Tournoi de qualification olympique : à quatre mois des Jeux, les Bleus de retour au premier plan ?

Publié le , modifié le

Auteur·e : Denis Menetrier
Michaël Guigou face au Portugal
Michaël Guigou face au Portugal le 14 mars 2021. | SYLVAIN THOMAS / AFP

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L'équipe de France de handball s'est qualifiée pour les Jeux de Tokyo malgré une défaite dans les dernières secondes face au Portugal (28-29) en clôture du TQO. En dépit de ce revers, ce tournoi de qualification olympique a confirmé le retour des Bleus au premier plan, en l'absence de deux de ses cadres.

• Une âme de groupe retrouvée

Il y a un an, l'équipe de France vivait une révolution avec l'arrivée au poste de sélectionneur de Guillaume Gille en lieu et place de Didier Dinart. Un renouvellement nécessaire après un euro catastrophique terminé à la 14e place. En janvier 2020, le groupe France semblait au bord de la rupture et la période des "Experts" n'avait jamais paru aussi loin. Quatorze mois plus tard, les joueurs de Gille ont validé les premiers signes apparus lors du mondial égyptien en janvier dernier : les Bleus ont retrouvé une véritable âme de groupe. Et ce malgré l'absence des deux anciens patrons de l'équipe de France, l'ancien capitaine Cédric Sorhaindo (écarté par le sélectionneur) et Nikola Karabatic (opéré du genou fin octobre et qui pourrait faire son retour d'ici aux JO).

"Je suis satisfait de ce que le groupe a montré, de l'état d'esprit affiché par l'équipe", assurait Gille après le mondial égyptien. De fait, les Bleus s'épanouissent depuis plusieurs mois et profitent d'un savant mélange entre des cadres trentenaires (le capitaine Michäel Guigou, le vice-capitaine Valentin Porte, Luc Abalo, Luka Karabatic...) et une nouvelle génération talentueuse (Ludovic Fabregas, Dika Mem, Melvyn Richardson...). Sans aucune référence avant l'Égypte, après un euro désastreux un an plus tôt, ce début d'année 2021 a validé le travail de Gille et son staff et l'avènement d'un nouveau groupe qui vivra ensemble les Jeux de Tokyo en juillet prochain.

• Des débuts de matches plus convaincants, mais plus de trous d'air

Si les Bleus n'ont pas obtenu de médaille en Égypte il y a deux mois, ils le devaient en partie à des entames de matches décevantes. Face à l'Espagne, lors du match pour la troisième place, le début de rencontre catastrophique des joueurs de Gille leur avait coûté le bronze. Lors de ce TQO, les Français ont remédié à ce problème. Beaucoup plus concentrés et investis d'entrée face à la Croatie (30-26) et la Tunisie (40-29), Michaël Guigou et ses coéquipiers ont débuté tambour battant leur rencontre.

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Comme face au Portugal (28-29) ce dimanche, les Bleus menant 7-2 après huit minutes de jeu. "Vu ces deux rencontres, on se rend compte que le groupe est plus riche de ses expériences au mondial en janvier", admettait Gille après le match contre la Tunisie samedi 13 mars. Signe que le sélectionneur a notamment remarqué les entames plus satisfaisantes de ses joueurs. Si les Français ont réglé ce problème, ils en ont rencontré un autre, tout aussi problématique lors de ce TQO : des trous d'air réguliers. Face au Portugal ce soir, les Bleus ont très mal terminé la première période avec seulement deux buts lors des quinze dernières minutes, et ont perdu dans les dernières secondes du match. Les 45 premières minutes face à la Croatie ont également été très poussives.

