Luc Abalo en extension pour le tir
Luc Abalo en extension pour le tir | AFP

Quelle destination pour Luc Abalo ?

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"Je pense faire une saison de plus car je ne voudrais pas que ça se termine comme ça", nous confiait l’ex-futur retraité Luc Abalo en début de confinement. A ce moment, la Starligue venait tout juste de se mettre sur pause en raison du Covid-19 et l’incertitude grandissait concernant la fin de saison. Depuis, le championnat de France a baissé définitivement son rideau sur l’exercice 2019/2020 mais la situation de l’ailier international, en fin de contrat au PSG et qui se dit très courtisé, n’a guère évolué. Les clubs susceptibles de l’attirer et de l’accueillir ne sont pourtant pas légion.

"Demain, nouvelle recrue: son nom de famille est composé de cinq lettres (un A et un B...), il est international, a participé à l’Euro 2020 et joue la Ligue des champions cette saison." En postant ce tweet dimanche dernier, le Limoges hand 87, promu la saison prochaine en Starligue, a fait le buzz et réussi son coup. La rumeur de l’arrivée imminente de Luc Abalo en Limousin a commencé à se répandre à la vitesse d’un sprint de l’ailier droit international et certains fans ont forcément dû être un tantinet déçus d’apprendre le lendemain que le joueur en question était en fait... Igor Zabic, l’imposant pivot slovène (2,01m) qui s’est engagé pour deux ans. Sportivement et financièrement, le club limougeaud n’avait de toute façon que peu d’espoirs d’attirer l’octuple champion de France (un titre avec Ivry, sept avec le PSG) qui semble bien décidé à terminer sa riche et belle carrière aux Jeux de Tokyo en 2021, à quelques semaines de fêter ses 37 ans. 

Un mercato presque bouclé

Avec son envie clairement exprimée de faire du "rab" (une saison de plus), Luc Abalo est en tout cas devenu l’une des attractions du mercato. Étonnant pour un joueur peu coutumier de la rubrique des transferts, qui n’a connu jusqu’ici que trois clubs dans sa carrière, signant à chaque fois pour de longs bails (six ans à Ivry, quatre à Ciudad Real devenu par la suite l’Atletico de Madrid et huit au PSG qu’il a rejoint au tout début de l’ère qatari). Mais les envies d’heures supps d’«Elastic » Abalo se heurtent à un problème de taille.

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La plupart des clubs susceptibles d’accueillir le double champion olympique ont en effet anticipé leur recrutement et sont déjà bien pourvus en ailiers droits gauchers. C’est le cas de Nantes, d’Aix-en-Provence ou... du PSG qui a déjà remplacé Luc Abalo par le Toulousain Ferrán Solé. On n’imagine pas non plus le triple champion d’Europe et du monde aller renforcer le grand rival montpelliérain, qui ces dernières saisons n’a jamais fait son marché dans la capitale, ou effectuer un come-back dans sa ville natale d’Ivry, au sein de son club formateur, habitué à jouer le maintien. Pas l’idéal pour garder sa place chez les Bleus en vue des Jeux...

En France, seul Nîmes, engagé en coupe de l’EHL la saison prochaine, semblerait en mesure d’accueillir Luc Abalo qui retrouverait dans le Gard son complice de l’équipe de France Michaël Guigou. Mais l’Egyptien Mohammad Sanad dispose d’un important temps de jeu à l’aile droite et difficile dans ces conditions de trouver de la place pour l’ailier du PSG... Dans tous les cas de figure, «Lucho» devrait revoir son salaire parisien très à la baisse. 

La piste étrangère

Reste la piste étrangère. "Je ne vois que deux clubs susceptibles de l’intéresser: Barcelone et Kiel", confie un observateur. Problème: ces deux grands d’Europe sont déjà eux aussi bien pourvus en ailiers droits gauchers... Kielce entraîné par le légendaire Talant Dujshebaev (qui a eu Abalo sous sa coupe à Ciudad Real puis à l’Atlético) pourrait aussi être un bon point de chute mais le train de vie du champion de Pologne s’est considérablement réduit ces dernières années, quand, dans le même temps, son intérêt pour les jeunes joueurs en devenir s’est accru. Le géant hongrois de Veszprem coaché par David Davis (ex-coéquipier d’Abalo en Espagne) fait aussi partie des noms ronflants qui pourraient inciter l’ailier à tenter une dernière pige à l’étranger. Mais plus les jours passent, plus on finit par se demander si l’état du marché et la conjoncture économique actuelle ne vont pas contraindre Luc Abalo à renoncer à son désir d’avenir. Ou, du moins, à le mettre entre parenthèses quelques mois, quitte à  jouer les jokers en cours de saison. Deux hypothèses qui ne sont pas à écarter. 

Manu Roux ManuRouxJO