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Les Françaises à la fête | AFP PHOTO / Nelson ALMEIDA

Une quatrième finale pour les Bleues

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L'équipe de France féminine a décroché son billet pour la finale des Mondiaux en battant le Danemark 28 à 23. Ce sera la quatrième finale mondiale après celles de 1999, 2003 (titre) et 2009. Comme en 1999, la France retrouvera la Norvège qui a battu l'Espagne (30-22). Bousculée en première période, et sans doute déstabilisée par la blessure d’Allison Pineau, les Bleues sont parvenues à maîtriser les ardeurs offensives et le défi physique imposé par les Danoises.

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Les Françaises remportaient le premier duel, celui du nombre de leurs supporteurs. Grâce à ce léger avantage psychologique, les joueuses d’Olivier Krumbholz partaient du bon pied dans cette demi-finale, la quatrième du genre en sept éditions du Championnat du monde. Mendy ouvrait le compteur en s’y reprenant à deux reprises (1-0, 2e).

Mais trente secondes plus tard, le camp français accusait le coup après la blessure au genou gauche de Pineau, en raison d’une mauvaise réception. La joueuse clé de l’équipe de France quittait le terrain en larmes avec une rupture des ligaments croisés du genou gauche, et la question était désormais de savoir si le mental, l’un des points forts des Bleues, allait tenir.

En face, les excellentes ailières danoises, qui pouvaient s’appuyer sur une jeune et talentueuse génération jouaient leur va-tout. Des joueuses plus expérimentées à l’image de Spellerberg qui donnait également du fil à retordre à cette véritable muraille tricolore. Le Danemark reprenait ainsi le jeu à son compte, grâce à des tirs à 9 mètres de Jorgensen qui faisaient souvent mouche (avec un quatre sur quatre). Pendant ce temps, Baudouin et Spincer rataient leur pénalty et les Danoises menaient de deux points après un quart d’heure (5-7). Une contre-attaque de Baudouin bien lancée par Leynaud redonnait un peu de confiance et les Françaises égalisaient (7-7, 18e).

Lacrabère sur un nuage

A la 20e minute, c’était au tour d’Ayglon de donner quelques sueurs froides au banc français après s’être tordu une cheville. Mais plus de peur que de mal, et la France repartait de plus belle. Après deux échecs sur les pénalties, Lacrabère en enchaînait deux et ajoutait même un nouveau but. Leynaud détournait le dernier tir adverse et permettait à son équipe de mener de deux longueurs à la pause (14-12, 30e).

Fortes de leurs succès notamment sur la Russie, et la Suède, les Françaises pouvaient surtout compter sur Alexandra Lacrabère pour porter le score à 15-12 dès l’entame de cette deuxième période. Darleux effectuait deux arrêts coup sur coup, et la France menait même 16-12 (32e). Lacrabère était visiblement dans un grand jour, et les Tricolores enfonçaient le clou grâce à Gnabouyou pour mener de six points à vingt minutes de la fin. Mais à l’image d’une Mendy trop timide, la défense française perdait peu à peu ses repères, et encaissait un 4-0 (20-18, 44e) poussant le coach à demander un temps mort.

Heureusement, Lacrabère n’en finissait pas de mettre le feu à la défense danoise et réalisait un magnifique 9/12 (75%), suivie de deux parades ô combien importantes pour Leynaud (22-19, 48e). Et lorsque la joueuse de l’Arvor 29 ne marquait pas, elle se faisait passeuse, pour le plus grand plaisir des supporteurs français. Les minutes défilaient, et Lacrabère enchaînait toujours avec un 10/13 (et 4/4) sur pénaltys. A une minute de la fin, les Françaises menaient de trois points et ne baissaient pas de rythme (27-23, 59e), pour remporter cette demi-finale 28-23.

Déjà la finale en tête

Krumbholz: ""La finale va être très difficile. Il y a beaucoup de fatigue dans l'équipe. On va faire le maximum et on va prendre des risques tactiques""

Si la joie était de rigueur, Olivier Krumbholz a rapidement tenu à se tourner d'ores et déjà vers la finale. Privées de leurs joueuses clées (Pineau et Signaté) la mission qui se présente devant les Françaises s'annonce périlleuse. "Mariama (Signaté) et Allison (Pineau) sont très importantes, surtout en  défense, a expliqué le coach. On va être loin de notre meilleur niveau, contre certainement un très  bon adversaire. (...) Jouer une finale, c'est toujours exceptionnel. Il y aura un tout, tout petit chemin vers la victoire", a-t-il indiqué.

Meilleure joueuse du match, le demi-centre Alexandra Lacrabère estimait quant à elle que "la finale sera pour nous". "J'ai pris mes responsabilités. Je ne me suis pas posé de question", a-t-elle expliqué. Pour Paule Baudouin, il n'est pas question de s'arrêter là. "On va aller chercher la plus belle des  médailles. On écrit notre histoire depuis le début du Championnat. Il y a eu quelques ratures, comme contre le Brésil, mais si on n'en était passé par là,  on ne serait pas là aujourd'hui. Ça nous a permis de nous ressaisir, et d'y  mettre plus de cœur, plus d'envie, plus d'agressivité", a-t-elle résumé, et d'ajouter, "il n'y a que ça qui peut nous porter au sommet."

Il faudra battre la Norvège, quadruple championne d'Europe en titre. Les Norvégiennes ont été impressionnantes de maîtrise pour se défaire de l'Espagne (30-22). Leur gardienne Katrine Lunde Haraldsen, considérée comme la meilleure du  monde à son poste, a quasiment à elle seule gagné ce match, réussissant dix  arrêts en première période, à 53% de réussite. De quoi permettre à  son équipe de prendre les devants (10-4, 17e, puis 16-9 à la pause). L'écart a ensuite le plus souvent oscillé entre cinq et huit buts. La tâche s'annonce donc difficile pour les Tricolores privé de leur guide Allison Pineau. Mais impossible n'est pas "Française"...

Romain Bonte