Nikola Karabatic
Nikola Karabatic réalise un superbe début de saison 2015-16 sous ses nouvelles couleurs parisiennes | STEPHANE ALLAMAN / DPPI media

RETRO. Nikola Karabatic, entre ombre et lumière

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Sacré champion du monde en janvier, puis reconnu coupable d’escroquerie six mois plus tard dans le cadre de l’affaire des paris suspects, Nikola Karabatic a vécu une année 2015 mouvementée, entre changement de club, triomphe et polémique.

Le sacre

Comme une piqure de rappel. Malgré le scandale des paris suspects qui l’accule, lui et l’ensemble du handball français depuis plus de deux ans, Nikola Karabatic est éblouissant pendant le Mondial 2015 au Qatar. L’arrière gauche tricolore montre l’exemple, pilonne les défenses adverses et décroche le troisième sacre mondial de sa carrière. Mais l’ivresse du titre ne l’empêche pas d’être rattrapé par les déboires judiciaires: moins d’une semaine après la finale, le parquet de Montpellier requiert le renvoi en correctionnelle de l’icône du handball français, pour des faits d’escroquerie. Le procès semble inévitable. Karabatic nie avoir parié, nie avoie truqué le match Cesson-Montpellier, en 2012. "Tout ceux qui me connaissent savent que je ne veux pas perdre, c’est dans ma nature", clame-t-il. A la même période, le joueur du Barça est nommé meilleur handballeur de l’année. Alors que l’homme s’empêtre dans la polémique, le sportif continue d’entrer dans la légende. 

La condamnation

Il était arrivé à son procès "l’esprit serein". Mais le 10 juillet, comme tous les autres prévenus, Nikola Karabatic est reconnu coupable d’escroquerie dans l’affaire des paris suspects. Le procureur, soulignant ses réponses "d’une grande pauvreté" et son choix de défense "sans queue ni tête", avait requis trois mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende : le handballeur s’en sortira finalement avec une simple sanction financière (10 000 euros). Mais le coup porté à son image est terrible. Il y a des "éléments" qui "établissent" que Karabatic "avait connaissance que Montpellier entendait perdre à la mi-temps", ce soir de mars 2012. Il "est impliqué" car il a permis à sa compagne de miser 500 euros, écrit notamment le tribunal, qui ne croit pas à sa version d'un retrait d'argent effectué pour payer des vacances un mois plus tard. L’intéressé n’en démord pas : "Pendant tout le procès, on n’a pas vu le début d’une preuve d’un trucage du match. On ne peut pas accepter d’être jugé coupable de quelque chose qu’on n’a pas fait".

Le transfert

Quatre jours seulement après la fin du procès, le PSG officialise le recrutement de Karabatic, qui évoluait à Barcelone depuis deux saisons, à l’abri de l’agitation médiatico-judiciaire. Dans un entretien au Monde, le demi-centre, qui avait prévu ce transfert de longue date, se livre : "revenir à Paris, dit-il, c’est une manière de montrer que je n’ai rien à cacher et que je suis là pour affronter tout ce qui arrive". Avec Thierry Omeyer et Mikkel Hansen, aux côtés de son mentor Noka Serdarusic et de son frère Luka, Karabatic veut que le choix du retour en France soit synonyme d’apaisement, de stabilité… et de victoire. Car ce PSG-là, il en est le premier convaincu, est taillé pour tout rafler, à l’échelle française comme européenne. Auteur de 105 buts sous le maillot parisien depuis la reprise, l'arrière gauche est déterminé à remporter la Ligue des champions, comme il l’avait fait avec le Barça en mai. En tête de son groupe, le PSG est sur la bonne voie. De là à dire que Karabatic l’est aussi, sur celle de la rédemption, il n’y a qu’un pas.