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Claude Onesta | AFP - MIGUEL MEDINA

Onesta : "Plus de noms que de places"

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A deux mois de l'Euro en Serbie, Claude Onesta a l'embarras du choix pour constituer son groupe. Le rêve pour un entraîneur et un outil idéal pour créer de l'émulation dans un groupe. "On aura facilement 20 joueurs légitimes. Aux jeux Olympiques, seuls 14 iront, explique Onesta. Vous imaginez déjà l'environnement de concurrence qui existe." Tant mieux pour les Bleus !

Question: Dans quelles conditions entamez-vous cette première phase de préparation à l'Euro-2012 ?
Claude Onesta: "Je ne mets pas de charge particulière sur cette semaine, pas d'enjeu particulier sur ces deux matches (NDLR: contre la Slovaquie). Chacun a bien compris que les places en équipe de France sont rares et chères, que l'année qui arrive va être très chargée en événements majeurs. Les joueurs ont conscience, s'ils font l'addition, qu'il y a plus de noms que de places. Les joueurs, sans leur mettre de pression, savent pertinemment que le moindre moment qui leur est proposé doit d'évidence marquer la progression, le niveau. L'émulation est naturelle, je n'ai pas besoin de hurler et de répéter les enjeux".

Q: Le groupe, qui accueille des jeunes comme Kevynn Nyokas, est-il si dense ?
CO: "On a utilisé 17 joueurs aux Mondiaux (en janvier, en Suède). Etaient absents Guillaume Gille et Daniel Narcisse, deux joueurs majeurs. Cela nous mène à 19. Il y a toujours un ou deux jeunes qui +explosent+ en cours de saison. Cela veut dire qu'on aura facilement 20 joueurs légitimes. Aux jeux Olympiques, seuls 14 iront. Vous imaginez déjà l'environnement de concurrence qui existe. Pas un match n'est pris à la légère. Mais on n'est pas dans la logique du commando, on essaie de mettre tout en oeuvre pour les accompagner de la meilleure façon".

Q: L'absence de Nikola Karabatic, blessé, vous donne-t-elle l'occasion de tester de nouveaux joueurs, de nouvelles formules ?
CO: "J'ai longtemps été traumatisé par le lundi. Dès que j'entendais mon téléphone sonner le lundi, je craignais l'annonce d'une blessure. Aujourd'hui, je sais que plutôt que regretter l'absence d'un joueur blessé, c'est toujours l'opportunité de pouvoir travailler dans une autre configuration, donner du temps de jeu et peut-être des responsabilités à des joueurs qui en auraient eu moins. C'est aussi ça la continuité de l'équipe de France. C'est d'autant plus facile qu'on a un banc et des solutions. Quand vous perdez Karabatic et que vous récupérez Narcisse, ce n'est pas traumatisant. C'est vrai que chez nous la dimension de l'équipe est plus importante que la dimension individuelle. Karabatic est sûrement un joueur d'exception au niveau mondial, mais pour nous il reste un équipier parmi les autres".

Q: Deux événements majeurs l'an prochain. Est-ce l'occasion de tester certains joueurs avant le second ?
CO: "Il m'est arrivé avant Athènes (les JO-2004, ndlr) de +faire l'impasse+ sur le Championnat d'Europe, pour protéger les joueurs cadres, comme Richardson ou Kervadec, je ne peux pas dire que le résultat ait été fondamentalement positif. D'abord parce que vous jouez une compétition européenne qui reste LA compétition, plus complexe à gérer en raison du niveau et de la densité de bonnes équipes. Vous en sortez un peu traumatisé par les résultats qui ne sont pas ceux espérés et vous allez aborder une compétition avec en tête l'échec de la première. Cela met un poids supplémentaire sur les épaules des joueurs absents. Aujourd'hui, on aborde l'Euro-2012 comme tenant du titre, et le fait d'avoir gagné les quatre dernières compétitions nous confère une double obligation de résultats. Mais on ne se mettra pas en danger. On va au Championnat d'Europe pour essayer de conserver notre titre, tout simplement. Cette équipe s'est toujours mis en tête des objectifs conséquents et a toujours cherché à les assumer".