensuite à 2 victoires pour chaque équipe et un 5e match à jouer, sur votre glace à Kazan...
SDC :
"C’était un vrai match de série, très indécis. En prolongation, on fait une très bonne présence, on contrôle le pack dans leur zone, on mettait beaucoup de pression, le palet va dans la bande, il y a une mésentente et on prend un contre. Omsk se procure un mini 2 contre 1 et ils marquent le but vainqueur. Moi, j’étais en fond de zone offensive et objectivement, je ne pouvais rien faire sur une perte de palet comme celle là. On encaisse ce but, on perd le match 5 et sur le coup, c’est super décevant. C’est un coup de massue. La chance n’était pas avec nous."

"Un sentiment de honte"

Après ce match, est ce que l’organisation de Kazan vous a adressé des reproches ?
SDC :
 "Ils n’étaient pas contents du tout. Après le match, ils ont organisé un meeting entre les entraîneurs et ils ont décidé de nous (Dawes et moi) mettre en tribune pour le matchs 6. C’est la première fois de ma carrière -à part en NHL mais c’était différent- que je me retrouvais en tribune. C’était très embarrassant et j’ai eu un sentiment de honte. On fait une super saison mais cela s’est mal terminé sportivement. J’ai la sensation que toute l’organisation s’est retournée contre moi. Pourtant, j’ai été éduqué pour gagner en équipe et perdre en équipe mais parfois ce n’est pas le cas et cela fait bizarre. C’est très décevant car j’ai le sentiment d’avoir réellement donné le maximum pour Kazan."

Mais il y avait une rumeur qui courait selon laquelle vous vous étiez engagé pour deux saisons avec Iekaterinbourg ?
SDC :
"A ce moment là, je n’avais rien signé. En fait, une rumeur est partie d’un journaliste russe basé à Omsk qui disait que j’avais signé 2 ans pour Iekaterinbourg. Mais il n’y avait rien de concret. J’ai passé une très belle année à Kazan, la ville, l’organisation étaient vraiment super.
Pendant la saison, il y a eu des discussions positives pour que je reste. Mais les mois, les semaines passaient et les dirigeants repoussaient toujours la signature. On vit dans un monde professionnel. Les carrières - mes commotions l’attestent - peuvent être courtes et mon agent m’a informé que j’avais des offres. Je n’ai jamais parlé directement avec Iekaterinbourg. Mais l’information des contacts est sortie et cela a sans doute joué sur la réaction des entraîneurs. Pourtant, il n’est pas rare que des joueurs s’occupent de leur avenir et parlent avec d’autres équipes avant la fin de la saison et cela n’entache pas leur implication en faveur de leur équipe.
"

Avec le recul, feriez vous les mêmes choix pour traiter cette fin de saison ?
SDC :
 "Si c’était à refaire, je serai plus direct avec mon agent pour lui dire d’attendre la fin des séries et je serais allé voir mes coaches pour en parler directement avec eux. Depuis la fin du 5e match, je n’ai pas eu un seul mot avec mon entraîneur. C’est dommage. On avait une très belle équipe, une organisation vraiment professionnelle. Le hockey va vite, une mauvaise charge contre Ufa et je n’ai pas pu jouer la série contre Omsk à mon meilleur niveau. On fait énormément d’efforts, de voyages, de sacrifices -j’ai vu mes enfants une semaine depuis le mois de juillet- pour arriver à gagner des trophées. Finalement on s’aperçoit que cela tient à quelques détails, quelques centimètres... En fait, après la dernière commotion, ils ont peut être pensé que je pouvais jouer mais que je ne voulais pas… C’est faux car je suis revenu sans être vraiment rétabli. Je suis remonté sur la glace seulement 10 jours après le choc parce que l’équipe était en difficulté. Je voulais aider l’équipe pour gagner même si j’avais parfaitement conscience de ne pas être à 100 % de mes capacités."

"Je me faisais frapper même sans le palet"

Vous êtes un fabriquant de jeu sur la glace, vous contrôlez souvent le palet, vous êtes devenu une cible en KHL
SDC :
"Je n’ai jamais eu de problème avec le jeu physique. Lorsque je subis une charge correcte, je l’accepte mais sur la fin de saison, on est venu me frapper à la tête et ça n’est pas acceptable. Je connais pas mal de joueurs qui ont dû stopper leur carrière après des commotions. J’adore le hockey mais on a tous une vie, une famille et je ne souhaite pas me retrouver avec des séquelles. J’adore mon sport. Parfois, il faut cibler les joueurs en forme de l’équipe adverse, et je connais parfaitement cette règle du hockey. Moi-même, lorsque j’ai l’occasion de frapper un bon joueur adverse, je n’y vais pas avec le frein à main ! Simplement, à la fin de la saison, je me faisais frapper même sans le palet. J’ai joué sur des petites glaces, aux Etats Unis, avec beaucoup de pression et je n’ai jamais été dérangé par le jeu physique tant qu’il est dans les règles. Maintenant tout cela est derrière moi. Je vais rentrer, voir ma famille et mes enfants. Je vais me reposer, récupérer et je repartirai au début du mois de juillet pour ma 7e saison en Russie."

Laurent Bellet

Hockey