Procès des paris du handball:  Nikola Karabatic conteste toujours toute infraction

Procès des paris du handball: Nikola Karabatic conteste toujours toute infraction

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Le procès en appel des paris liés à un match présumé truqué en 2012, impliquant plusieurs stars du handball français, dont Nikola Karabatic, s'est ouvert lundi au Palais de justice de Montpellier. La première journée a été consacrée au rappel des faits et à la justification de l'appel par les mis en cause, notamment Nikola Karabatic, lequel conteste la réalité de l'infraction qui lui est reprochée.

En 2015, l'icône française du hand avait été condamnée en première instance à 10.000 euros d'amende pour escroquerie. Les 15 coprévenus qui sont également jugés en appel à ses côtés avaient également tous été reconnus coupables d'escroquerie ou de complicité d'escroquerie, et avaient écopé d'amendes. Considérés comme les pivots de cette affaire, le joueur serbe Mladen Bojinovic et le buraliste Nicolas Gilet avaient été condamnés aux amendes les plus élevées en première instance, soit 30.000 euros.

Paris gagnés, pari perdu 


Le coeur de l'affaire porte sur des paris passés à hauteur de plus de 100.000 euros et à la cote de 2,9 contre 1 sur le résultat à la mi-temps d'un match disputé et perdu en mai 2012 par Montpellier, à Cesson. Montpellier était alors déjà sacré champion de France et privé de plusieurs joueurs cadres, dont les frères Karabatic, tandis que Cesson tentait d'éviter la relégation en division inférieure. Les prévenus sont accusés d'avoir "trompé la société Française des Jeux" (FDJ) pour "la déterminer à remettre une somme totale de l'ordre de 300.000 euros aux gagnants". La Française des Jeux, la Ligue nationale de handball, Montpellier Handball, Montpellier Agglomération Handball et la Fédération française de handball sont parties civiles. 

Les prévenus encourent cinq ans de prison et 375.000 euros d'amende ainsi que l'interdiction pendant cinq ans d'exercer l'activité professionnelle ayant permis l'infraction. Nikola Karabatic est notamment accusé d'avoir fait miser par sa compagne la somme de 1.500 euros sur la défaite de Montpellier à la mi-temps. Son frère Luka avait été condamné à 15.000 euros d'amende et leurs compagnes Géraldine Pillet et Jennifer Priez, dont la désinvolture avait fortement agacé le tribunal en première instance, à 10.000 euros d'amende chacune.

Infraction contestée

Appelé à la barre comme chacun des prévenus présents, Nikola Karabatic a expliqué avoir fait appel car il "conteste l'infraction", imité peu après par son frère Luka, qui évolue comme lui aujourd'hui au PSG. Les deux frères doivent être auditionnés jeudi matin. Le procès, initialement prévu jusqu'au 2 décembre, devrait finalement se terminer au plus tard le 30 novembre. Il se tient exceptionnellement dans la salle de la cour d'assises du tribunal de Montpellier en raison du nombre de prévenus et d'avocats mais le public était plutôt clairsemé lundi. Les avocats de la défense ont soulevé lundi matin des exceptions de nullité portant sur des atteintes aux droits de la défense. Le président Georges Leroux a décidé de joindre l'examen de ces questions au fond.

Christian Grégoire