• Une défense plus solide

Au mondial en Égypte, Guillaume Gille et son staff avaient également pu déplorer une défense trop friable, dépassée lors des derniers matches de la compétition. Lors de ce TQO, l'arrière garde française est apparue plus engagée, plus déterminée à contrer les attaques adverses. "On n'a plus les "reusta" [stars] mais on s'appuie sur un gros collectif", indiquait Kentin Mahé à l'issue du mondial égyptien en janvier. Solidaires, les Bleus sont apparus plus costauds, à l'instar des gardiens. Mais n'ont pas résisté dimanche 14 mars à l'envie gigantesque des Portugais de participer aux Jeux l'été prochain. "Les Portugais ont joué leur vie sur la fin, nous on a peut-être levé le pied inconsciemment en se sachant qualifiés", expliquait Luka Karabatic au micro de TMC après le match.

Autre satisfaction : contre la Tunisie samedi et face au Portugal dimanche, Vincent Gérard a sorti plusieurs arrêts décisifs alors que Yann Genty a réalisé une prestation de grande classe face à la Croatie vendredi. Des performances de la part des gardiens qui avaient notamment manqué lors du mondial en janvier, et qui seront décisives aux Jeux olympiques. Plus globalement, la France devra confirmer cette solidité défensive retrouvée pour espérer repartir de Tokyo avec une médaille.

• Un jeu d'attaque à peaufiner

De l'aveu de Valentin Porte après le mondial égyptien, le jeu d'attaque des Bleus était encore "poussif". En progression constante depuis l'arrivée de Guillaume Gille, celui-ci devra passer un cap avant le début des JO en juillet. Dimanche soir, face au Portugal, les Français ont profité des difficultés du gardien portugais sur les tirs lointains pour prendre une belle avance au score. Malgré tout, les Bleus rencontrent encore quelques difficultés à se mettre dans des positions idéales face aux buts et l'ont une nouvelle fois prouvé ce dimanche soir.

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"On est satisfait des contenus, de ce qu'on a pu produire même si tout n'a pas été parfait. (...) On a envie de continuer à progresser, de poser plus de problèmes à nos adversaires", analysait Guillaume Gille après le mondial, conscient que son équipe avait eu du mal à déstabiliser la défense d'une grande équipe comme la Suède, future deuxième de la compétition, battue par le Danemark en finale. Le défi le plus grand des Bleus réside bel et bien ici : parvenir à faire jeu égal avec les nations favorites des prochains JO.

• S'élever au niveau des grandes nations

Avec sa qualification lors de ce TQO, l'équipe de France va participer à ses huitièmes Jeux olympiques d'affilée, elle qui a participé aux finales des trois dernières éditions, pour deux victoires. "C'est un très grand bonheur. Il y a eu énormément de travail avec l'ensemble du staff depuis un an pour rebâtir la maison France. Et de voir où on en est arrivé, c'est une grande satisfaction", indiquait Guillaume Gille au micro de TMC après le match contre le Portugal. Oui, mais voilà, les Bleus n'ont plus remporté de titre depuis le mondial 2017 et, depuis, plusieurs sélections ont pris les devants et dominent la scène du handball mondial. Le Danemark, championne olympique et du monde en titre, la Suède, vice-championne du monde, ou encore l'Espagne, championne d'Europe, font partie des favoris à la victoire finale à Tokyo.

L'enjeu, au Japon, sera donc de parvenir à élever son niveau de jeu face à ces grandes nations du hand pour confirmer ce retour au premier plan des Bleus. Une étape que n'avaient pas su franchir les joueurs de Gille lors du mondial égyptien, avec deux défaites face à la Suède et l'Espagne. En tout cas, l'envie ne manque pas. "Quand on porte le maillot de l'équipe de France, on le fait pour gagner des matches, gagner des titres", indiquait Ludovic Fabregas samedi après le match contre la Tunisie. Malgré la qualification, le chemin menant à Tokyo est encore long pour Gille et ses joueurs, avec des matches de qualification pour l'euro à venir fin avril face à la Grèce. L'occasion d'effectuer des ajustements sur certaines lacunes que le match contre le Portugal a encore mis en lumière et de travailler pour tenter de remporter en juillet prochain une troisième médaille d'or aux Jeux après 2008 et 2012.

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