Handisport : Marie Bochet, la Reine des neiges a encore faim

Publié le , modifié le

Auteur·e : Alexandre Boyon
A 24 ans, Marie Bochet est devenue l'athlète la plus médaillée aux Jeux Paralympiques d'hiver.
Marie Bochet, l’athlète française la plus médaillée aux Jeux Paralympiques d’hiver. | Paul Hanna

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Le grand public la connaît peu et pourtant Marie Bochet est la championne française en activité la plus titrée. Déjà couronnée de 8 titres Paralympiques et de 20 titres Mondiaux dans la catégorie debout, elle vient de remporter son 8e Gros Globe de Cristal qui récompense la meilleure skieuse de l’année. Au repos anticipé suite à la crise sanitaire du coronavirus, la cannibale digère et récupère.

Au milieu de la matinée, elle est encore en pyjama en train de traîner dans sa maison d’Arêches-Beaufort. Les pentes enneigées lui font envie mais le confinement l’oblige à les regarder sans les dévaler, la laissant sur sa faim. "Ça été une saison particulière! On l’a amputé d’une grosse partie à cause du Covid-19. Je suis à la fois frustrée de ne pas aller au bout et contente que le classement se soit arrêté au bon moment, puisque j’étais en tête. Il y a pas mal de concurrents qui arrivent dans ma catégorie ! J’ai été bousculée cette année, ça n’a pas été de tout repos. Je courais après la récupération, cet arrêt obligatoire n’est pas un mal pour moi."

Confiture de pissenlit

La championne se (re)pose enfin chez elle ce qui ne lui est plus arrivé depuis longtemps. Elle aménage son intérieur, prend soin de son jardin, elle s’occupe des fleurs, son compagnon des plantes. "On se complète bien ! J’en profite aussi pour cuisiner. Là, je viens de faire de la confiture de pissenlit ! (Rires)". Hormis le contexte sanitaire qui la touche humainement, son quotidien n’est pas bouleversé. "Ce n’est pas une grosse problématique pour l’instant, étant donné que nous sommes en fin de saison. Le mois d’avril est toujours un peu plus calme en terme de sport. C’est un peu frustrant de ne pas pouvoir faire deux ou trois stages d’entraînements mais les prochains objectifs sont encore loin. J’essaye quand même de courir en montagne, faire des petites séances de gainage, du yoga et des étirements pour me détendre. L’objectif étant quand même de rester en forme." D’autant que l’année prochaine sera chargée. "Ça sera une très grosse saison, il y aura
les championnats du monde qui se dérouleront en février à Lillehammer en Norvège et la finale de la Coupe du Monde qui est programmée pour le mois de mars. Ce sont vraiment les deux objectifs principaux."

Tout pour les Jeux

Une répétition générale avant les Jeux de Pékin en 2022. Cette compétitrice acharnée fera tout pour y être reçue 5 sur 5 et ce après les 4 titres remportés aux Jeux de Sotchi mais également à Pyeongchang où elle était porte drapeau. A 26 ans, La flamme est d’ailleurs plus que jamais présente. Désormais elle la transmet sur d’autres terrains, notamment ceux de Paris 2024. "Ca va arriver très vite. Je veux vraiment réaliser de belles choses sur ces Jeux en France. Je fais partie de la Commission des athlètes, j’ai conscience des problématiques. Je trouve ça passionnant d’être du côté des organisateurs. L’idée est de mettre les athlètes au centre des Jeux, un peu comme ça avait été fait à Londres en 2012, d’avoir au même niveau les Jeux Olympiques et Paralympiques. Il faut que ça joue un rôle en faveur de l’image du handicap en France, que ça devienne moins tabou. J’espère vraiment que les Français répondront présents aux Jeux Paralympiques à Paris. C’est la médiatisation qui change le regard. On n’est pas encore ancré dans les habitudes. À l’avenir, j’aimerais que tous les athlètes soient traités au même niveau."

Marie Bochet lors de son 4e titre à Pyeongchang
Marie Bochet lors de son 4e titre à Pyeongchang © AFP

La passion en héritage

Être dans le partage et la transmission plutôt que dans la culpabilisation et les reproches. La marque de fabrique de cette championne élégante qui se réjouit de l’apparition de nouveaux visages. A commencer par son homonyme, Arthur Bauchet, vainqueur également du classement général de la Coupe du Monde catégorie debout. "J’avais un peu peur parce que j’étais la plus jeune pendant pas mal d’années, je me disais que si j’arrêtais, il n’y avait personne pour reprendre le flambeau. Le fait de voir Arthur arriver nous fait du bien, ça prouve que le ski Handisport a de l’avenir. Il y a d’ailleurs beaucoup de jeunes qui dynamisent notre image, une vraie diversité d’athlètes et de personnalités comme le nageur Théo Curin par exemple. Chacun arrive à s’identifier et à s’attacher aux différents sportifs. C’est excellent pour la médiatisation du handisport en général."

Pas de méprise, l’heure de la retraite n’est pas encore là. L’an prochain l’insatiable Marie Bochet sera bien dans le portillon de départ pour tenter de remporter un neuvième Gros Globe de cristal et truster une nouvelle fois les podiums aux Championnats du Monde. Briller sur les pistes en espérant un effet boule de neige pour le Handisport. Si la championne ne partage rien skis aux pieds, elle sait en revanche être très généreuse en dehors.

Alexandre Boyon boyonalexandre

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