Jeux Olympiques et sport professionnel : une relation toujours compliquée

Jeux Olympiques et sport professionnel : une relation toujours compliquée

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Longtemps fermé aux professionnels, les Jeux Olympiques d'hiver et d'été ont aujourd'hui quitté l'amateurisme. Mais les relations entre le monde professionnel et la compétition olympique restent compliquées dans certains sports.

La National Hockey League (NHL) l’a annoncé, il n’y aura pas de joueurs évoluant dans la ligue américaine de hockey sur glace lors des prochains Jeux Olympiques d’hiver en Corée du Sud. La faute au calendrier, que la NHL ne veut pas amputer de trois semaines pour laisser la place aux Jeux. Un coup dur pour la compétition olympique, alors que les joueurs des meilleures équipes (Etats-Unis, Canada, Finlande, Russie, République tchèque, etc) jouent quasiment tous aux Etats-Unis. Les Américains seront donc représentés par des joueurs universitaires, un exemple parmi d’autre de la relation compliquée entre monde professionnel et Jeux Olympiques.

La boxe a fini par céder

A ce jeu-là, la boxe a longtemps pris le parti de l'extrême. Aucun boxeur professionnel n’était autorisé à participer jusqu’aux derniers Jeux Olympiques. Le but : renforcer la médiatisation du tournoi avec la venue de têtes d’affiche. Mais si le vote de la fédération internationale de boxe amateur, qui gère le tournoi olympique, a eu lieu en juin, très peu de professionnels ont pu rejoindre le Brésil en août, les phases de qualifications étant déjà très avancées. Klitschko, Alvarez ou encore Fury peuvent maintenant rêver de rejoindre Mohamed Ali, Joe Frazier et Sugar Ray Robinson au palmarès olympique. 

Basket : tu veux ou tu veux pas ? 

Le basket-ball a lui ouvert son tournoi, avant réservé aux joueurs universitaires et amateurs, depuis 1992. Ce qui a permis l’existence de la fameuse Dream Team américaine à Barcelone, formée par Michael Jordan, Larry Bird, Scottie Pippen, et autres légendes de la balle orange. Mais depuis, le tournoi olympique se plie à la volonté de la NBA, bien qu’il soit joué pendant la trêve estivale. De nombreux joueurs décident de faire l’impasse pour éviter tout risque de blessure pendant la renégociation de leurs contrats. Certaines franchises demandent même à leurs joueurs de ne pas participer aux Jeux. La (non-)carrière de Joakim Noah en équipe de France a notamment été marquée par cette ultra-domination de la NBA sur le basket des nations. D’autres joueurs, comme LeBron James ou Steph Curry l’été dernier, privilégient le repos et la préparation d’avant-saison aux Jeux.

Les drôles de règles du foot

De son côté, le football se situe dans un entre-deux. Il n’est pas interdit aux professionnels mais ne fait participer que des joueurs de moins de 23 ans. Chaque sélection a toutefois droit à trois "jokers" de plus de 23 ans, ce qui a permis de voir la star de Barcelone Neymar aux côtés d’espoirs brésiliens l’été dernier. Et les règles ont beaucoup évolué. Dès 1984, elles passent d’une interdiction complète à une ouverture à tout joueur avec moins de cinq sélections internationales. Puis en 88, le facteur discriminant devient la participation à une Coupe du monde, mais uniquement pour les joueurs européens et sud-américains. La formule actuelle est lancée en 1992. A noter que ces restrictions ne concernent que les hommes et pas les femmes, présentes depuis 1996.

Hugo Monier @hgo_mon