Jonathan Hivert (Sojasun)
Jonathan Hivert (Sojasun) | FABRICE COFFRINI / AFP

Hivert, l’été en pente douce

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Jonathan Hivert n’a pas montré son meilleur visage depuis le début de cette 100e Grande Boucle, loin s’en faut. Le coureur de la formation Sojasun, natif de Chambray-lès-Tours, espère retrouver des couleurs lors de cette seconde moitié de Tour. Lylian Lebreton, son directeur sportif en est également convaincu.

Jonathan Hivert le reconnaît volontiers. Il n’est pas le cycliste le plus régulier du peloton. « Je suis capable de faire des très belles choses et des très mauvaises aussi », avoue-t-il d’entrée de jeu. « Je suis plutôt dans les mauvaises en ce moment. Je subis depuis le début du Tour. Je ne suis pas au niveau. Vu le niveau qu’il y a ici, forcément je ne me retrouve pas à l’avant dans les étapes dures ». De là à dire que Hivert hiberne en été, il n’y a qu’un pas.

Hivert : "Je préfère le froid"

« Ce qui m’embête à cette période là, c’est surtout la respiration. Je ne respire pas bien du coup je suis bloqué », explique le petit gabarit de l’équipe bretonne, lauréat de l’Etoile de Bessèges et de deux étapes du Tour d’Andalousie en début d’année. « En début et en fin de saison, le climat n’est pas le même. Il me convient mieux. Je préfère le froid, le frais. Là, il y a quelque chose qui m’ennuie dans l’air. C’est comme une allergie. Ca revient depuis que je suis minime. J’ai toujours eu des milieux de saison un peu catastrophes. Je pense que ça ira mieux dans les Alpes où je me sens souvent bien. La qualité de l’air peut-être…On verra si ça me donne raison ou pas », confie-t-il avec le demi-sourire caractéristique de l’homme bien décidé à réussir un coup.

Tourangeau de toujours

Lucide sur sa condition actuelle, il affiche toutefois une prudence légitime : « Je me bagarre mais je sens que ça ne fait pas grand-chose quand j’appuie sur les pédales. J’ai fait un gros début de saison et j’espérais que ça aille mieux là, mais en fait ça va comme sur mes derniers Tours. Sur le chrono de mercredi, j’ai fait un temps vraiment loin (sic). Je manquais de sensations. Mais je ne suis pas inquiet du tout, je sais que j’ai les jambes pour faire un truc», lâche le Tourangeau de toujours.

« On est dans notre coin avec Cyril Lemoine (son coéquipier). On a quelques copains et de la famille qui viennent nous voir. Plus les enfants de notre club de l’US Saint-Pierre-des-Corps. C’est sympa », sourit celui que Lylian Lebreton définit comme un artiste. « Un artiste ? C’était quand j’étais plus jeune. Je pense être plus régulier aujourd’hui, plus adulte ».

Lebreton : "Un vrai petit puncheur"

Le directeur sportif de Sojasun confirme. Il se montre dithyrambique concernant son coureur de 28 ans : « Il a des sensations moyennes mais c’est quelqu’un de particulier qui est capable de sortir un grand numéro quand on ne l’attend pas », dit-il. « C’est un vrai déconneur dans l’équipe. Il est toujours de bonne humeur. Pour le moment, on le laisse faire son Tour. On sait qu’il a quelque chose derrière la tête. Il va le montrer sur une étape, on sait qu’il a le potentiel. C’est l’un des meilleurs coureurs de sa génération qui arrive maintenant à maturité, qui commence à bien maîtrisé son sujet. Il est pro 365 jours par an ».

« Son début de saison est révélateur par rapport à ça », rappelle-t-il. « Il est quand même 2e du classement UCI Europe Tour à un point du leader. C’est un vrai petit puncheur capable de battre les meilleurs mondiaux. Il lui manque juste un peu de constance au plus haut niveau et d’ambition. Il faut lui laisser un peu de liberté car il sait précisément où il va et quelles courses il veut gagner. Il a juste besoin de confiance, d’être guidé. Mais d’ici la fin du Tour, j’ai bon espoir qu’on parle de lui ».