Equipe de France Onesta Karabatic Abalo groupe 01 2011
L'équipe de France autour de Claude Onesta | AFP - Miguel Medina

Onesta: "Le meilleur, pas certain de l'emporter"

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Déjà heureux de se trouver en finale "avec une équipe sûrement moins stable" que la Croatie ou la Pologne, Claude Onesta estime que "c'est quand même une performance" même si "ce n'est pas un événement pour nous d'être en finale du Championnat du monde." Avec son expérience, le sélectionneur sait qu'une finale "est une partie d'échecs où le meilleur n'est pas forcément certain de l'emporter."

- Comment se présente cette finale?
- "Je ne sais pas, pas mal! Déjà on y est, c'est une bonne nouvelle. On a l'habitude de ces moments-là, il n'y a pas d'affollement. On va la préparer tranquillement, essayer de mettre en place un peu de stratégie. C'est le Danemark, ce n'est pas quelqu'un qu'on ne connaît pas. C'est une équipe qui a un jeu bien identifié."

- Quelles sont justement les caractéristiques du Danemark?
- "Ca joue comme une équipe scandinave, avec des joueurs d'une qualité technique exceptionnelle. Leur circulation de balle est d'une précision d'horlogerie. Ils ont des arrières tireurs qui marquent beaucoup de buts, des ailiers qui sont de très bons finisseurs et de très bons contre-attaquants, un gardien de but de 22 ans qui arrête tout depuis le début de la compétition. Ca fait beaucoup d'éléments."

- Après la Norvège, l'Islande, la Suède vous rencontrez votre quatrième équipe scandinave de suite? Y a-t-il des similitudes entre ces équipes
- "Il y a des éléments de comparaison oui. La particularité ensuite vient de la valeur intrinsèque des joueurs. Et là le Danemark a des arguments et ils sont en confiance. On sait ce qu'il faut faire pour les perturber mais eux savent aussi que s'ils tombent dans le piège de notre défense ils risquent de ne pas s'en relever. Donc ils vont tout faire dans les heures qui viennent pour éviter ça. Ils ont des arguments, nous aussi, on va essayer de mettre en avant les nôtres pour ne pas subir les leurs."

- Prépare-t-on différemment une finale?
- "Finale ou demi-finale c'est pareil. Ca change du principe des poules où la mort est toujours relative, là c'est le quitte ou double. Ces matches se jouent moins sur le potentiel que sur la capacité à être opportunistes, à saisir les temps faibles de l'adversaire. C'est une partie d'échecs où le meilleur n'est pas forcément certain de l'emporter."

- Comme face à la Suède, vous aurez le public contre vous...
- "J'ai dit hier (vendredi) que ce sera la première compétition qu'on jouera à l'extérieur contre deux équipes locales différentes. Tout le monde est chez soi ici, alors pourquoi pas nous? En soi ce n'est pas gênant, là où ça peut l'être c'est si on n'est pas bons. A nous de ne pas être en difficulté pour ne pas laisser ces éléments extérieurs venir nous perturber."

- Dans quel état d'esprit sentez-vous votre équipe?
- "Ce n'est pas une équipe qui se lâche avant que ce soit fini, ce n'est pas un événement pour nous d'être en finale du Championnat du monde. Cela peut paraître présomptueux mais c'est comme ça parce qu'ils se sont préparés pour y être. Les joueurs sont conscients que cela relève d'un exploit. Mais c'est un exploit qu'ils sont venus chercher."

- Cette finale sonne-t-elle comme une évidence?
- "Elle est particulière quand même car on n'est pas arrivé avec un groupe établi mais avec pas mal de jeunes joueurs à qui il a fallu conférer des responsabilités très vite. On partait un peu plus dans l'inconnu et on avait la sensation qu'on pouvait vraiment déraper. Voir nos amis croates et polonais quitter la compétition alors que nous on y est encore, avec une équipe sûrement moins stable que la leur, on se dit que c'est quand même une performance."

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